Maintenant qu’elle est officiellement lancée dans « ses » Jeux depuis la cérémonie d’ouverture, la Grande-Bretagne guette le premier God save the Queen. Après avoir résonné sur les Champs-Élysées dimanche dernier, l’hymne britannique pourrait retentir dès samedi soir. Emmenée par les deux premiers du Tour de France qui vient de s’achever (Wiggins, Froome), l’équipe de cyclisme sur route fait figure d’épouvantail. Cette fois-ci, tout est axé autour de Mark Cavendish, le finisseur le plus rapide du monde. « C’est faisable. Mais je ne pourrais pas le faire seul. J’ai besoin de quatre parmi les coureurs les plus forts au monde pour m’aider. Et j’ai quatre parmi les coureurs les plus forts au monde avec moi », explique le sprinteur de l’île de Man, qui comptera également sur le support de David Millar et de Steve Cummings. Un parcours plus sélectif qu’il n’en a l’air. Le champion du monde est fringant. Sa 4e victoire d’affilée sur les Champs-Élysées atteste de sa forme. Mais tout ne sera pas si simple. D’abord, le parcours de 250 km n’a pas la platitude qu’on veut bien lui prêter. Après une longue promenade, les coureurs auront à couvrir neuf tours d’un circuit de 12 km qui comprend une bosse (Box Hill) de 2,5 km à 4,9 % de moyenne. « Il faut être convaincu que cela arrive au sprint. Lors du test event l’an dernier, les coureurs m’ont rapporté que les sprinteurs n’y étaient pas à la fête », confie Laurent Jalabert, le sélectionneur français. L’étroitesse de ces routes interdit de plus le moindre souci mécanique. « Il faudra être devant, car en cas de crash, vous serez bloqué à l’arrière », prévient Bradley Wiggins. Seul inconvénient, les 40 kilomètres pour revenir vers Londres et The Mall où est jugée l’arrivée sont extrêmement roulants. Trop peu pour contrôler ? Autre problématique, les équipes ne bénéficieront, pour les mieux loties, que d’un maximum de cinq coureurs. Court pour gérer une course de mouvements. « Les autres nations vont certainement nous regarder, admet Wiggins. Mais on ne s’en soucie pas trop, on est concentrés sur nous-mêmes. »
La Grande-Bretagne pourrait même trouver des alliés de circonstances comme l’Allemagne (Greipel, Degenkolb), l’Australie (Goss), voire les États-Unis (Farrar). Chaque sélection s’est ainsi gardé une solution en cas de sprint massif. C’est le cas de la France qui emmènera Arnaud Démare, aux côtés de Sylvain Chavanel et de Tony Gallopin (Mickaël Bourgain le pistard ne devant faire qu’acte de présence). Tout juste remis de pépins de santé, ces deux-là n’ont pas d’autre choix, comme Cancellara, Gilbert, Boonen, Evans, Nibali, que de durcir la course. Un tel scénario serait profitable à de petits malins tels Peter Sagan et Edvald Boasson Hagen. Mais pour cela, il faudra être capable de semer l’armada britannique. Cavendish annonce : « Les gars sont incroyablement loyaux et patriotiques. Ils veulent réellement le faire. » Les principaux engagés : Cavendish, Froome, Wiggins (G-B), Greipel (All), Sagan (Slq), Evans, Goss (Aus), Boonen, Gilbert (Bel), Valverde (Esp), Farrar (É-U), Nibali (Ita), Albasini, Cancellara (Sui), Chavanel (Fra), Boasson Hagen (Nor), Roche (Irl), Kolobnev (Rus), Brajkovic (Slo), Eisel (Aut), Vinokourov (Kaz), Hesjedal (Can).
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