Depuis que Bachar el-Assad s’est adressé au Parlement lors de sa dernière apparition publique importante début juin, les rebelles ont pris les armes pour le renverser dans les deux principales villes de Syrie. Ils se sont emparés de zones de la campagne syrienne et ont assassiné quatre de ses hauts responsables de la sécurité. Confrontés à pareils revers, de nombreux dirigeants – comment ne pas songer à Mouammar Kadhafi – auraient bondi sur la scène publique pour rassurer leurs partisans en montrant qu’ils étaient toujours là, toujours aux commandes et prêts à mener la contre-offensive.
Mais au lieu de cela, si l’on fait exception de deux clips vidéo silencieux diffusés à la télévision et d’un message écrit envoyé à ses soldats mercredi, M. Assad ne s’est pas manifesté pendant deux semaines alors que la menace qui pèse sur son pouvoir et son autorité s’intensifie et se prolonge.
Le silence du président syrien après l’attentat du 18 juillet qui a tué quatre membres de son cercle rapproché, dont son beau-frère, a entretenu des rumeurs sur l’endroit où il se trouve et sur son emprise sur le pays, des spéculations que ses opposants ont été ravis d’alimenter. Ces longues périodes de silence du dirigeant de 46 ans n’ont pourtant rien de nouveau. Bachar el-Assad a mis deux semaines à répondre quand le soulèvement contre son régime a éclaté en mars 2011 et a fait à peine plus de quelques apparitions importantes depuis cette date. Mais sa dernière retraite intrigue car elle intervient à une période de crise aiguë.
Selon un diplomate et des analystes, la discrétion du président ne signifie pourtant pas qu’il a perdu le contrôle sur la Syrie. « Tous les rapports émanant de responsables du pouvoir que nous avons vus indiquent que M. Assad possède une mainmise concrète sur ce qui se passe », estime Julien Barnes-Dacey du Conseil européen des relations étrangères (ECFR). En nommant un nouveau ministre de la Défense quelques heures seulement après l’attentat du 18 juillet, le président syrien a voulu montré qu’il était toujours aux commandes. Il a depuis remanié sa « cellule de crise » chargée de la sécurité afin de remplacer les responsables tués et a dit à ses soldats mercredi, dans un message publié par la revue des forces armées, que leur bataille contre les rebelles scellerait le destin du pays.
Pour Fawaz Gerges, directeur du Centre du Proche-Orient à la London School of Economics, l’attentat du 18 juillet « a été un grand choc psychologique », mais la vitesse avec laquelle le président syrien a réorganisé son équipe de proches collaborateurs montre que « loin d’être une force inerte, l’appareil de sécurité fonctionne toujours ». « La seule préoccupation d’Assad en ce moment est de savoir comment écraser le soulèvement par des moyens militaires », poursuit Julien Barnes-Dacey, ajoutant que Bachar el-Assad pourrait rester silencieux simplement parce qu’il n’a rien à dire aux Syriens en ce moment. « Jusqu’à ce que le régime sente qu’il a repris le dessus, je ne pense pas que nous le reverrons. Son style et sa personnalité sont de ceux qui se présentent seulement en position de force, que ce soit avec son propre peuple ou avec la communauté internationale ».
(Source : Reuters)


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Nchallâh !
08 h 00, le 03 août 2012