Mounir Abi Saïd tenant une chauve-souris : « La “Bat night” s’inscrit dans notre travail de sensibilisation du public à la protection de la faune du Liban. »
Écrasés par un soleil de plomb, une centaine de visiteurs, dont Angelina Eichhorst, ambassadeur de l’Union européenne, ont répondu à l’invitation de Diana et Mounir Abi Saïd, fondateurs d’« Animal Encounter ». « Cet événement s’inscrit dans notre travail de sensibilisation du public à la protection de la faune du Liban », explique Diana Abi Saïd, chercheur au département environnement et développement durable de l’Université américaine de Beyrouth (AUB). « Je suis venue pour soutenir le travail de Diana et Mounir. La protection de l’environnement est un volet très important de l’action de l’UE au Liban », souligne Mme Eichhorst, enthousiaste.
Après un bref exposé pédagogique sur les chauves-souris, les enfants se ruent sur les jeux proposés par les jeunes volontaires d’« Animal Encounter », et se mettent dans la peau des mammifères volants. « Nous sommes là pour découvrir un animal méconnu, mais également pour prendre conscience de l’absolue nécessité de le protéger », affirme Mounir Abi Saïd, professeur de biologie à l’AUB et membre du « Bat Specialist Group », le groupement international de chercheurs spécialistes des chauves-souris.
En effet, ces animaux sont menacés. Victimes de nombreuses idées reçues, les chiroptères sont régulièrement pourchassés. Pourtant, « sur les 1 200 espèces de chauves-souris, seules deux espèces vivant en Amérique du Sud se nourrissent de sang, et parmi les 20 espèces présentes au Liban, aucune n’est porteuse de la rage », martèle Mounir Abi Saïd.
Les chauves-souris, qui peuvent vivre jusqu’à 30 ans, jouent en fait un rôle crucial dans l’écosystème. Ces mammifères agissent comme un « pesticide naturel » protégeant les cultures. Chaque nuit, les chauves-souris mangent plusieurs tonnes d’insectes et de parasites. Les petits spécimens que l’on peut voir au crépuscule ingèrent en moyenne 800 insectes par heure ! Les chauves-souris qui se nourrissent de fruits participent activement à la régénération des forêts, en dispersant les graines par leur guano hautement fertilisant. Elles sont également responsables de la pollinisation de nombreuses plantes. En Amérique latine, l’agave bleue, plante avec laquelle est produite la tequila, est pollinisée uniquement par une espèce de chauve-souris. « Pas de chauves-souris, pas de tequila », plaisante Mounir Abi Saïd.
À la nuit tombée, Diana et Mounir peuvent enfin mesurer le succès de leur travail. Alors que le chercheur s’apprête à réintroduire cinq chauves-souris dans la nature, les enfants se pressent, doigt levé, pour pouvoir tenir, caresser et relâcher les mammifères. En début d’après-midi, ils se seraient sûrement contentés d’un regard méfiant...


C'est bon signe ...quand les chauves souris° les anxieux se font moins de cheveux...proverbe sumérien...
23 h 56, le 30 août 2012