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Moyen Orient et Monde - Éclairage

Washington s’alarme des tensions en Asie-Pacifique

Les États-Unis ont fait de la région le pivot de leur diplomatie.
Les États-Unis, qui ont fait de l’Asie-Pacifique la pièce maîtresse de leur politique étrangère, s’alarment des brusques poussées de fièvre entre la Chine et le Japon, ainsi qu’entre ce dernier et la Corée du Sud, pour des questions de souveraineté maritime.
La secrétaire d’État Hillary Clinton a passé la fin de semaine, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU à New York, à exhorter ses homologues japonais, chinois, sud-coréen et des pays d’Asie du Sud-Est à « garder la tête froide, à calmer le jeu » dans leurs différends territoriaux ancestraux touchant à des îles en mer de Chine orientale, à un archipel en mer du Japon ou à la souveraineté sur la mer de Chine méridionale. Mme Clinton a ainsi eu vendredi une rencontre trilatérale avec les ministres japonais et sud-coréen des Affaires étrangères, Koichiro Gemba et Kim Sung-hwan. Elle les a avertis que « chaque nation de la région a la responsabilité de régler ses différends de manière pacifique, de réduire les tensions et de promouvoir la stabilité et la sécurité régionales ». « Les dirigeants asiatiques doivent comprendre que nous sommes tous dans le même bateau de la mondialisation : les États-Unis se remettent à peine de la crise, l’Europe est en plein ralentissement et il est donc primordial de préserver la paix et la stabilité en Asie », plaide un responsable du département d’État. D’autant que l’Asie-Pacifique forme aujourd’hui « le pivot, la pièce maîtresse » de l’engagement diplomatique, militaire et économique du gouvernement de Barack Obama, insiste ce diplomate. Il rappelle que la « prospérité de l’Asie s’est construite grâce aux liens tissés depuis des décennies entre le Japon et la Chine, le Japon et la Corée du Sud et entre la Chine et l’Asean », l’Association des nations d’Asie du Sud-Est.
Mais ces dernières semaines, Séoul et Tokyo, alliés majeurs de Washington, ont fait remonter à la surface un pan de leur histoire tumultueuse. La Corée du Sud et le Japon, qui occupa la péninsule coréenne entre 1910 et 1945, revendiquent tous deux la propriété d’îlots de la mer du Japon contrôlés par Séoul sous le nom de Dokdo, mais revendiqués par Tokyo qui les appelle Takeshima. Le Japon n’a pas digéré la visite en août sur ces îles du président sud-coréen, Lee Myung-bak, et encore moins ses exigences d’excuses de l’empereur du Japon pour les atrocités commises par l’armée d’occupation japonaise.
Mme Clinton a dû aussi calmer la Chine et le Japon. Le torchon brûle entre les rivaux asiatiques, qui se sont fait plusieurs fois la guerre, à propos d’un archipel en mer de Chine orientale administré par Tokyo sous le nom de Senkaku, mais revendiqué par Pékin sous le nom de Diaoyu. La Chine s’est payé une double page dans la presse américaine pour faire valoir sa « souveraineté indiscutable » sur ce « territoire, propriété de la Chine depuis l’Antiquité ». Son ministre des Affaires étrangères, Yang Jiechi, a même accusé, à la tribune de l’ONU, le Japon d’avoir « volé » ces îles à la fin de la guerre sino-japonaise de 1895. Mi-septembre, le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, s’était alarmé d’un risque de guerre si les « provocations » continuaient.
Washington s’est en revanche félicité des discussions « encourageantes » entre la Chine et ses voisins d’Asie du Sud-Est (notamment le Vietnam, les Philippines et la Malaisie), qui se disputent depuis des années sur la très stratégique mer de Chine méridionale. Les États-Unis militent pour « un code multilatéral de bonne conduite » et refusent de prendre position pour l’une ou l’autre des parties. Et « nous n’avons même aucune intention de jouer un rôle de médiateur, qu’il s’agisse des différends Japon-Corée, Japon-Chine ou Chine-Asean », prévient un autre diplomate américain.
©AFP
Les États-Unis, qui ont fait de l’Asie-Pacifique la pièce maîtresse de leur politique étrangère, s’alarment des brusques poussées de fièvre entre la Chine et le Japon, ainsi qu’entre ce dernier et la Corée du Sud, pour des questions de souveraineté maritime.La secrétaire d’État Hillary Clinton a passé la fin de semaine, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU à New York, à exhorter ses homologues japonais, chinois, sud-coréen et des pays d’Asie du Sud-Est à « garder la tête froide, à calmer le jeu » dans leurs différends territoriaux ancestraux touchant à des îles en mer de Chine orientale, à un archipel en mer du Japon ou à la souveraineté sur la mer de Chine méridionale. Mme Clinton a ainsi eu vendredi une rencontre trilatérale avec les ministres japonais et sud-coréen des Affaires...
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