Pour la 8e édition de la « Nuit policière » viennoise, 63 lectures se sont tenues mardi soir dans 54 lieux de la capitale autrichienne avec des écrivains originaires d’Autriche ou d’Allemagne, mais également des États-Unis, du Royaume-Uni et de Scandinavie. Photos Alexander Klein/AFP
Des douzaines de meurtres à Vienne en une nuit, et tous perpétrés dans d’élégants cafés autrichiens... De quoi s’alarmer, s’il ne s’agissait pas de la « Nuit policière », une soirée unique en Europe animée par des auteurs de polars.
Pour sa 8e édition, 63 lectures se sont tenues mardi soir dans 54 lieux de la capitale autrichienne avec des écrivains originaires d’Autriche ou d’Allemagne, mais également des États-Unis, du Royaume-Uni et bien sûr de Scandinavie. Outre les auteurs du cru Eva Rossmann et Andreas Pittler, les amateurs de littérature policière ont pu entendre le Danois Jussi Adler-Olsen, le Suédois Arne Dahl, l’Écossais Christopher Brookmyre, ou encore l’Américain Daniel Woodrell, dont le roman Un Hiver de glace a été adapté en 2010 au cinéma sous son titre anglais Winter’s Bone. Les organisateurs espéraient battre le record de l’édition passée, où 27 000 personnes s’étaient pressées pour écouter, entre autres, la reine du polar américaine Mary Higgins Clark, son compatriote Daniel Depp (le demi-frère de l’acteur Johnny Depp) et le Britannique Simon Beckett.
« J’adore l’humour, ses descriptions, il a tellement d’esprit », explique Sabine Hauswirt, une photographe, venue écouter Daniel Woodrell lire des extraits de La Mort du petit cœur sous les miroirs et lustres d’un café Landtmann bondé. « L’événement est sensationnel », s’exclame Sabine Hauswirt, tenant entre les mains deux copies de polars de Woodrell fraîchement dédicacées. Selon le bien-nommé Jürgen Kill, de l’éditeur allemand Liebeskind, qui vient de publier la traduction allemande de La Mort du petit cœur, rien n’étanche la demande sur le marché germanophone. Tout ce qui est scandinave en particulier, se vend « follement » bien, selon M. Kill, dans la lignée de l’énorme succès du Suédois Stieg Larsson et de sa trilogie Millenium. « Nous voyons une explosion à tous les niveaux. Cela parle à tous les âges, aux hommes comme aux femmes », explique M. Kill, qui souligne une des nombreuses explications à cette tendance : « Nous vivons dans une époque très technologique où tout est organisé de manière rationnelle, et beaucoup de gens regrettent le côté sombre, mystérieux et l’inexpliqué », selon l’éditeur.
Des initiatives ressemblant à la « Nuit policière » se sont multipliées ces dernières années dans les pays germanophones. À Munich par exemple, il existe un festival dédié à ce genre littéraire et un événement inspiré de la « Nuit policière » viennoise devait se dérouler hier à Berlin.
« Beaucoup de lecteurs de polars veulent voir l’auteur en vrai », raconte Jürgen Kill. Ils étaient tellement nombreux pour Jussi Adler-Olsen mardi soir que la lecture a dû être déplacée dans un cinéma, où l’auteur danois, qui figure régulièrement dans le classement de l’hebdomadaire allemand Spiegel des meilleures ventes de livres, a été applaudi comme une pop star. Sur le seul marché germanophone, l’auteur de Miséricorde a vendu plus de 3,5 millions de livres. C’était sa troisième venue à Vienne. « L’auteur sait mieux que quiconque ce dont ses livres parlent et il peut le transmettre beaucoup mieux », estime Fritz Weiland, un fanatique de romans policiers de 24 ans – il lit un livre et demi par semaine –, qui fait la queue pour assister à la lecture de l’écrivain danois.
Les lectures sont gratuites, hormis les traditionnels gâteaux viennois accompagnés de café ou d’autres boissons, grâce au soutien de partenaires privés, a indiqué un organisateur, Franz Schubert. « L’événement est unique. Il n’y a nulle part ailleurs autant d’auteurs présents dans autant d’endroits différents et en une seule nuit », a ajouté M. Schubert. « Les gens me demandent toujours de rallonger l’événement, mais je pense qu’on perdrait quelque chose », a-t-il estimé.
(Source : AFP)
Pour sa 8e édition, 63 lectures se sont tenues mardi soir dans 54 lieux de la capitale autrichienne avec des écrivains originaires d’Autriche ou d’Allemagne, mais également des États-Unis, du Royaume-Uni et bien sûr de Scandinavie. Outre les auteurs du cru Eva Rossmann et Andreas Pittler, les amateurs de littérature policière ont pu entendre le Danois Jussi Adler-Olsen, le Suédois Arne Dahl, l’Écossais Christopher Brookmyre, ou encore l’Américain Daniel Woodrell, dont le roman Un Hiver de glace a été adapté en 2010 au cinéma sous son titre anglais Winter’s Bone....

