Un couple pleure la mort de son fils tué par un franc-tireur dans le quartier de Salaheddine à Alep. Goran Tomasevic/Reuters
Quatre jours après avoir lancé son offensive terrestre pour déloger les rebelles d’Alep, les chars et les avions de combat de l’armée n’ont toujours pas arrêté de pilonner plusieurs zones. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), les quartiers de Chaar, Tariq el-Bab, Hanano, Boustane el-Qasr et l’emblématique Salaheddine étaient la cible de violents tirs d’artillerie. L’Armée syrienne libre (ASL) a assuré avoir repris des positions « stratégiques » à Salaheddine, secteur que l’armée avait dit contrôler totalement mercredi. Selon le journal officiel el-Watan, la voie vers le quartier Sukkari, deuxième bastion en importance des rebelles, « est désormais ouverte pour l’armée qui a pris le contrôle de plusieurs axes lui permettant de le prendre d’assaut ». Les communications sont toutefois entièrement coupées avec la ville et il n’était pas possible de joindre des militants sur place.
Encore un massacre ?
À Homs, des soldats aidés de miliciens ont « exécuté » dix jeunes dans le quartier Chamas où ils sont entrés après plusieurs heures de pilonnage, selon le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l’opposition. Les victimes auraient été choisies parmi une foule de 350 personnes rassemblées sur une place, a affirmé le CNS qui dit craindre un « terrible massacre ». Cette information n’a néanmoins pu être confirmée de source indépendante. Trois enfants âgés entre six et onze ans ont en outre été tués par des tirs sur un bus qui transportait des habitants fuyant le quartier, selon l’OSDH, alors que les rebelles ont besoin d’une zone d’exclusion aérienne et de zones sûres près des frontières turque et jordanienne, selon un chef de l’opposition hier.
Par ailleurs, dans la province de Damas, deux soldats d’un centre de défense aérienne ont été tués par les rebelles alors que les localités proches d’el-Tal et de Harasta étaient bombardées, toujours d’après l’OSDH. Des accrochages avaient lieu d’autre part dans les provinces d’Idleb et de Deraa. Samedi soir, un journaliste de l’agence officielle SANA, Ali Abbas, a été assassiné par des inconnus qui lui ont tiré dessus à son domicile dans la province de Damas, ont indiqué l’agence et l’OSDH.
Au lendemain de la mort de près de 150 personnes, les violences ont de nouveau fait hier plus de 90 tués, selon un bilan provisoire de l’OSDH.
Sur le plan humanitaire, des médecins français ont commencé à monter un hôpital de campagne dans le camp jordanien de Zaatari, qui accueille des milliers de réfugiés syriens. Quatre-vingts tonnes d’équipement médical envoyées par la France sont ainsi arrivées samedi dans le pays. Du côté du Golfe, le gouvernement bahreïni a annoncé hier une aide humanitaire de deux millions de dollars en faveur des réfugiés du conflit et chargé une commission spéciale de l’acheminer, a indiqué l’agence de presse officielle BNA.
Front diplomatique
Parallèlement, une réunion des ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe sur la crise syrienne (avec l’éventuel remplacement du médiateur international Kofi Annan), prévue à Djeddah, a été reportée sine die, sans explications de la Ligue, selon son numéro deux Ahmed Ben Helli. Selon des diplomates à l’ONU, l’Algérien Lakhdar Brahimi est pressenti pour succéder à M. Annan, mais il n’a toujours pas donné sa réponse.
Toutefois, les chefs de la diplomatie du Conseil de coopération du Golfe (CCG : Arabie saoudite, Oman, Koweït, Émirats arabes unis, Qatar et Bahreïn) se sont retrouvés hier soir en Arabie saoudite pour se concerter avant le sommet islamique de demain, qui sera fortement consacré à la Syrie, d’après le secrétaire général du CCG, le Bahreïni Abdel Latif el-Zayani. Après leur rencontre, les ministres doivent entamer une nouvelle réunion avec leurs homologues de huit pays islamiques (Turquie, Sénégal, Libye, Tunisie, Maroc, Djibouti, Soudan et Jordanie) dans le but de coordonner leurs positions sur la Syrie. Des dirigeants de 57 pays islamiques tiennent un sommet extraordinaire demain dans la ville sainte de La Mecque, à l’initiative de l’Arabie saoudite, qui cherche à mobiliser le monde musulman en faveur du soulèvement en Syrie.
Toujours au niveau diplomatique, la France, que Dominique de Villepin juge « un peu trop sur le reculoir » sur le dossier syrien, doit garder l’option militaire ouverte pour « donner des dents » à sa diplomatie, a estimé hier l’ancien Premier ministre qui prône, entre autres mesures, la création de couloirs aériens protégés en Syrie et un déploiement aéronaval au large du pays.
(Sources : agences
et rédaction)



Encore un massacre?!mais ce qui se passe n'est plus qu'une suite de massacres,de toute façon...nous devrions le savoir mieux que quiconque,quand même...il ne s'agit plus d'un binôme soulèvement /répression,mais d'une guerre civile doublée d'un affrontement sectaire bénéficiant d'appuis étrangers des deux côtés...quant aux occidentaux,ils semblent complètement dépassés par la situation,et on le serait à moins.Et nous,Libanis,avons intêret à serrer les rangs autant que faire se peut...parceque si l'immense majorité des Libanais refuse une nouvelle aventure guerrière,il n'en est pas moins vrai que les adeptes de la violence politique restent légion...et ce n'est pas l'arrivée d'une nouvelle vague de réfugiés qui va arranger les choses...les Libanais et eux seuls sont capables d'éviter l'autodestruction...pour le moment,çà tient...pourvou qué çà doure!
03 h 53, le 13 août 2012