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Moyen Orient et Monde - Irak

À Bagdad sous 50 degrés... on se douche dans la rue

Tous les moyens sont bons pour se rafraîchir. Ahmad al-Rubaye/AFP

Yacoub le livreur zigzague dans Bagdad, recroquevillé sur son diable. « C’est ramadan, je jeûne. C’est dur », souffle-t-il et plonge la tête sous une des « douches » installées sur le trottoir pour rafraîchir les Bagdadis accablés hier par des températures de 50 degrés. De « douches », les filets d’eau qui s’échappent de tuyaux d’arrosage disgracieux n’en ont que le nom. Peu importe, « ça fait du bien », s’exclame Yacoub, 53 ans.


Dans le quartier de Sinak, au centre de la capitale irakienne, des « douches » ont été installées spontanément par les commerçants environ tous les 200 mètres, à même le trottoir. Elles sont reliées à l’alimentation d’eau des magasins. « On a installé une “douche” juste devant mon magasin avec un ami. On s’est dit que ça permettrait aux passants de se rafraîchir un peu », explique Ammar Younès, du fond de son échoppe où se côtoient huiles, lubrifiants et désodorisants pour voiture à la fraise, à la menthe et aux fruits des bois...


Les Irakiens sont habitués aux étés torrides. De juin à septembre, le mercure oscille en journée autour des 45 degrés. Mais hier, il devait atteindre les 50 degrés à Bagdad, selon les services météorologiques irakiens. De quoi décourager plus d’un client, souligne Ammar Younès.


La hausse des températures a même poussé le Conseil des ministres à décréter un jour férié pour tous les fonctionnaires irakiens. Policiers, militaires et forces de sécurité ne sont pas concernés, dans un pays où, même si elles ont baissé depuis les terribles années 2006-2008, les violences restent monnaie courante. Lundi encore, une série d’attentats revendiqués par el-Qaëda en Irak a coûté la vie à 113 personnes, dont de nombreux soldats et agents de police, l’une des cibles privilégiées du réseau extrémiste. Au point de contrôle de véhicules de la rue Joumouriyah, le sergent Abbas, qui ne souhaite pas donner son nom de famille, dit ne pas être inquiet. Les « checkpoints » de l’armée sont fréquemment visés par les insurgés, mais, dit-il, « la pression vient plus de la chaleur, du bruit, des milliers de voitures » que de la peur. Le sergent a défait les premiers boutons de son uniforme. « Il fait chaud, c’est vrai. Nous devons être patients. Avec le ramadan, il faut attendre jusqu’au soir pour manger. Mais nous sommes bien entraînés, et puis nous servons notre patrie », lâche-t-il. À proximité, des enfants se passent la tête sous une douche dotée, elle, d’un véritable pommeau.

Yacoub le livreur zigzague dans Bagdad, recroquevillé sur son diable. « C’est ramadan, je jeûne. C’est dur », souffle-t-il et plonge la tête sous une des « douches » installées sur le trottoir pour rafraîchir les Bagdadis accablés hier par des températures de 50 degrés. De « douches », les filets d’eau qui s’échappent de tuyaux d’arrosage disgracieux n’en ont que le nom. Peu importe, « ça fait du bien », s’exclame Yacoub, 53 ans.
Dans le quartier de Sinak, au centre de la capitale irakienne, des « douches » ont été installées spontanément par les commerçants environ tous les 200 mètres, à même le trottoir. Elles sont reliées à l’alimentation d’eau des magasins. « On a installé une “douche” juste devant mon magasin avec un ami. On s’est dit que ça permettrait aux passants...
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