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Liban - L’Éclairage

Après l’arrestation de Samaha, la vengeance du régime syrien...

Tonnerre de Brest avec des cris de putois dans les relations officielles libano-syriennes après l’arrestation de Michel Samaha. C’est du moins ce qu’affirme l’un des ministres du gouvernement Mikati, en prenant pour preuve les campagnes politiques qui visent actuellement le président de la République, le Premier ministre et certains responsables de services de sécurité, à l’instar du directeur général des Forces de sécurité intérieure, le général Achraf Rifi, et du directeur de la section des renseignements des FSI, le général Wissam el-Hassan. La campagne contre le président Michel Sleiman est en effet montée d’un cran au lendemain de ses positions au sujet de l’affaire Samaha et de ses félicitations aux deux officiers des FSI pour avoir déjoué ce complot diabolique. Des sources politiques acquises au régime syrien ne cachent d’ailleurs pas leur malaise vis-à-vis de la démarche présidentielle : il eût été préférable, disent-elles, que le chef de l’État libanais réserve un sort à toute cette affaire en catimini, loin du vacarme médiatique ambiant. D’autant que Damas était fin prêt à crier au « complot cosmique » fomenté contre le régime, comme d’habitude, par les forces du 14 Mars – par l’intermédiaire d’Achraf Rifi et Wissam el-Hassan...


Tenu au courant de l’arrestation de Samaha et des premiers résultats de l’enquête, le président Sleiman s’est empressé de contacter son homologue syrien, Bachar el-Assad, pour en avoir le cœur net... surtout que le nom de Ali Mamlouk, numéro un de la sécurité nationale syrienne, est rapidement apparu au fil des aveux de Michel Samaha et des éléments de preuves recueillis contre lui. Selon des informations précises, Assad aurait promis au chef de l’État de faire la lumière sur toute cette histoire et de le contacter ensuite pour l’informer des résultats de son enquête personnelle.


Sleiman attend toujours...


Mais Damas ne s’est pas contenté d’observer un mutisme assourdissant sur l’affaire Samaha. Comme d’habitude, ce sont ses hommes de main locaux qui se sont chargés de passer à l’action pour saper la stabilité du pays, et ce malgré l’attitude du Hezbollah, hostile à toute démonstration publique de force et d’appui au régime et à toute action qui viserait à allumer le brasier de la discorde confessionnelle au Liban, comme l’a confié un responsable du parti à un responsable sécuritaire. Réserves auxquelles il faudrait toutefois ajouter un petit bémol : hostile à toute entreprise à haut risque, le Hezbollah l’est dans les circonstances actuelles, certes, mais uniquement dans le cas où il devrait se retrouver sur le devant de la scène. Par contre, agir discrètement en coulisses, jouer aux maîtres de marionnettes en agitant de petites officines armées comme ladite « aile armée du clan Moqdad » – pour torpiller le prestige de l’État, bloquer la route de l’AIB, menacer les Libanais et les Arabes sur les écrans de télévision et faire enlever des ressortissants syriens –, c’est une autre histoire... D’ailleurs, le porte-parole dudit « clan Moqdad » n’a pas caché ses affinités politiques. Mieux encore, de source sécuritaire bien informée, il s’avérerait que les miliciens en cagoules que les téléspectateurs libanais ont découvert sur leurs écrans ont veillé à se voiler le visage... non seulement parce que certains d’entre eux sont déjà recherchés par la justice, mais parce que d’autres assument des postes de responsabilité au sein d’un parti connu.


Le plus grave, cependant, reste le coup retentissant porté à la réputation du Liban dans le monde arabe et international, ainsi que le choc traumatique au plan interne suscité par la réapparition de scènes indignes du pays du Cèdre et que l’on croyait disparues à jamais. C’est d’ailleurs cela qui a poussé le président de la Chambre, Nabih Berry, à exprimer son indignation et sortir à son tour de son attentisme pour défendre le concept de l’État face à ces exactions : le tort porté à la communauté chiite et à l’image de la « résistance » a en effet été énorme.


Et ce n’est pas fini : pour couronner le tout, et en signes de représailles après l’arrestation de Samaha, le régime syrien a demandé à ses officines locales de diffuser des rumeurs concernant de nouveaux mandats d’arrêt qui seraient bientôt lancés par la justice syrienne à l’encontre d’une cinquantaine de personnalités libanaises, dont l’ancien Premier ministre Saad Hariri, le président des Forces libanaises, Samir Geagea, le chef du Front de la lutte nationale, Walid Joumblatt, l’ancien Premier ministre, Fouad Siniora, ainsi que plusieurs députés, dont Boutros Harb...


En bon pyromane, le régime Assad exploite tout ce qui pourrait lui permettre d’incendier le Liban, comme par exemple l’affaire des pèlerins chiites enlevés en Syrie. Le ministre de l’Intérieur, Marwan Charbel, qui s’active pour trouver une fin heureuse à ce dossier, rejette le dérapage violent de ces derniers jours avec les enlèvements de ressortissants syriens. Pour lui, il est évident que de telles méthodes ne règleront pas le problème, mais contribueront au contraire à l’érosion du rôle positif de l’État en tant que négociateur. M. Charbel souligne ainsi que cette question doit être absolument réglée loin du sensationnalisme recherché par les médias et de la violence inqualifiable de la mise en scène des Moqdad, lesquels n’ont fait, en définitive, que du tort à une cause juste et au pays tout entier.

 

Autre exemple : la tension sectaire croissante à Tripoli, qui a de nouveau permis de mettre le feu aux poudres entre Bab el-Tebbaneh et Jabal Mohsen. Le front a été rallumé... à la suite d’un feu d’artifice par des enfants, qui a dégénéré en affrontements miliciens de rue à l’artillerie lourde, souligne ainsi une source sécuritaire.


Pour l’opposition, il est évident que les milieux du 8 Mars, dans leurs attaques répétées contre l’État, le président de la République et les chefs de certains services sécuritaires, ne font que suivre un mot d’ordre du régime syrien dans l’objectif de saper le prestige, la stabilité et la sécurité de l’État, et de réveiller les démons de la discorde. En contrepartie, de plus en plus de parties manifestent leur attachement à la stabilité et la sécurité du pays face à cette terrible machination. Le président Sleiman a ainsi appelé les autorités judiciaires et sécuritaires à agir sans plus tarder pour mettre fin aux enlèvements et sanctionner les coupables, dans la mesure, notamment, où il est inadmissible que quelques vandales finissent par déterminer la politique étrangère et interne du pays. Parallèlement, l’État œuvre d’arrache-pied avec les autorités turques pour garantir le retour des otages libanais en Syrie et pour obtenir la libération de tous les ressortissants enlevés par le clan Moqdad.


Car c’est désormais cela, le mot d’ordre général : restaurer le prestige de l’État et sa souveraineté interne et externe – face à l’offensive tous azimuts du régime syrien.
Avant qu’il ne soit trop tard !

 

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commentaires (6)

«Assad aurait promis ...», écrivez-vous. Mais qui peut encore le croire ? Il n'a jamais tenu ses promesses. Posez la question à Kofi Annan. Voilà pourquoi l'opposition refuse de négocier avec lui. Il n'y a rien à négocier. Quand le despote de Damas comprendra-t-il qu'il n'est plus en situation d'imposer sa loi et de négocier avec qui que ce soit ? Ce temps-là est fini. J'ai fait un rêve... J'ai vu un hélicoptère de l'OTAN (ou serait-ce l'Oiseau blanc de la Paix) venir se déposer sur l'héliport du Palais présidentiel et l'embarquer à La Haye ? Là-bas est sa maison. Une cellule confortable (avec TV) l'y attend. Pour la Syrie, une nouvelle vie commencera avec l'apprentissage de la démocratie.

G.F.

09 h 39, le 23 août 2012

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Commentaires (6)

  • «Assad aurait promis ...», écrivez-vous. Mais qui peut encore le croire ? Il n'a jamais tenu ses promesses. Posez la question à Kofi Annan. Voilà pourquoi l'opposition refuse de négocier avec lui. Il n'y a rien à négocier. Quand le despote de Damas comprendra-t-il qu'il n'est plus en situation d'imposer sa loi et de négocier avec qui que ce soit ? Ce temps-là est fini. J'ai fait un rêve... J'ai vu un hélicoptère de l'OTAN (ou serait-ce l'Oiseau blanc de la Paix) venir se déposer sur l'héliport du Palais présidentiel et l'embarquer à La Haye ? Là-bas est sa maison. Une cellule confortable (avec TV) l'y attend. Pour la Syrie, une nouvelle vie commencera avec l'apprentissage de la démocratie.

    G.F.

    09 h 39, le 23 août 2012

  • Il y a plus de régime en Syrie ...,même les singes libanais repus ... par tant d'années bananieres ,ont réussi a voler les bananes pour nous faire croire qu'ils existent encore...

    M.V.

    09 h 09, le 23 août 2012

  • Ce n'est qu'un appéritif de la "vengeance du régime syrien et de ses hommes de main au Liban". "al'aty a3zam". Ce régime et ses sbires crèvent de frustration et de colère. Par protection du ciel sur ce pays, leurs plans visant l'incendie du Liban font long feu. C'est la tentative d'assassinat du président du parti des Forces libanaises qui échoue; c'est l'échec également de la tentative d'assassinat du député Boutros Harb; et maintenant le grand coup de ce même ciel par l'arrestation de Michel Samaha la main dans le sac et en flagrant délit en un plan "diabolique" de précipitation du Liban en enfer, monté par son maître et chef de la Sécurité en Syrie, Ali Mamlouk. Alors mille trames viennent et viendront en réponse. Tout indique que "l'enlèvement" (?) de Hassan el-Moqdad à Damas est une de ces trames, dont poussent les branches armées, les comités militaires, les cagoules sinistres, les enlèvements de réfugié syriens et toutes sortes d'atteintes à l'autorité et à la dignité de l'Etat. Le bombardement d'Aazaz dans le but de tuer les 11 pèlerins chiites et qui semblent avoir échappé par miracle (Ciel, merci encore !) est une autre trame du régime fou de Damas. Puis c'est le recours à la classique mèche Rifaat Eid pour déclencher la guerre Jabal Mohsen-Bab el-Tabbané, en vue d'incendier Tripoli. Tout cela n'aura pas de fin tant que le joug du régime "frère" et "compagnon d'armes" règnera sur le cou du peuple syrien.

    Halim Abou Chacra

    04 h 35, le 23 août 2012

  • De toute facon ce ne sont que des petards mouilles...Assad tombera...et ses polichinels Libanais feront le deuil comme tout le monde ...et retourneront a leur petits minables larcins..

    Houri Ziad

    04 h 21, le 23 août 2012

  • HAINE ET VENGEANCE ! Apprenez : Dialogue ! Entente ! Amour des Peuples opprimés...

    SAKR LEBNAN

    02 h 36, le 23 août 2012

  • Restaurer le prestige de l’État et sa souveraineté interne et externe est un must . Mais avec tout notre système tribal ou les interdits triomphent , il est presque impossible de songer à voir un beau jour des politiciens forts et capables de trancher . Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    00 h 38, le 23 août 2012

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