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Liban - Éclairage

Au-delà des déclarations rassurantes...

En dépit des déclarations rassurantes des responsables basées essentiellement sur les assurances internationales qu’ils reçoivent régulièrement sur le fait qu’il n’y aurait pas de décision pour déstabiliser le Liban, les nouvelles venues du terrain sont plus complexes. Un rapport sécuritaire précise que la tension actuelle, sur fond de susceptibilité confessionnelle et de problèmes sociaux qui se sont accumulés, place le pays sur une poudrière. Plusieurs éléments sont ainsi de plus en plus inquiétants. Il y a d’abord ce phénomène récemment apparu qui consiste à fermer les routes, organiser des sit-in et brûler des pneus, qui s’étend à plusieurs régions du pays. La pratique des enlèvements qui rappelle les pires années de la guerre interne ainsi que les escarmouches qui se produisent régulièrement dans certaines régions augmentent encore le climat d’insécurité. Face à ce terrain en pleine ébullition, la classe politique en général a l’air de vivre sur une autre planète, multipliant les déclarations enflammées, sans se rendre compte de l’impact qu’elles peuvent avoir sur le terrain. En même temps, les crises sociales à répétition et l’inaction du gouvernement font monter encore plus la grogne populaire, de nombreuses couches sociales ayant le sentiment que la situation est devenue intenable et qu’elles n’ont plus rien à perdre en agitant le spectre de la déstabilisation.
Dans ce contexte de troubles sociaux et confessionnels face à l’inertie officielle et la surenchère politique, la situation en Syrie constitue un facteur de déstabilisation non négligeable, surtout qu’elle s’installe dans la durée. Le dernier développement qui pourrait avoir une incidence importante sur l’intérieur libanais est l’entrée en jeu des camps palestiniens en Syrie dans le conflit en cours. Presque exclusivement peuplés de sunnites, les camps palestiniens de Syrie commencent à participer à la bataille interne et risquent d’avoir un impact destructeur, notamment dans la lutte confessionnelle qui se joue dans ce pays. C’est pourquoi les autorités syriennes songeraient à les pousser au départ soit vers la Jordanie, soit vers le Liban, dans le but de désamorcer cette bombe éventuelle.
Le rapport de sécurité rappelle à cet égard que l’incident qui s’est produit à Nahr el-Bared, il y a près de trois semaines, entre des soldats de l’armée et des éléments palestiniens n’était pas dû au hasard. En réalité, les Palestiniens voulaient pousser l’armée hors du camp de Nahr el-Bared qui abrite une crique, laquelle sert de port pour le trafic d’armes vers la Syrie. L’idée était donc de protester contre les mesures qualifiées de drastiques de l’armée aux entrées du camp pour l’empêcher de regarder de trop près ce qui se passe dans cette crique.
Par ailleurs, le rapport sécuritaire fait état d’un trafic régulier d’armes de la Libye vers le Liban et ensuite vers la Syrie. Selon le rapport, les armes arriveraient en pièces détachées et seraient rassemblées par des techniciens spécialisés. À ce sujet, le rapport révèle qu’une des personnes arrêtées par les services libanais avait installé un poste d’observation sur la route du Cocodi, peu avant l’aéroport. Ce qui permet de croire que ce lieu est aussi un point de passage important pour les armes et les combattants.
Le nouvel élément important repris dans le rapport porte sur les foyers d’el-Qaëda et de ses alliés islamistes au Liban. Jusqu’à récemment, ceux-ci étaient essentiellement installés dans les camps palestiniens, à Aïn el-Héloué notamment, où Isbet el-Ansar a encore un gros noyau. Mais depuis quelque temps, ces groupes sont en train de s’installer à Tripoli, au Akkar et dans certains quartiers à Beyrouth. Certes, pour ces groupes, le Liban est encore une base arrière et le plan actuel n’est pas de le transformer en scène de confrontation, mais leur présence n’en est pas moins un facteur de déstabilisation. D’ailleurs, des services de renseignements européens ont alerté les services libanais sur le voyage de 12 Libanais pour l’Afghanistan. Les services libanais font leur travail de surveillance, mais les tensions politiques leur lient de plus en plus les mains. Le rapport précise que les islamistes de Libye sont très actifs en direction du Liban et considèrent ce pays comme une étape vers la Syrie où ils souhaitent aider les combattants islamistes contre le régime. Si, jusqu’à présent, la situation reste acceptable, les activités des cellules islamistes étant essentiellement concentrées sur le terrain syrien, cette présence peut se transformer en bombe à retardement si les autorités libanaises restent aussi laxistes et continuent à se cacher la tête dans le sable, rassurées par les affirmations internationales d’appui à la stabilité du Liban... Il ne s’agit certes pas de jouer les Cassandre, mais en cette période particulièrement sensible, les Libanais sont appelés à une vigilance extrême, alors que les institutions publiques sont paralysées par les conflits internes et les considérations électorales qui hantent la classe politique dans son ensemble.
En dépit des déclarations rassurantes des responsables basées essentiellement sur les assurances internationales qu’ils reçoivent régulièrement sur le fait qu’il n’y aurait pas de décision pour déstabiliser le Liban, les nouvelles venues du terrain sont plus complexes. Un rapport sécuritaire précise que la tension actuelle, sur fond de susceptibilité confessionnelle et de problèmes sociaux qui se sont accumulés, place le pays sur une poudrière. Plusieurs éléments sont ainsi de plus en plus inquiétants. Il y a d’abord ce phénomène récemment apparu qui consiste à fermer les routes, organiser des sit-in et brûler des pneus, qui s’étend à plusieurs régions du pays. La pratique des enlèvements qui rappelle les pires années de la guerre interne ainsi que les escarmouches qui se produisent régulièrement...
commentaires (6)

Tres cher Scarlett, les Cassandres nous les avons joues depuis belle lurettes!!! Lorsque la plupart des partisans de la democracie et du "Liban d'abord", dans votre journal, ICI, n'arretaient pas de hurler haut et fort qu'il faut a tout prix que les armes, toutes les armes, soient remisent aux mains de l'armee, d'autre nous sortaient des excuses "resistantes" a l'odeur de traitrise n'arretant pas de nous rabattre les oreilles avec le danger Israel, comme quoi si l'armee detenait cet arsenal nous serons defaits, mais entre les mains du Hezbollah, tout va pour le mieux madame la marquise! Eh non, voila que tout va tres mal, le Liban s'enfonce dans le marasme et s'approche a grand pas vers de nouveaux risques grave allant des problemes economiques (La plus mauvaise gestion des affaires publiques jamais vu dans l'histoire du [pays), aux problemes sociaux (Comunautarismes encore plus prononce, clientelisme, corruption, etc...) aux risques de guerre civiles qui n'en sera plus une une fois le processus mis en marche. Il ne nous reste plus qu'a esperer que St Charbel et tous les autres saint Libanais prient suffisement fort pour nous sortir de cette situation.

Pierre Hadjigeorgiou

09 h 06, le 16 juillet 2012

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Commentaires (6)

  • Tres cher Scarlett, les Cassandres nous les avons joues depuis belle lurettes!!! Lorsque la plupart des partisans de la democracie et du "Liban d'abord", dans votre journal, ICI, n'arretaient pas de hurler haut et fort qu'il faut a tout prix que les armes, toutes les armes, soient remisent aux mains de l'armee, d'autre nous sortaient des excuses "resistantes" a l'odeur de traitrise n'arretant pas de nous rabattre les oreilles avec le danger Israel, comme quoi si l'armee detenait cet arsenal nous serons defaits, mais entre les mains du Hezbollah, tout va pour le mieux madame la marquise! Eh non, voila que tout va tres mal, le Liban s'enfonce dans le marasme et s'approche a grand pas vers de nouveaux risques grave allant des problemes economiques (La plus mauvaise gestion des affaires publiques jamais vu dans l'histoire du [pays), aux problemes sociaux (Comunautarismes encore plus prononce, clientelisme, corruption, etc...) aux risques de guerre civiles qui n'en sera plus une une fois le processus mis en marche. Il ne nous reste plus qu'a esperer que St Charbel et tous les autres saint Libanais prient suffisement fort pour nous sortir de cette situation.

    Pierre Hadjigeorgiou

    09 h 06, le 16 juillet 2012

  • Passionnant tout çà...mais bien sûr que les Libanais savent qu'on essaye de les pousser au pire....et ils freinent des quatre fers...mais bien sûr que nos politiciens,à une ou deux exceptions près,vivent sur la lune...mais bien sûr que la "carte" palestinienne n'est pas encore abattue...mais bien sûr que LES trafics d'armes ont repris de plus belle(d'ailleurs il faut quand même se poser une question... depuis le temps que çà dure,où sont elles passées tutes ces armes???)mais bien sûr que la "crise" syrienne fout le bordel chez nous....mais ,chère Scarlett,à la question posée il y a quelque temps sur les lignes rouges tracées par qui vous savez au moment de Nahr el Bared,vous n'avez pas apporté de réponse(s)...mais bien sûr aussi ,et grâce à Dieu,que les Libanais en ont marre de toutes ces conneries....et qu'ils ne la feront pas...la guerre...

    GEDEON Christian

    04 h 07, le 16 juillet 2012

  • Le principal facteur pour éviter une grave déstabilisation réside dans la prise de conscience de leur responsabilité et de la nécessité de modération, dans leurs discours et leurs déclarations, des chefs politiques, des ministres, des députés, des médias, des responsables des partis et des courants politiques de toutes les tendances. Des jours extrêmement difficiles s'annoncent au Liban, en répércussion d'évènements en Syrie encore de loin plus graves que ce qu'on a vu à ce jour. Il faut une mobilisation générale en vue d'une telle prise de conscience.

    Halim Abou Chacra

    03 h 26, le 16 juillet 2012

  • Chère, Très Chère Madame Scarlett Haddad, en tant qu'analyse, votre article est bien détaillé et objectif. Mais...comme d'habitude, je ne sais pas l'objectivité des sources auxquelles vous puisez. On brûle des pneus au Liban depuis que j'avais cinq ans. On kidnappe des gens pour ronçons depuis des décennies aussi, le top était durant la guerre civile. La fawda n'est point nouvelle, chacun s'abritant sous l'aile de son zaïm, vieille, très vieille histoire aussi. Les Palestiniens et autres fauteurs de troubles, que les FSI et l'Armée s'en occupent, sans aucune considération politique et ou d'appartenance. Mais... et encore...Mais... n'est-ce pas les armes qui appellent les armes ? Les kidnappings qui en appellent d'autres ? Les attentats qui causent l'insécurité ? Les obstructions des routes qui en appelle d'autres ? La Mainmise sur une région qui légalise la Mainmise sur une autre ? Et ainsi de suite... ? Mais, pas ainsi soit-il... ! Quand au Liban, les "MIRS" lâcheront leurs "dogues" et ne les supporteront plus, TOUS LES "MIRS", d'hier et d'aujourd'hui, héritiers et non héritiers, politiques ou non, alors l'AUTORITÉ DE L'ETAT et celle de son ARMÉE LÉGALE pourront être rétablies et le Pays connaître la sécurité, et le Citoyen la PAIX. Et le VIRUS confessionnel, exaspéré par les interventions des "MIRS" et leurs laquais, devrait prendre FIN ! par les soins d'un ETAT FORT ! Bonne Journée.

    SAKR LEBNAN

    02 h 49, le 16 juillet 2012

  • Tout cela est lamentable et porte a croire que nous allons droit vers la guerre...regionale peut-etre!

    Michele Aoun

    02 h 13, le 16 juillet 2012

  • Il est vraiment dommageable que Mme. Haddad n’ait pas Aussi sous la main, un "Autre Rapport Sécuritaire !" qui pourra évidemment nous "éclairer", et qui ferait état lui Aussi d’un trafic régulier d’armes de la Syrie et de l’Iran vers le Liban, et ce depuis TROIS si petites et Décennies !

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    22 h 45, le 15 juillet 2012

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