L’économie iranienne, fortement dépendante du pétrole, montre des signes de faiblesse sous la pression des sanctions occidentales. Les initiatives du gouvernement pour maintenir la valeur du rial mais aussi le niveau des exportations pétrolières ont en outre échoué.
Les dirigeants iraniens ont toutefois exclu d’infléchir leur programme nucléaire controversé afin d’obtenir une levée des sanctions, une position que Mahmoud Ahmadinejad devrait réaffirmer avec force aujourd’hui à l’Assemblée générale de l’ONU. Le numéro un iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a de son côté souligné que le pays avait adopté une « économie de résistance » face aux sanctions, que les États-Unis et les pays européens voudraient encore durcir prochainement. Les responsables iraniens ont demandé aux médias locaux de ne pas mettre l’accent sur les difficultés économiques et de souligner en revanche les succès.
Mais les difficultés apparaissent de plus en plus en raison notamment du boycott pétrolier et les sanctions bancaires imposées par les États-Unis et les pays de l’Union européenne. Un important député conservateur, Mohammad Reza Bahonnar, a déclaré ce week-end que l’Iran avait exporté en juin-juillet « environ 800 000 barils par jour » contre environ 2,3 millions de barils il y a un an, selon l’agence ISNA. Les exportations devraient augmenter légèrement en raison de la décision de la Corée du Sud de reprendre ses achats du pétrole iranien. Le président Ahmadinejad a lui-même reconnu que l’Iran faisait face à « des problèmes » pour vendre son pétrole, qui représente près de la moitié des ressources budgétaires du gouvernement. Mais il a insisté sur le fait que le pays savait faire face à la situation.
La population subit toutefois directement les sanctions, en particulier en raison d’une forte hausse des prix des produits alimentaires. Selon l’agence ILNA, quelque 20 000 ouvriers ont envoyé une lettre au ministre du Travail Abdolreza Sheikholeslami pour se plaindre de ne pas avoir été payés et demander une hausse de leur salaire de 120 dollars à 285 dollars, expliquant qu’ils sont « sous le seuil de la pauvreté ». Dans les classes sociales plus favorisées, de nombreux Iraniens ont également été obligés à renoncer aux voyages à l’étranger du fait de la chute de la valeur de la monnaie nationale. « Les Iraniens qui voyageaient à l’étranger doivent maintenant aller sur l’île de Kish ou à Machhad », relève une employée d’une petite agence de voyages.
Le président du Parlement, Ali Larijani, a tiré la sonnette d’alarme. « Selon les statistiques, il y a une forte hausse du chômage. Il faut trouver une solution. De même, l’inflation est officiellement de 22 %, ce qui est très élevé et dans certains domaines elle est encore plus forte », a-t-il ainsi déclaré. Le sous-secrétaire américain au Trésor chargé du renseignement financier et de la lutte antiterroriste, David Cohen, avait déclaré de son côté il y a deux semaines que les sanctions économiques commençaient « à étrangler l’économie iranienne ». Il avait précisé que la chute des exportations pétrolières coûtait à l’Iran « jusqu’à 5 milliards de dollars par mois, ce qui oblige le gouvernement à faire des coupes dans le budget ».
(Source : AFP)
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