Le Premier ministre social-démocrate Victor Ponta, un des principaux promoteurs de la destitution de son rival, a qualifié la décision de la cour « d’illégale, d’injuste et de politique », tout en affirmant qu’il la respectera. De son côté, le président par intérim Crin Antonescu, chef de file du parti libéral allié à M. Ponta, a indiqué qu’il considérait le président Basescu « illégitime » après le vote populaire contre lui et que la « lutte contre son régime ira jusqu’au bout ». Des déclarations qui augurent une cohabitation difficile avec M. Basescu dont le mandat court jusqu’en 2014.
Pour sa part, l’ancien Premier ministre de centre droit Emil Boc, allié de M. Basescu, a espéré que cette décision mettra fin à la crise politique, pressant les deux camps de travailler ensemble. M. Basescu, un ancien capitaine de marine, survit à sa seconde tentative de destitution, la première ayant eu lieu au cours de son premier mandat en 2007. Il revient toutefois affaibli avec plus de sept millions de voix contre lui, résultat d’une cure d’austérité draconienne qu’il avait défendue bec
et ongles en 2010.
La confirmation de M. Basescu à son poste de président marque aussi un échec de la coalition de centre gauche, l’Union sociale libérale (USL), dans ce qui était devenu un de ses objectifs-clés : le débarquement de son rival. Jusqu’au bout, l’USL, qui regroupe les sociaux-démocrates du Premier ministre, les libéraux de M. Antonescu et le Parti conservateur fondé par un ancien collaborateur de la police politique communiste Securitate, a tenté de faire valider la destitution, y compris en contestant la validité des listes électorales après le vote. Le gouvernement a même essuyé de vives critiques de l’Union européenne et des États-Unis pour des méthodes peu orthodoxes afin de faciliter la destitution, notamment la révocation express du médiateur ainsi que la limitation des pouvoirs de la Cour constitutionnelle. Cette dernière avait dénoncé des attaques « sans précédent » de la part du gouvernement.
Sous la pression de Bruxelles, M. Ponta s’était engagé à restaurer les pouvoirs de la cour et respecter toutes ses décisions. Mais après le référendum, de nouvelles pressions dénoncées par la Cour constitutionnelle, ainsi que l’inculpation d’un ancien ministre de l’USL en lien avec de possibles manipulations des listes électorales avaient à nouveau suscité la préoccupation de Bruxelles et de Washington. « La Roumanie a prouvé qu’elle a de solides institutions, la Cour constitutionnelle, le procureur général notamment », a néanmoins déclaré Laura Stefan, experte en droit pour le groupe de réflexion Expert Forum. « La cour a résisté à une immense pression et a invalidé le référendum. C’est un pas important pour une Roumanie moderne, basée sur les principes de l’État de droit », 23 ans après la chute de la dictature communiste, a-t-elle ajouté.
(Source : AFP)


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