Les habitants de Metairie en Louisiane se préparaient hier au passage de la tempête Isaac. Sean Gardner/Reuters
Hier matin, les premiers mots de Mitt Romney, qui finalisait son discours d’acceptation dans le New Hampshire, loin de la moiteur de Tampa, n’ont pu être que sur Isaac. « Nos pensées vont aux gens qui sont sur le parcours de la tempête et nous espérons qu’ils ne subiront pas de dégâts majeurs », a-t-il déclaré à la presse. Des journalistes lui ont même posé la question d’une annulation de la convention. « Nous allons avoir une magnifique convention », a-t-il répondu.
À Tampa, l’un de ses collaborateurs, Russ Schriefer, a insisté sur le fait que le programme d’aujourd’hui, demain et jeudi était maintenu. « La plupart des délégués (plus de 4 000 étaient attendus) sont là (...) Nous surveillons la tempête et regardons où elle va », a-t-il ajouté. « Le message reste le même : les Américains méritent un meilleur avenir, et ce président n’a pas tenu ses promesses de 2008 », a pour sa part déclaré sur NBC le président du Parti républicain Reince Priebus.
Mais la plupart des écrans de télévision, dans l’immense centre de convention où se tient la grand-messe républicaine, suivaient non stop le parcours d’Isaac, qui remonte le golfe du Mexique et pourrait se transformer en ouragan et menacer la Louisiane, sept ans après le drame de Katrina qui avait fait plus de 1 800 morts. En outre, le bilan à Haïti du passage d’Isaac s’est alourdi hier à 19 morts et six disparus.
La convention républicaine avait pourtant été minutieusement préparée pour essayer de transformer l’image de Mitt Romney. Même si les Américains pensent qu’il serait plus à même de redresser l’économie, ils n’arrivent pas à aimer cet ex-homme d’affaires de 65 ans multimillionnaire, ex-gouverneur du Massachusetts, perçu comme distant et élitiste. D’ailleurs, quelque 200 manifestants ont bravé la pluie hier matin à Tampa pour protester contre le programme des républicains en matière d’immigration, d’économie, de santé ou d’avortement.
Un sondage ABC/Washington Post publié hier montre par ailleurs les deux hommes au coude-à-coude (47 % pour Romney, 46 % pour Obama). 46 % des Américains pensent que Romney pourra faire redémarrer l’économie (contre 42 % pour Obama). Mais 58 % pensent que Romney favoriserait les plus riches s’il était élu.
Le message de la convention, traditionnellement un des temps forts de la campagne présidentielle, a donc été soigneusement calibré, avec un objectif triple : marteler que Barack Obama a échoué (« Nous pouvons faire mieux », est l’un des slogans), convaincre que Mitt Romney est l’homme qui saura redresser l’économie, le souci numéro un des Américains, et réussir à rendre aimable leur candidat, au sens plein du terme. Témoignages et vidéos devraient également converger dans un grand élan patriotique, pour en dresser un portrait idéal, insistant sur l’homme privé autant que sur l’homme d’affaires avisé.
Jadis perçu comme un modéré pragmatique, Mitt Romney a ces derniers mois considérablement durci son discours et attaqué M. Obama sans relâche. Il a choisi un colistier ultraconservateur de 42 ans, le représentant du Wisconsin Paul Ryan, confirmant son virage à droite. Le programme de gouvernement des républicains, qui sera approuvé aujourd’hui, promet d’être solidement conservateur, le parti étant dominé par son aile droite.
Côté démocrate, la trêve de courtoisie, généralement de mise pendant la convention de l’autre parti, n’est pas au programme. Les sondages sont trop serrés, la bataille trop dure, à 71 jours de l’élection du 6 novembre. Barack Obama a prévu de faire campagne aujourd’hui et demain dans l’Iowa, le Colorado et la Virginie, trois États-clés pour la présidentielle.
(Source : AFP)

