Beaucoup de villes d’Asie sont « en retard en ce qui concerne les infrastructures proposées – égouts, routes, ou approvisionnement en électricité », note Sun Sheng Han, spécialiste en urbanisme à l’université de Melbourne. Au cœur du problème, un manque de vision à long terme dans une région où les politiques urbaines reflètent un mélange « d’objectifs politiques et d’ambitions économiques », poursuit-il.
En Thaïlande, l’une des plus importantes sociétés immobilières est contrôlée par la famille de la Première ministre Yingluck Shinawatra, et la capitale qui s’enfonce inexorablement pourrait se retrouver en dessous du niveau de la mer d’ici à 50 ans. En cause, l’extraction massive, pendant des années, des eaux souterraines pour l’industrie et la consommation de ses 12 millions d’habitants. Mais malgré les mises en garde, le secteur immobilier ne ralentit pas. Une urbanisation rapide qui bloque les voies naturelles de passage des eaux et des systèmes de drainage mal entretenus sont également considérés comme une des causes des inondations meurtrières qui touchent actuellement la capitale des Philippines.
Mais l’Inde fait certainement face aux défis les plus importants. Plus de 600 millions de personnes ont été plongées dans le noir fin juillet en raison d’un black-out sans précédent. Alors que fours à micro-ondes et machines à laver sont de plus en plus populaires auprès d’une classe moyenne en expansion, la pression sur le réseau ne va pas fléchir. D’autant que selon un rapport de l’ONU de 2011, la population urbaine du pays devrait passer de 30 à 60 % d’ici à 2030, pour atteindre 606 millions d’habitants. À Bombay, une des villes du monde les plus densément peuplées avec 20 000 habitants au kilomètre carré, les trains de banlieue surchargés transportent quelque 7 millions d’usagers par jour. Et une même crise de transport touche Dacca, dans le Bangladesh voisin.
(Source : AFP)

