Hillary Clinton prononçant son discours à l’université de Dakar. Photo Reuters
« Si quiconque doutait que la démocratie pouvait prospérer en Afrique, qu’il vienne au Sénégal. Les Américains admirent le Sénégal comme l’un des seuls pays d’Afrique de l’Ouest qui n’a jamais connu de coup d’État militaire », a-t-elle déclaré à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar après sa rencontre à huis clos avec le président Sall. « Nous nous tenons fermement derrière le peuple sénégalais qui a défendu sa démocratie et sa Constitution lors des dernières élections présidentielles », a-t-elle également dit.
La chef de la diplomatie américaine a vanté dans son discours la « résistance de la démocratie » sénégalaise qui se « duplique dans tout le continent », citant « le rétablissement de l’ordre constitutionnel au Niger et en Guinée », des « élections crédibles aux Bénin, Cap Vert, Liberia, Nigeria, Zambie et Togo. Merci au Sénégal d’être un modèle pour la région », a-t-elle lancé.
Mais, a souligné Mme Clinton, en dépit de ces « transitions apaisées et des élections couronnées de succès », il reste trop d’endroits sur le continent où la démocratie est menacée, les droits de l’homme violés et l’État de droit non respecté. « Trop d’Africains vivent toujours sous la coupe de dirigeants autocratiques », a-t-elle dit, citant notamment la crise au Mali voisin, où plusieurs dizaines d’épouses de soldats se sont physiquement opposées hier à des hommes armés, les empêchant d’arrêter leurs « maris », des militaires proches de l’ancien président malien Amadou Toumani Touré. « Gouverner comme dans le passé n’est plus acceptable », a martelé la chef de la diplomatie US.
Mme Clinton doit quitter Dakar jeudi matin pour se rendre dans le plus jeune État du monde, le Soudan du Sud, qui a fêté le 9 juillet dernier le premier anniversaire de son indépendance. Mme Clinton est ensuite attendue en Ouganda, malgré la présence du virus Ebola dans la capitale Kampala. Elle se rendra également au Kenya pour y parler des élections programmées en 2013 et devrait s’entretenir avec le président sortant de Somalie, Sharif Cheikh Ahmed, candidat à sa succession. La Somalie où l’Assemblée constituante somalienne, réunie depuis le 25 juillet à Mogadiscio, a adopté hier, malgré une tentative de double attentat-suicide, une nouvelle Constitution provisoire, étape cruciale du processus visant à y rétablir une autorité centrale.
Hillary Clinton bouclera son voyage par le Malawi et l’Afrique du Sud du 5 au 9 août. Une dernière étape a été ajoutée le 10 août au Ghana, jour des funérailles nationales du président John Evans Atta Mills, décédé soudainement le 24 juillet.
(Sources : rédaction et agences)

