Rechercher
Rechercher

Culture - Photographies

Roy Samaha entre temps réel et virtuel

Jusqu’au 5 octobre, Roy Samaha vous invite à passer une semaine au Caire dans la salle d’exposition de l’Institut français. Une série de photos et une vidéo qui témoignent autrement de l’événement et de ce printemps qui a éclos dans cette ville.

Roy Samaha : « Qu’est-il resté de la ville du Caire ? » Photo Michel Sayegh

Il est vidéaste et photographe. Avec son master en études filmiques à l’USEK, il a également travaillé pour la diffusion télévisée de 1998 à 2008. Aujourd’hui, Roy Samaha (représenté par l’epace Kettaneh-Kunigk) dirige des ateliers sur les pratiques alternatives de la vidéo dans différentes universités à Beyrouth.

 

Cette sélection de photos accrochée à l’Institut français est née fortuitement sans préparations préalables. Au contraire, elle est née du hasard. Ayant reçu une bourse de Leica pour suivre les traces de James Bruce, un explorateur qui avait remonté le cours du Nil d’Alexandrie à Assouan, Samaha projette de prendre la route pour l’Égypte le 1er février 2011. Mais entre-temps la révolution éclate le 25 janvier. Plutôt que de laisser tomber le projet, le photographe décide de ne plus suivre le tracé convenu par voie routière et maritime, mais d’embarquer directement pour Le Caire par avion. Accompagné d’un ami, le photographe essaiera de voir Le Caire sous un autre regard, un autre angle.

Sur les traces de...
Se distanciant ainsi de ces images filtrées qui parviennent par la télévision d’État et reprenant parfois le flux d’images que renvoient les manifestants à l’aide de leurs téléphones mobiles, Roy Samaha parviendra à réaliser son propre montage. Recréer son Égypte à lui.


Sur de grands panneaux blancs, les photographies sont rassemblées en séries à la manière filmique. Le regard peut suivre d’abord le parcours qu’avait dessiné le photographe, ainsi que de photos prises lors de son dernier voyage au Caire avant de s’introduire dans les entrailles d’une révolution captée sur le vif. Roy Samaha n’est pas un reporter de guerre ni un chercheur de scoops. Il se veut simplement le témoin d’atmosphères, le reflet de l’âme d’une ville qu’il a tenté en vain de retrouver. «Oum al-Dunia» la lascive nimbée de lumière, la peuplée et la grouillante, devient dans ses clichés une cité prise en tenailles par la haine, le feu et le sang, décharnée et vide. Sous l’objectif de l’artiste, les rues sont dépeuplées et s’habillent de couleurs sombres de bitume et de ferrailles. Il est étonnant parfois comment un simple détail chez Samaha peut révéler toute une atmosphère. L’œil est dans le micro et non dans le macro.
Les clichés de Samaha sont également une occasion d’expliquer le phénomène contemporain de la photographie, voire l’interroger. «Que nous renvoie une photo? Un passé ? Un présent ? Un passé réinventé et réactualisé? Un présent propulsé dans le passé par la simple magie d’un déclic?» dit-il.


En ajoutant ses propres strates sur des images prises par le procédé « You Tube », en employant lui-même le procédé des portables (« lorsque, le dernier jour, il nous était interdit d’utiliser la caméra») et en faisant côtoyer tout ce travail avec une série de photos retrouvées dans un souk à propos d’un voyage effectué par deux amis dans les années soixante, Roy Samaha ausculte l’art de photographier et confronte les temps réel et virtuel.

 

Lire aussi

La toute première Foire de la photo de Beyrouth a commencé

Il est vidéaste et photographe. Avec son master en études filmiques à l’USEK, il a également travaillé pour la diffusion télévisée de 1998 à 2008. Aujourd’hui, Roy Samaha (représenté par l’epace Kettaneh-Kunigk) dirige des ateliers sur les pratiques alternatives de la vidéo dans différentes universités à Beyrouth.
 
Cette sélection de photos accrochée à l’Institut français est née fortuitement sans préparations préalables. Au contraire, elle est née du hasard. Ayant reçu une bourse de Leica pour suivre les traces de James Bruce, un explorateur qui avait remonté le cours du Nil d’Alexandrie à Assouan, Samaha projette de prendre la route pour l’Égypte le 1er février 2011. Mais entre-temps la révolution éclate le 25 janvier. Plutôt que de laisser tomber le projet, le photographe décide de ne plus...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut