Les bombardements et combats à Alep ont jeté sur les routes quelque 200 000 personnes, selon l’ONU, la Commission européenne parlant de « tragédie humanitaire ». Pierre Torres/AFP
Des combats ont éclaté par ailleurs près du siège des puissants renseignements aériens, dans le quartier d’al-Zahra, ainsi qu’à la périphérie du quartier Salaheddine, principal bastion rebelle assiégé par les troupes régulières. Mais alors que l’armée syrienne pilonnait la ville chaque jour depuis l’ouverture du front d’Alep le 20 juillet, aucun bombardement n’a été entendu depuis hier matin. L’armée avait lancé une vaste offensive samedi après l’arrivée de renforts militaires dans la ville. À Bab Nairab, des accrochages ont opposé les insurgés « à des hommes armés du clan Berri », farouches partisans du régime, selon Rami Abdel Rahmane, président de l’OSDH. Le fait que le régime permette à ces clans sunnites de participer aux combats aux côtés de l’armée « signifie qu’il veut entraîner le pays dans une guerre civile », selon lui.
En outre, les combats ont repris à Damas. Les accrochages ont eu lieu notamment dans le quartier de Kafar Soussé après une attaque rebelle aux roquettes contre un barrage de l’armée.
Au niveau politique, l’opposant Haytham al-Maleh a annoncé hier au Caire avoir été chargé par une coalition de Syriens « indépendants sans affiliation politique » de former un gouvernement en exil, qui sera basé dans la capitale égyptienne. « J’ai été chargé de diriger un gouvernement de transition (...) et de commencer les consultations » avec l’opposition en Syrie et à l’étranger, a-t-il affirmé. M. Maleh, âgé de 81 ans, est un avocat et défenseur des droits de l’homme qui a passé plusieurs années en prison. Il a expliqué la décision de former un gouvernement par la crainte d’un « vide » en cas de chute du président Bachar el-Assad. « Nous ne voulons pas nous retrouver dans une situation de vide politique ou administratif. Cette phase nécessite une coopération entre toutes les parties », a-t-il dit. Aussitôt cette annonce faite, le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l’opposition, a jugé prématurée la formation d’un gouvernement en exil et estimé qu’elle affaiblissait l’opposition syrienne. « La formation d’un gouvernement en exil est une décision hâtive et nous aurions souhaité qu’elle n’ait pas lieu. Elle affaiblit l’opposition syrienne », a ainsi déclaré le président du CNS, Abdel Basset Sayda.
Le régime syrien a par ailleurs accusé le coup de deux nouvelles défections hier. Il s’agit de Khaled al-Ayoubi, chargé d’affaires à Londres et plus haut diplomate syrien en poste au Royaume-Uni, et de Mohammad Houssam, consul de Syrie en Arménie. Selon Erevan, M. Houssam s’est envolé pour Dubaï.
Sur le plan humanitaire, les bombardements par hélicoptères et à l’artillerie lourde à Alep ont jeté sur les routes ces deux derniers jours quelque 200 000 personnes, selon l’ONU. L’ONG française Médecins du monde a pour sa part appelé les belligérants à respecter les règles de droit en période de guerre, les accusant de ne pas protéger civils et blessés, d’empêcher les médecins de travailler et de bombarder les hôpitaux. De son côté, l’Organisation de la coopération islamique a souligné que la crise humanitaire en Syrie a pris une telle ampleur qu’il faudrait débloquer au moins un demi-milliard de dollars pour répondre aux besoins de la population. Et la Commission européenne a réclamé des « trêves » dans les combats en Syrie, où se déroule « une tragédie humanitaire », afin de permettre l’évacuation des blessés et des civils.
Depuis mars 2011, plus de 20 000 personnes ont péri dans les violences, selon une ONG syrienne. Lundi, 93 personnes ont été tuées, dont 41 civils, 33 soldats et 19 rebelles. D’après l’OSDH, plus de 300 personnes, en grande majorité des civils, ont été tuées à Deir ez-Zor en juillet.
(Sources : agences
et rédaction)


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