Pourtant, à près de 50 ans, Holyfield connaît ce que de nombreux sportifs ont vécu, de Björn Borg à Scottie Pippen en passant par Marion Jones. Contrairement au fantasque Tyson qui lui avait arraché un morceau d’oreille lors du mythique « BiteFight » du 28 juin 1997, Holyfield n’a jamais dilapidé son argent, mais des investissements bancals et des pensions alimentaires (il a 11 enfants de trois femmes) ont eu la peau de son compte en banque.
En mars dernier, sa propriété d’Atlanta a été vendue ; en novembre prochain, ce sont tous ses biens, y compris ses ceintures obtenues à la force des poings, qui seront mis aux enchères. Triste épilogue pour ce boxeur fulgurant, figure de proue de la catégorie reine dans les décennies 1980-1990.
Le spectre de Tyson
Endetté jusqu’au cou, Evander Holyfield doit trouver de l’argent pour rembourser ses créditeurs. Auteur de deux come-back, « The Warrior » a disputé son dernier combat en mai 2011, face au Danois Brian Nielsen, vétéran de 46 ans et absent des rings depuis 9 ans. Un duel face au cuirassé Povetkin était prévu fin 2011 mais n’a finalement pas eu lieu.
À présent, la seule façon de réaliser une opération financière digne de son nom est d’affronter l’un des frères Klitschko. Empereurs de la catégorie, Wladimir et Vitali ne déchaînent pas les foules, hormis peut-être en Allemagne où ils résident. Capables de remplir un stade entier pour des combats souvent décevants, les Klitschko pourraient-ils donner sa chance à une ancienne gloire ? Peu probable, même si, pour un tel combat, le pay-per-view battrait des records. Plus vraisemblablement, Holyfield devrait affronter Shannon Briggs, 40 ans, en février prochain. Où l’on aperçoit, en creux, l’ombre de la fin de carrière pathétique d’« Iron » Tyson, humilié par Danny Williams et Kevin McBride, boxeurs de seconde zone, pour quelques poignées de dollars.
Holyfield est vendeur, mais les Klitschko ?
« L’âge n’est qu’un nombre. Les Klitschko ont l’opportunité d’obtenir probablement la plus grande bourse de leur vie en se battant contre Evander Holyfield, a-t-il déclaré à la 3e personne. Ils disent à tout le monde qu’ils me respectent, mais ils ne veulent pas combattre face à moi. Ils doivent réaliser que chacun de nous fera de l’argent. Ensuite, nous verrons qui sera le meilleur. » Outre le fait que Vitali doit affronter Manuel Charr à Moscou en septembre, que Wladimir a exécuté Tony Thompson en six rounds en juillet dernier et a déjà signé une défense de titres avec Mariusz Wach dans l’Imtech Arena d’Hambourg, la fratrie ukrainienne n’a aucun intérêt à organiser un tel combat. Déjà peu populaires, critiqués pour leur style laborieux et trop clinique, les Klitschko ne peuvent pas se permettre de ridiculiser Holyfield. Obnubilé par sa faillite financière, celui qui écoutait du gospel avant d’entrer sur le ring est prêt à être châtié, quitte à écorner sa légende.


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