Le président Mikheïl Saakachvili et le milliardaire Bidzina Ivanichvili se livrent une bataille « historique ». Photos AFP
Le leader du Rêve Géorgien, la principale coalition d’opposition, a, lui, proclamé sa victoire à la publication de ces sondages. « Nous avons gagné ! Le peuple géorgien a gagné », a-t-il déclaré dans un discours retransmis par la chaîne d’opposition TV9. M. Ivanichvili s’adressait à plusieurs milliers de ses partisans réunis sur la place de Liberté, au cœur de la capitale Tbilissi, tandis que les coups de klaxon de nombreux automobilistes retentissaient dans les rues. « Vous méritez un avenir décent pour être parmi les premières nations européennes. Notre politique étrangère restera inchangée, nous allons poursuivre notre chemin vers l’espace euro-Atlantique, nous allons sans aucun doute devenir membre de l’OTAN », a lancé M. Ivanichvili.
Cependant, les chiffres définitifs ne devraient pas nécessairement se refléter en nombre de sièges en raison d’un système complexe alliant scrutin majoritaire et proportionnel. Pour sa part, le président Saakachvili a affirmé qu’il était « nécessaire » d’attendre les résultats définitifs. « Il semble clair que le Rêve géorgien a remporté une majorité proportionnelle des voix, et dans les mandats au scrutin majoritaire, c’est le Mouvement national unifié qui remporte la majorité », a déclaré M. Saakachvili à la télévision nationale. Dans l’Assemblée géorgienne, qui compte 150 députés, 73 sièges sont attribués au scrutin uninominal majoritaire à un tour et le reste des 77 sièges selon un scrutin de liste national proportionnel, avec un seuil de 5 % des suffrages pour obtenir un mandat parlementaire.
Le Mouvement national unifié de M. Saakachvili, qui domine la vie politique en Géorgie depuis la « Révolution de la rose » en 2003, fait face à son plus grand défi depuis son arrivée au pouvoir. La lutte politique s’est accentuée après la publication il y a deux semaines de vidéos de scènes de torture de détenus dans une prison de Tbilissi, qui a suscité des manifestations dans ce petit pays du Caucase, mettant le parti au pouvoir dans une situation délicate.
M. Ivanichvili, qui accuse M. Saakachvili de mettre en place un régime autoritaire, a estimé plus tôt dans la journée que « la sagesse et l’expérience historique des Géorgiens ont créé les conditions d’un changement par des élections pour la première fois aujourd’hui ». Le milliardaire reproche aussi à M. Saakachvili d’avoir déclenché la courte guerre avec la Russie à l’été 2008, en lançant une offensive contre le territoire séparatiste d’Ossétie du Sud. Des troupes russes se trouvent toujours sur ce territoire et en Abkhazie, autre région sécessionniste.
Ces législatives devraient conduire à des changements dans la Constitution qui vont accroître les pouvoirs du Parlement et du Premier ministre, et réduire ceux du président en 2013, année de la fin du second mandat de M. Saakachvili. Il ne peut pas briguer un troisième mandat présidentiel. Les États-Unis et l’Union européenne ont appelé à des élections libres et équitables dans ce pays qui veut rejoindre des institutions occidentales comme l’OTAN, au grand dam de la Russie.
(Source : AFP)

