Amelia Hempleman-Adams soulève la flamme olympique sur « The London Eye », la grande roue londonienne située au bord de la Tamise. La fête olympique commence vendredi alors que planent l’ombre de la crise économique et sociale ainsi que les questions relatives à la sécurité. Leon Neal/AFP
Quelque 410 grammes d’or, d’argent et de cuivre... Les médailles olympiques accrochées au cou des glorieux lauréats jusqu’au 12 août auront la même apparence. Mais pas forcément le même poids.
Car au gré de la grande quinzaine olympique, Phelps, 27 ans, et Bolt, 25 ans, pourraient s’inviter parmi les géants du sport. Le nageur américain, déjà détenteur de 16 médailles (dont 8 en or décrochées à Pékin !), pourrait battre le record détenu par la gymnaste russe Larisa Latynina (18 médailles de 1956 à 1964).
Bolt, auteur d’un extraordinaire triplé (100 m 200 m, 4x100 m) en 2008, comme Carl Lewis en 1984 à Los Angeles, pourrait, lui, dépasser « King Carl » s’il rééditait une telle performance à partir du 5 août.
Mais pour accomplir pareil exploit, Phelps et Bolt devront d’abord vaincre « l’ennemi de l’intérieur ». Chez les nageurs américains, Ryan Lochte a profité de la mise en retrait de Phelps après les JO de Pékin pour affirmer ses ambitions, jusqu’au retour du « maître », vainqueur (2-1) de leurs confrontations directes lors des sélections US, début juillet.
Au pays du cheval
L’écart est également ténu chez les sprinters jamaïquains. Et Yohan Blake abordera le grand moment des JO, la finale du 100 m, le dimanche 5 août, avec en poche la meilleure performance mondiale de l’année sur la distance reine (9 sec 75/100es), à 17/100es du record du monde détenu par... Bolt depuis les Mondiaux 2009 à Berlin.
Équitablement répartis entre les première (natation) et deuxième (athlétisme) semaines des JO, ces duels laisseront cependant un peu d’espace aux autres têtes d’affiche annoncées.
Outre Phelps et Lochte, la piscine de l’Aquatics Centre, plantée dans le Parc olympique, à l’est de Londres, devrait aussi résonner au son des exploits de l’Australien James Magnussen ou du Français Yannick Agnel, qui rêvent de rompre l’ordre établi.
Sur la piste du stade olympique, la « tsarine » Yelena Isinbayeva devrait continuer de planer sur la perche féminine, comme le Kényan David Rudisha sur 800 m ou l’Éthiopien Kenenisa Bekele, double champion olympique en 2008 à Pékin (5 000 et 10 000 m), et seulement qualifié sur 10 000 m à Londres. Le judoka français Teddy Riner, déjà détenteur de 5 titres mondiaux (un record), pourrait, lui, achever de construire un palmarès à la hauteur de son physique de colosse (2,02 m, 130 kg).
Organisés en Grande-Bretagne, ces JO devraient également mettre en lumière le cyclisme, sur piste, apanage des Britanniques à Pékin, et sur route, quelques jours après la victoire de Bradley Wiggins sur le Tour de France. Sans oublier la place particulière qu’occupent traditionnellement les compétitions d’équitation, auxquelles prendra part Zara Phillips, petite-fille de la reine Élisabeth II.
Météo, transports, sécurité
La « Dream Team » américaine de basket-ball, malgré les forfaits de Dwyane Wade ou Derrick Rose, sera elle aussi une vedette incontournable. Tout comme l’Italienne Valentina Vezzali, qui visera un 4e titre en fleuret. Jusqu’à ce jour, seuls deux athlètes ont décroché quatre titres olympiques dans la même épreuve individuelle, dont Carl Lewis au saut en longueur. Mais la préoccupation majeure des Britanniques en général, et des Londoniens en particulier, tourne autour de la météo, qui a battu des records de pluviométrie au cours des trois derniers mois, notamment à l’occasion du très arrosé jubilé de la reine début juin.
Un temps capricieux pourrait perturber les compétitions disputées en extérieur, notamment l’athlétisme. Un brin fatalistes, les organisateurs ont commandé des « ponchos » par milliers pour permettre aux spectateurs détenteurs de l’un des 8,8 millions de billets mis en vente de rester au sec.
L’autre point d’interrogation concerne les transports londoniens, incertains en temps ordinaires et qui risquent d’être pris d’assaut par des millions de spectateurs.
Enfin, les questions relatives à la sécurité ont alimenté la polémique au cours des dernières semaines, après que la faillite d’une société privée a obligé le gouvernement britannique à rappeler 3 500 militaires supplémentaires pour assurer la surveillance des JO, quarante ans après les Jeux de Munich, endeuillés par la mort de 11 athlètes israéliens, victimes d’un commando de l’organisation Septembre noir.
Météo, transports, sécurité... Ces trois épines pointent vers les JO de Londres. Mais les 10 490 athlètes engagés rêvent de les écarter.
©AFP


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve