Et Chantôme,
c’est du poulet ?
Reste à savoir quel rôle attend le piccolo Marco au sein du système d’Ancelotti. Pour le moment, voici la liste des milieux de terrain en concurrence pour une place dans le milieu à trois de Carletto : Motta, Sissoko, Matuidi, Bodmer, Chantôme, Pastore. Soit six milieux pour trois postes, ce qui n’est ni trop ni trop peu. Les postes sont doublés, et avec les blessures passées récurrentes (et suspensions) d’un Motta ou d’un Sissoko, c’est plutôt bien pensé. On imagine donc bien Ancelotti placer progressivement Verratti au centre de ce milieu, épaulé par deux gardes du corps chargés de le protéger, à la façon d’un « quarterback ». Cela pourrait prendre quelques mois voire quelques années, mais à terme, l’idée est là. À Pescara, ses ouvertures dans le dos des défenses italiennes ainsi que ses variations de jeu ont fait des merveilles : c’est indéniable, le gamin est très doué et Paris fait peut-être le coup du siècle. En faisant venir une jeune pépite d’un autre pays, on a du mal à s’empêcher de penser que les Qataris rêvent de faire avec Verratti ce que le Barça a fait avec Messi (sachant qu’en Italie, on est encore un espoir à 25 ans, c’est un peu comme si Verratti avait 13 ans, non ?). Mais quid de Pastore dans l’axe ?
Au vrai, celui qui devrait a priori sauter et laisser sa place au jeune Italien est donc Clément Chantôme. Et c’est là que surgissent les problèmes. Chantôme a longtemps représenté les espoirs du Parc. Le type de la maison qui était censé porter très haut les couleurs de la formation parisienne. Ce milieu box to box qui joue avec du sang, de la sueur et des larmes. Celui qui, formé face aux puissants milieux défensifs de la Ligue 1, s’est fait un nom grâce à sa grinta et son jeu stakhanoviste. Sergueï Chantôme, quoi. Mais la réalité est implacable : le PSG préfère aujourd’hui miser douze millions sur un jeune inconnu venu d’une autre planète (la série B) que l’on surnomme « le Hibou » et, quelque part, c’est sacrément dommage. On commençait à s’en douter, mais Chantôme ne sera donc, sans doute, jamais le Steven Gerrard du Parc.
La question de l’identité parisienne
Tout grand club a besoin d’une identité forte, et Paris a déjà paumé une bonne partie de la sienne avec la disparition des virages. On peut aujourd’hui affirmer que le tournant pris par le mercato parisien semble vouloir dire que ce PSG sera finalement bien déconnecté de ses racines, pour le meilleur et pour le pire. Pour le meilleur car, lorsque l’on signe les tout meilleurs joueurs de la planète, au Real ou à Paris, il de doit pas y avoir de « mais ». Faire venir Thiago Silva et Zlatan Ibrahimovic, cela relève du chef-d’œuvre. Mais pour le pire aussi car, lorsque l’on choisit de donner du temps et de l’argent à un espoir étranger plutôt qu’à des joueurs confirmés de la maison (Bodmer, Chantôme), on prend le risque de s’éloigner un peu plus de ce qu’est le PSG : le club de Paris, mais surtout des Parisiens. La principale marque identitaire de Paname était son public. Grandiose, vibrant, cosmopolite et passionné, il faisait venir les touristes et fascinait les experts. Aujourd’hui, le Parc n’est plus le même, le staff est tout neuf, l’équipe est toute neuve et le jeu est tout neuf. S’ils ne sont pas responsables de ce qu’est devenu le Parc, à vouloir tout recommencer à zéro, les Qataris semblent oublier la raison qui les avait fait venir : la passion.
Voir Lavezzi jouer avec la tour Eiffel sur le cœur, c’est beau. Mais c’est surtout tout nouveau. Et si ce PSG entre dans une nouvelle dimension, la direction que prend son mercato semble montrer que l’équipe construite par Leonardo entrera dans l’histoire plutôt en tant que Parigi qu’en tant que Paris. Donnez-lui le nom que vous voulez : Paris Italy, Pizza Paris, Pasta Paris, Paris-Santo-Germano. Mais avec Thiago Silva, Sirigu, Motta, Verratti, Lavezzi, Sissoko, Pastore, Maxwell, Menez et Ancelotti sur le banc, il ne faut pas nous faire croire que l’on parle français sur le terrain. Et cela n’a finalement rien d’étonnant : Leonardo a ses contacts et la série A reste le championnat qu’il connaît le mieux, tout comme Ancelotti. D’ailleurs, cela n’est pas « mauvais » en soi et la Ligue 1 a des choses à apprendre du Calcio A. Mais cela n’enlève rien au fait que cette équipe est à présent nouvelle et différente de ce que l’on pouvait attendre. Et ses victoires seront donc accompagnées par un sentiment nouveau, et différent. Le PSG de Sakho, Chantôme, Jallet, Nenê et Bodmer aurait pu être beau, lui aussi. Ici, c’est encore Paris ?


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef