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Moyen Orient et Monde - Le Point

Navigation à vue

Sur la photo, l’impeccable alignement des tentes est impressionnant ; surtout il fait peine à voir. Le camp de Zaatari, non loin de la frontière avec la Syrie, a déjà reçu 5 000 réfugiés syriens ; le nombre pourrait passer très vite à 130 000, soit l’immense majorité des quelque 150 000 personnes qui ont quitté Damas, Alep, Homs, Deraa et tant d’autres localités pour des lieux plus sûrs. À Ribaa Sarhan, le village de toile aménagé il y a plusieurs mois demeure inoccupé, mais les autorités prévoient de le rouvrir incessamment, ce qui permet de supposer que le flot d’arrivants n’est pas près de se tarir.
La Jordanie croulait déjà sous le poids des Palestiniens qui avaient quitté leur pays à partir de 1948. Selon les chiffres fournis par l’Unrwa, l’organisme onusien qui prend en charge les plus démunis d’entre eux, ils représentent près de 40 pour cent de la population, soit 2 328 308 personnes, dont 20 pour cent vivent toujours dans des tentes. Le royaume s’était trouvé confronté à une nouvelle vague de ressortissants arabes, irakiens cette fois, fuyant la guerre qui ravageait leur pays, puis une guerre civile qui se poursuit, implacable, mettant aux prises sunnites et chiites. Au fil des dix-sept derniers mois, c’est maintenant au tour des voisins syriens de prendre le chemin d’un exil dont nul pour l’heure ne saurait prévoir la durée.
Le roi Abdallah II a beau se montrer rassurant – « Toutes les mesures ont été prises pour préserver la stabilité », a-t-il annoncé lors d’un Conseil des ministres tenu à la fin de la semaine dernière –, ses sujets ne cachent pas leur inquiétude. Ils ont bien raison, alors que l’avenir s’annonce sous des jours rien moins que radieux avec un « printemps arabe » qui menace à tout moment de faire une irruption qui pourrait se révéler dévastatrice, une économie en équilibre précaire malgré notamment la générosité du protecteur américain, enfin un mécontentement social exploité, comme on pouvait s’y attendre, par les mouvements islamistes, particulièrement actifs ici, comme ailleurs dans le monde arabe.
Reconnu officiellement en 1992, après l’adoption de la Charte nationale, le Front d’action islamique, qui représente l’aile politique des Frères musulmans, observe une attitude équivoque, se présentant comme formation opposante mais soutenant dans le même temps la monarchie constitutionnelle, suivant le principe dit de l’opposition pacifique, une notion dont il faut croire qu’elle est propre au monde arabe. Apparemment, l’ambiguïté semble convenir aux deux parties puisque, en 1970, le roi Hussein n’avait pas hésité à porter son choix sur Ishaq Farhane, le guide des Ikhwane, pour le portefeuille éminemment stratégique de l’Éducation. Quarante ans plus tard, changement de ton : les Frères décident de boycotter les élections législatives pour protester contre le mode de scrutin en vigueur, dit « une personne, une voix ». À ce jour, aucune solution n’a pu être trouvée, mais le FAI, pour on ne sait quelle(s) raison(s), a renoncé à son boycott, préférant plutôt recourir à une tactique qui a fait ses preuves notamment en Tunisie et en Égypte : on prend ce qui est offert, quitte à réclamer davantage, et, plutôt que le choc frontal, opter pour les moyens détournés.
C’est dire si le souverain hachémite doit faire preuve d’un incontestable talent de « slalomeur » pour naviguer entre les écueils qui semblent s’être multipliés ces derniers temps. Ce fut d’abord des manifestants contre la vie chère qui ont débuté dès les premiers soubresauts tunisiens puis égyptiens. Ce fut ensuite les appels à des réformes dont les auteurs n’allaient pas toutefois jusqu’à remettre en cause l’autorité du roi. Ces dernières semaines, un nouveau pas a été franchi dans cette escalade qui ne veut pas dire son nom avec des revendications de plus en plus hardies auxquelles la Cour a répondu par des gestes jugés trop timides. Dans le même temps, le pouvoir a opéré un début de repli que l’on pourrait qualifier de tactique. S’agissant de la Syrie, il n’est plus question désormais de plaider, comme il y a quelques mois, pour la chute du président syrien mais plutôt de faire preuve d’une nette réserve face à la montée en puissance d’el-Qaëda. Petit extrait de l’interview royale accordée à la chaîne de télévision CNN : « Si un départ de Bachar el-Assad est susceptible de mettre fin à la violence et de favoriser une transition politique, cela représenterait un moindre mal. » Un petit temps d’arrêt, puis cette question : « Mais avons-nous atteint ce stade ? Je n’ai pas de réponse à une telle question. »
En attendant, certains dirigeants de la rébellion syrienne présents à Amman sont invités à se faire discrets quand ils ne sont pas, comme Omar el-Hariri, alias Aboul Tayyeb, remis à Damas. Nul n’irait jusqu’à qualifier d’infaillible la technique. Mais elle a permis à ces quelques arpents de sable et de ronces octroyés alors au
Hachémite Abdallah de résister plus d’un demi-siècle durant à toutes les vicissitudes. Qui dit mieux ?
Sur la photo, l’impeccable alignement des tentes est impressionnant ; surtout il fait peine à voir. Le camp de Zaatari, non loin de la frontière avec la Syrie, a déjà reçu 5 000 réfugiés syriens ; le nombre pourrait passer très vite à 130 000, soit l’immense majorité des quelque 150 000 personnes qui ont quitté Damas, Alep, Homs, Deraa et tant d’autres localités pour des lieux plus sûrs. À Ribaa Sarhan, le village de toile aménagé il y a plusieurs mois demeure inoccupé, mais les autorités prévoient de le rouvrir incessamment, ce qui permet de supposer que le flot d’arrivants n’est pas près de se tarir.La Jordanie croulait déjà sous le poids des Palestiniens qui avaient quitté leur pays à partir de 1948. Selon les chiffres fournis par l’Unrwa, l’organisme onusien qui prend en charge les plus...
commentaires (1)

Il faut relire Ben Gourion....le plan sioniste de destruction systématique des pays arabes issus des accords Sykes-Picot fonctionne à merveille... et les "arabes " en sont seuls responsables....

GEDEON Christian

06 h 57, le 31 juillet 2012

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Commentaires (1)

  • Il faut relire Ben Gourion....le plan sioniste de destruction systématique des pays arabes issus des accords Sykes-Picot fonctionne à merveille... et les "arabes " en sont seuls responsables....

    GEDEON Christian

    06 h 57, le 31 juillet 2012

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