M. Berry avec de jeunes Libanais de la diaspora. Photo Hassan Ibrahim
Tout en soulignant l’importance de l’affaire de l’enlèvement des onze pèlerins à Damas, il s’est interrogé sur le point de savoir si le blocage de la route de l’aéroport ou d’autres voies permet de les libérer. « Ceci n’est pas une culture d’État, mais une culture de communautés, de tribus et de non-État. Je ne dis pas qu’ils (les protestataires) n’ont pas raison, mais j’estime que les moyens qu’ils emploient sont stériles », a ajouté le président de la Chambre.
À la question de savoir pourquoi l’État n’exerce pas son autorité en appliquant la loi, il a répondu que « la situation échappe à son contrôle ». « Mais il n’est pas permis que chacun dans ce pays essaie d’obtenir son droit par ses propres moyens. Nous donnons l’impression que les Libanais croient que l’État ne défend leurs droits que s’ils ont recours à ce genre de comportement insupportable ». Un comportement qu’il a cependant essayé d’expliquer en estimant que « la mosaïque communautaire que représente la société libanaise ne connaît pas les solutions médianes ».
Présentant celle-ci comme « une source de richesse et un véritable creuset humain », M. Berry a rappelé son appel permanent à l’abolition du confessionnalisme politique, avant d’affirmer que celle-ci doit maintenant s’appliquer au monde arabe aussi.
L’impact de la guerre syrienne
Concernant le dossier syrien, le président du Parlement a souligné l’impact négatif de la guerre en Syrie sur les plans économique et géographique. « Le Liban n’a pas beaucoup de frontières. Il y a celle du Sud où l’ennemi israélien continue d’occuper une partie de notre territoire, une autre, la plus longue, avec la Syrie mais désormais fermée, et la mer. À mon avis, il faut que tous les Libanais apprennent à nager », a-t-il plaisanté, en indiquant, plus sérieux, que le Liban n’a pas pu exporter ses fruits cette année. Il a ensuite expliqué les raisons pour lesquelles Beyrouth a choisi de suivre une politique de distanciation par rapport à ce qui se passe dans le pays voisin.
Prié de commenter ses relations avec le Premier ministre Nagib Mikati et le chef du bloc parlementaire du Changement et de la Réforme, Michel Aoun, il a qualifié d’excellents ses rapports avec le premier, « en dépit de certaines divergences de vues liées au fait que le gouvernement y va trop lentement sur certains points ». Pour ce qui est du bloc aouniste, M. Berry a indiqué que « tout allait bien jusqu’à l’épisode des journaliers de l’EDL au Parlement ». Il a défendu le texte adopté par la Chambre au grand dam du gouvernement et plus particulièrement du ministre de l’Énergie et de l’Eau, Gebran Bassil, arguant de la souveraineté de la Chambre et du fait que celle-ci a le droit de modifier les textes qui lui sont soumis par l’exécutif. L’expression qu’il a employée pour illustrer ses propos est très significative : « La loi nous parvient comme un cochon et nous en faisons des saucissons. »
Boycottage aouniste
Plus tard dans la journée, le président du Parlement a reçu un groupe de jeunes émigrés libanais qui participent à un camp au Liban. Devant eux, il a mis l’accent sur l’unité des Libanais et sur l’importance des Libanais de la diaspora.
Comme chaque mercredi, il a également reçu les députés avec qui il a débattu de divers sujets d’actualité, notamment de la loi sur les loyers.
Il est intéressant de noter dans ce contexte que les députés du bloc aouniste continuent de boycotter ces séances auxquelles ils prenaient part chaque mercredi. Les audiences du mercredi se limitent désormais aux blocs d’Amal et du Hezbollah, du moment que les députés de l’opposition les boycottent également depuis des années.


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Initié par la fermeture du Parlement !
09 h 53, le 19 juillet 2012