Les trois suspects arrêtés en Espagne : deux originaires d’ex-républiques soviétiques, identifiés sous les initiales A.A. et M.A., et un Turc identifié sous les initiales C.Y. Photos Reuters
Deux des suspects, originaires « d’ex-républiques soviétiques », sont « des membres d’el-Qaëda, des personnes extrêmement dangereuses », et ont été arrêtés mercredi dans la province de Cuidad Real, au sud de Madrid, a précisé M. Fernandez Diaz. L’un d’eux « est un cadre très important dans la structure d’el-Qaëda au niveau international », a-t-il ajouté. Selon la presse, il s’agit de deux Tchétchènes, ou d’un Russe et un Tchétchène. Tous deux ont été arrêtés alors qu’ils voyageaient à bord d’un autocar parti de Cadix, dans le sud de l’Espagne, qui se rendait à Irun, dans le nord, « avec l’intention présumée de se rendre en France ». Le troisième suspect, arrêté mercredi également, est un logisticien du réseau de nationalité turque. Le ministre a en revanche « démenti » que le trio ait été en possession de poison, comme l’avait affirmé la presse. Il a refusé de confirmer des informations de presse qui faisaient état de leurs liens avec le groupe islamiste basé au Pakistan Lashkar-e-Taïba (LeT), accusé de l’attentat de Bombay, la capitale économique de l’Inde, en 2008, qui avait fait au total 166 morts et plus de 300 blessés. Tout comme il a refusé de confirmer qu’ils aient suivi un entraînement dans des camps jihadistes au Pakistan.
Le dossier a été confié à un juge de l’Audience nationale, le tribunal madrilène compétent en matière d’affaires terroristes.
Plusieurs coups de filet dans les milieux jihadistes ont été menés ces dernières années en Espagne, depuis les attentats islamistes qui avaient fait 191 morts dans des trains de banlieue à Madrid, le 11 mars 2004. Mais c’est la première fois que les autorités font état, de manière aussi précise, d’un projet d’attentat déjoué. Des arrestations de militants islamistes radicaux ont eu lieu dans différentes régions d’Espagne, notamment en Catalogne, dans le nord-est, et dans la région de Valence, dans l’est. En juin, la police avait arrêté à Melilla, une enclave espagnole située à l’extrémité nord du Maroc, deux Espagnols, membres présumés d’une cellule islamiste radicale, soupçonnés d’avoir torturé et assassiné en 2008 deux hommes qui avaient tenté de quitter le groupe. Le ministre de l’Intérieur avait alors affirmé que les deux suspects, placés en détention, appartenaient à « la même mouvance radicale » que les islamistes qui s’étaient immolés à Leganes, près de Madrid, le 3 avril 2004, trois semaines après les attentats du 11 mars. En mars dernier, la justice avait également placé en détention provisoire un Saoudien arrêté à Valence, pour « délit d’appartenance présumée à une organisation terroriste » proche d’el-Qaëda. Cet homme était soupçonné par la justice d’être membre, depuis au moins 2005, d’une organisation nommée « réseau ansar al-moujahidine » gérant des sites Internet dont l’objectif est le « recrutement, l’endoctrinement et la radicalisation de sympathisants pour la lutte armée ».
(Source : AFP)


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