Des soldats syriens, vendredi 20 juillet 2012, dans le quartier de Midane, à Damas. AFP/LOUAI BESHARA
Les corps de trois rebelles gisent, ensanglantés, près d’un pick-up surmonté d’une mitrailleuse lourde et d’un véhicule doté d’un lance-roquettes, tous deux incendiés sur la place Assakhané à Midane, un quartier de Damas repris à l’aube par l’armée loyaliste.
C’est à ce rond-point qu’ont eu lieu les combats les plus violents avec les rebelles, explique un militaire. Une fumée noire s’échappe encore de plusieurs appartements totalement dévastés. Sur les murs, les slogans des rebelles : « Les révolutionnaires protègent Midane », « Homs est forte, Deir ez-Zor saigne », « Nous ne nous mettrons pas à genoux », et à l’entrée d’une habitation est inscrit : « Comité de coordination de Midane ».
Pour la première fois, hier, des journalistes ont été conduits par les militaires dans ce quartier populaire du sud de Damas à bord de deux transports de troupes blindés. La chaussée est recouverte de douilles de tout calibre, l’air sent la poudre, le minaret de la mosquée al-Majid est troué par un obus : la bataille a été féroce entre les rebelles et l’armée loyaliste.
Devant cette mosquée, d’où chaque vendredi partaient les manifestations contre le régime, deux blindés sont stationnés. À côté, l’étal d’un marchand de légumes est renversé et des tomates, des oignons et des pommes de terre pourrissent sous le soleil de plomb. Les magasins sont fermés et le mot « grève » a été effacé vraisemblablement par les militaires. D’autres magasins ont été saccagés et donnent le sentiment que les commerçants ont fui brusquement sans même avoir le temps de fermer leurs échoppes : ici, une chaussure de sport abandonnée dans la rue jonchée de bris de verre, là, les façades d’immeubles criblées de balles ou trouées par des obus.
« Nos valeureuses forces armées ont nettoyé totalement la région de Midane à Damas des résidus des terroristes mercenaires et y ont rétabli la sécurité », a indiqué la télévision d’État alors que l’armée a lancé une contre-offensive dans des quartiers rebelles de Damas. La télévision a ensuite donné la parole aux soldats. « Nous avons nettoyé Midane de ces salauds », a lancé un jeune soldat. « Notre moral est au plus haut, nous allons ramener l’espoir à la Syrie », dit un autre, alors qu’un de ses frères d’armes fustige : « Américains et Occidentaux (qui) ne pourront prendre une parcelle de la Syrie. »
C’est à ce rond-point qu’ont eu lieu les combats les plus violents avec les rebelles, explique un militaire. Une fumée noire s’échappe encore de plusieurs appartements totalement dévastés. Sur les murs, les slogans des rebelles : « Les révolutionnaires protègent Midane », « Homs est forte, Deir ez-Zor saigne », « Nous ne nous mettrons pas à genoux », et à l’entrée d’une habitation est inscrit : « Comité de coordination de Midane ».Pour la première fois, hier, des journalistes ont été conduits par les militaires dans ce...

