Alors que le ministre français de l’Intérieur, Manuel Valls, vient d’annoncer la poursuite du démantèlement des campements de Roms sur décision de justice, l’expérience lancée dans le département du Val-de-Marne, avec 17 familles, fait figure d’exception en France. Il y a un peu plus d’un an, ces familles, soit près de 75 personnes, vivaient dans des campements insalubres. Le conseil départemental et la commune d’Orly les ont sélectionnées parmi des volontaires et leur ont fourni un terrain en échange d’un engagement à s’insérer. Sur ce terrain situé au bord des voies ferrées où circulent trains de banlieue et à grande vitesse, elles ont bâti elles-mêmes leurs maisons, de petites baraques en planches démontables de deux ou trois petites pièces, avec électricité et eau courante. Les hommes font les ferrailleurs, les enfants jouent entre deux activités avec les travailleurs sociaux de l’association Habitat et Soins, en charge du fonctionnement des lieux.
La première année de ce « village », qui a coûté 1,4 million d’euros, ne s’est pas passée sans difficulté. Il a fallu convaincre les familles d’envoyer les enfants en classe et les vacciner, les femmes de se faire soigner. Leur sort est toutefois plus enviable que celui des familles expulsées de leurs baraques de fortune.
« C’est un sujet que je veux traiter, mais dans la sérénité. Si le débat est remis sur la place publique de la manière dont ça a été fait il y a deux ans, on n’y arrivera pas », a pour sa part estimé la semaine dernière M. Valls. Dans un discours controversé le 28 juillet 2010 après des violences impliquant des gens du voyage (de nationalité française), l’ancien président de droite Nicolas Sarkozy avait déclaré « la guerre » aux délinquants, trafiquants et « voyous », et appelé à la fin des « implantations sauvages de campements de Roms ».
Le Conseil de l’Europe a récemment épinglé la France pour sa politique d’expulsions « discriminatoires dès lors qu’elles ciblaient la communauté rom ».
(Source : AFP)

