Vettel a su profiter des nombreux incidents qui ont émaillé la course ainsi que de l’abandon de Hamilton, alors leader, pour s’imposer et se relancer dans la course pour le titre. Tim Chong/Reuters
Privé de victoire depuis celle à Bahreïn, il y a cinq mois, Sebastian Vettel (Red Bull) est enfin (re)monté sur la plus haute marche du podium, à Singapour, où il s’était déjà imposé l’an dernier.
Un succès certes facilité par l’abandon de Lewis Hamilton (McLaren), mais l’Allemand a eu le mérite d’être au bon endroit au bon moment. Et puis il avait également dominé tous les essais libres, preuve de son potentiel sur le circuit de Marina Bay. Cette victoire n’est donc pas usurpée, et elle permet au double champion du monde en titre de se rassurer et de se replacer au championnat. Le voilà désormais installé à la deuxième place, avec 169 points, soit 29 de moins que Fernando Alonso (Ferrari).
Schumi se loupe
« Même les pilotes les plus expérimentés peuvent faire des erreurs. » C’est en ces termes plutôt délicats que Jean-Éric Vergne (Toro Rosso) a commenté l’accident provoqué par Michael Schumacher (Mercedes) au 38e tour. L’Allemand, auteur d’un freinage très tardif, n’a pas pu éviter la monoplace du Français et a causé un double abandon. Le septuple champion du monde a immédiatement évoqué un problème mécanique à l’origine de son loupé. Les commissaires l’ont en tout cas sanctionné de dix places de pénalité sur la prochaine grille de départ, au Japon. Quant à Vergne, il se souviendra d’avoir été percuté par l’idole de sa jeunesse.
Hamilton trahi par sa boîte de vitesses
Il est des abandons qui font plus mal que d’autres. Celui subi par Lewis Hamilton (McLaren) au 23e tour, alors qu’il menait tranquillement le Grand Prix, risque de rester longtemps dans sa mémoire. L’Anglais, dominé par Vettel lors des essais libres, avait réussi à réagir au bon moment, en signant la pole. Auteur d’un bon départ, il filait vers sa quatrième victoire de la saison, quand sa boîte de vitesses l’a lâché. Cette casse mécanique a entamé son compteur points (142, soit 52 de moins qu’Alonso) mais pas son moral : « Ça va être dur de rattraper Fernando et Seb, mais je n’abandonnerai pas. Il reste six courses, et je dois toutes les gagner ! »
Di Resta comblé
Sous le feu des projecteurs après sa suspension au Grand Prix d’Italie, Romain Grosjean (Lotus) a fait profil bas tout le week-end à Singapour. Il s’est contenté de faire son boulot, et l’a plutôt bien fait. Huitième sur la grille, le Français a pris la septième place au terme d’un Grand Prix géré avec sérénité, laissant même son coéquipier Kimi Räikkönen, mieux placé au championnat, le doubler en fin de course. Paul di Resta (Force India) a lui vécu son « plus beau jour en F1 », selon ses propres termes.
Le Britannique, déjà sixième au départ, a gagné deux places de plus en course, pour signer le meilleur résultat depuis ses débuts, en 2011.

