Moyen Orient et Monde

Commémorer Wallenberg...

Holocauste
OLJ
02/08/2012
La Hongrie, bien qu’elle ait décrété 2012 « Année Raoul Wallenberg », a du mal à célébrer le centième anniversaire de la naissance du diplomate suédois qui a sauvé des dizaines de milliers de juifs hongrois de l’Holocauste, avant de disparaître dans les geôles soviétiques.
« Raoul Wallenberg est le symbole du sauvetage humain de l’Europe et de la Hongrie d’antan. Il est l’humain au sein de l’inhumain, et la Hongrie chérit la mémoire du diplomate suédois martyr », a toutefois déclaré le secrétaire d’État responsable de « l’Année Wallenberg », Zsolt Németh. Raoul Wallenberg a été vu vivant pour la dernière fois le 17 janvier 1945 à Budapest, en compagnie de trois officiers soviétiques : « Je ne sais pas si je suis invité ou prisonnier » furent ses dernières paroles, selon le site hongrois de la commémoration.
Raoul Wallenberg est l’un des tout premiers étrangers à être déclaré « Juste parmi les peuples » (1963). Il est le deuxième étranger, après Winston Churchill, chef du gouvernement britannique pendant le conflit mondial, à devenir « citoyen d’honneur » des États-Unis (1981). Il est aussi « citoyen d’honneur » du Canada (1985), d’Israël (1986) et de la Hongrie (2003).
Pour honorer sa mémoire, une statue Raoul Wallenberg sera inaugurée à Berlin ; à Stockholm, un mémorial, et à New York-Brooklyn, une Raoul Wallenberg Avenue. Des cérémonies auront lieu à Melbourne, Saint-Pétersbourg et Tel-Aviv, ainsi que devant la maison natale de Wallenberg à Stockholm-Lidingö.
Le président américain Barack Obama a d’ores et déjà rendu hommage à Wallenberg dans une déclaration solennelle : « Alors que les juifs étaient contraints à porter l’étoile jaune à Budapest, Raoul Wallenberg leur a donné la protection du drapeau suédois. Alors qu’ils devaient être déportés dans des trains, il les en a sortis. Alors qu’ils étaient contraints à des marches de la mort, il les a suivis, leur donnant à manger et de l’eau pour sauver leur vie. »
Sauf qu’en attendant, les incidents antisémites se sont multipliés récemment en Hongrie. La statue de Raoul Wallenberg à Budapest a ainsi été souillée avec des pieds de cochon en mai, alors qu’un monument à la mémoire des victimes de l’Holocauste était vandalisé avec des graffitis antisémites. Quant au président du Parlement hongrois, Laszlo Kövér, membre du parti Fidesz du Premier ministre conservateur, Viktor Orban, il est devenu persona non grata en Israël à cause d’un hommage à un écrivain hongrois, Jozsef Nyirö, membre du parti nazi des Croix fléchées pendant la Seconde Guerre mondiale. Pour la même raison, l’écrivain, Prix Nobel de la paix et survivant de l’Holocauste, Élie Wiesel, avait renvoyé en juin une décoration au gouvernement hongrois.
Dernier faux pas en date : la présence à Budapest depuis 17 ans de Laszlo Csatary, chef de la police du ghetto juif de Kosice, en Slovaquie, durant la Seconde Guerre mondiale, qui y coulait des jours tranquilles, malgré les informations sur son passé fournies il y a dix mois par le Centre Simon-Wiesenthal, basé à Jérusalem. Le centre, qui a permis par le passé de retrouver de nombreux criminels de guerre nazis d’envergure, dénonce le rôle de Laszlo Csatary, aujourd’hui âgé de 97 ans et assigné à résidence, dans la déportation de 15 700 juifs de Kosice.
(Source : AFP)

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G.F.

Cet homme admirable fut abandonné par son gouvernement et, à l'époque, par ses oncles, qui ne voulaient pas d'«histoires» et ne firent rien, serait-ce par peur, par opportunisme, pour le rechercher.

Selon les archives qui furent ouvertes à la fin de l'URSS, Wallenberg serait mort dans les années 90 après des années dans les prisons soviétiques.
Mais le mystère demeure aujourd'hui encore et la Russie n'est pas prête à faire preuve de transparence.

L'épouse de Kofi Annan, Nane, née Wallenberg, est sa nièce.

Elle oeuvre au sein d'une Fondation portant le nom de son oncle.

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