Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, prépare pour le 25 juillet un plan de sauvetage de la filière automobile. Charles Platiau/Reuters
L’annonce par le premier constructeur automobile français d’un plan de restructuration prévoyant la suppression de 8 000 postes en France et la fermeture de l’usine d’Aulnay, dans la banlieue nord de Paris, a provoqué la colère des autorités politiques aux commandes depuis deux mois. Le président François Hollande a jugé que le plan de restructuration était « en l’état inacceptable » et devait être « renégocié ». Il a accusé la direction de PSA de « mensonge » en lui reprochant d’avoir reporté l’annonce du plan à l’après-présidentielle. « Nous avons un vrai problème sur la stratégie de Peugeot », a pour sa part déclaré le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg avant un huis clos orageux avec le patron du groupe, Philippe Varin.
Le ministre prépare pour le 25 juillet un plan de sauvetage de la filière automobile, fleuron pâlissant d’une industrie française en perte de vitesse. Le projet auquel il travaille est d’accorder un « soutien massif » des autorités aux véhicules « innovants et propres », alors que Renault fait de l’électrique un axe majeur de son développement, tandis que PSA Peugeot Citroën privilégie l’hybride. Une manière donc de favoriser les constructeurs français. Mais le gouvernement exigera des « contreparties » des constructeurs, a averti M. Montebourg.
Le ministre, moqué à droite pour sa posture volontariste sur le front de l’emploi pas encore couronnée d’effets, a été durement critiqué hier par l’ancien Premier ministre François Fillon pour son comportement envers la direction de PSA. « Quelle est cette attitude qui consiste à taper sur une entreprise, à la dénoncer, à émettre des soupçons, alors que cette entreprise est aux premières loges dans le combat de la mondialisation ? » a lancé M. Fillon. « Les adversaires de Peugeot, ce sont les autres entreprises automobiles du monde », et l’attitude du gouvernement est « irresponsable », a-t-il ajouté. « Mettre à ce point en cause l’image d’une entreprise (...) pour le plaisir d’expliquer que ça ne peut être que la faute d’un patron, comme on dit au PS, c’est menacer en fait des milliers d’entreprises, des milliers d’emplois », avait accusé le secrétaire général de l’UMP Jean-François Copé, peu de temps auparavant sur France 2. « Je dis attention ! M. Montebourg est en train de porter atteinte à notre économie », a poursuivi Jean-François Copé, en raillant l’intitulé du portefeuille de M. Montebourg, ministre du Redressement productif : « Pour l’instant, il n’est pas en train de redresser grand-chose. »
La famille Peugeot, héritière du fondateur et marquée par une culture protestante, possède encore 25 % du capital du groupe où est entré cette année l’américain General Motors pour 7 %. « Nous sommes bien conscients de la gravité du plan » de suppression de postes, a admis M. Peugeot. « Nous avons des valeurs d’humanisme et de respect (qui seront) appliquées » dans sa mise en œuvre, a-t-il assuré, ajoutant que PSA, « très attaché » à son ancrage en France, était néanmoins dans l’obligation de s’adapter au marché.
Interrogé sur la possibilité d’une OPA sur PSA, M. Peugeot a répondu que « tout est possible », en se disant « inquiet » de la chute du cours de Bourse. Ce dernier a chuté de 18 % depuis l’annonce du plan, mais rebondit depuis mercredi. Les syndicats de PSA ont appelé de leur côté à un rassemblement le 25 juillet devant le siège du groupe à Paris à l’occasion d’un comité central d’entreprise sur le plan de suppressions d’emplois.
(Source : AFP)


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