La communauté sikhe pleurait ses morts hier après la fusillade à Oak Creek où Wade Michael Page a tué 6 personnes. Darren Hauck/AFP
Dimanche, il a tué six personnes dans un temple sikh d’Oak Creek, dans la banlieue de Milwaukee, avant d’être abattu lui-même par la police, 15 jours à peine après la fusillade survenue lors de la première de Batman dans un cinéma d’Aurora, au Colorado, au cours de laquelle James Holmes, 24 ans, avait tué 12 personnes.
« Je suis vraiment surpris. C’était vraiment un type cool... » a déclaré hier matin un voisin de Wade Michael Page, John Hoyt, ajoutant : « Les seules choses négatives que je l’ai entendu dire, c’était sur la guerre, sur sa petite amie ou sur le président Bush – Bush Junior, parce qu’il avait entamé la guerre. » Wade Michael Page lui aurait également assuré avoir été déployé deux fois en Irak, ce qui, selon les états de service du tireur présumé révélés par le Pentagone, paraît peu vraisemblable. Il est entré dans l’armée un an après le début de la première guerre du Golfe et l’a quittée bien avant l’invasion américaine en Irak en 2003. M. Hoyt a par ailleurs confirmé avoir vu – comme le rapportaient des témoins de la fusillade – un tatouage évoquant le 11-Septembre sur l’épaule du tireur.
Selon plusieurs organes de presse américains, Wade Michael Page aurait été un adepte des théories racistes sur la suprématie de la race blanche, et les membres du FBI pensent qu’il avait des liens avec les groupuscules racistes et extrémistes blancs, selon une enquêtrice. En outre, un institut réputé de lutte contre le racisme, le Southern Poverty Law Center (SPLC), a indiqué que Page était un « néonazi exaspéré » qui avait fondé un groupe de rock exaltant la suprématie blanche. Des responsables s’exprimant sous couvert d’anonymat avaient de plus déclaré dès dimanche soir que certains détails de la biographie du tireur laissaient penser à un acte de « terrorisme intérieur ».
Les sikhs, qui portent un turban et la barbe, sont souvent pris pour des musulmans et font l’objet d’attaques racistes à ce titre aux États-Unis, notamment depuis le 11-Septembre. Ils sont entre 500 000 à 700 000 aux États-Unis. « Il y a eu plusieurs attaques haineuses visant la communauté sikhe ces dernières années, et malheureusement, nous sommes naturellement enclins à penser qu’il s’agit ici de la même chose », a déclaré Sapreet Kaur, directeur exécutif d’une coalition de groupes sikhs. La plus vieille organisation musulmane du pays, Ahmadiyya, a, elle, immédiatement « condamné vivement cette fusillade insensée à l’encontre de fidèles », appelant à « plus d’attention portée sur l’éducation religieuse pour une société plus tolérante et plus pacifique ». Le président Barack Obama a, lui, exprimé dans un communiqué sa peine et loué la communauté sikhe qui « enrichit » les États-Unis. Enfin, le Premier ministre indien Manmohan Singh, lui-même sikh, s’est dit « profondément choqué et attristé ».
(Source : AFP)

