En ouvrant le sommet, le président en exercice de l’Union, le Béninois Thomas Boni Yayi, a ainsi exhorté ses membres à l’unité, faisant du scrutin devant élire le président de la commission de l’UA, un test de la capacité de l’organisation « à unifier » le continent africain. Malgré les exhortations de M. Boni Yayi, la lutte pour ce poste-clé risquait fort de conduire à une nouvelle impasse, le président sortant de la commission, le Gabonais Jean Ping et la ministre sud-africaine de l’Intérieur Nkosazana Dlamini-Zuma, maintenant fermement leur candidature et étant assurés de recueillir chacun au moins un tiers des suffrages. « En janvier dernier, nous avons échoué. À ce sommet nous n’avons plus le droit d’échouer », a lancé le chef de l’État béninois à la tribune. « Tout nouvel échec signifiera la division du continent », a-t-il ajouté.
Dans ce contexte, l’UA a assuré être « disposée à contribuer à la constitution d’une force régionale pour mettre un terme définitif aux agissements des groupes armés » dans l’est de la RDC, a de son côté affirmé M. Ping. Des soldats mutins se revendiquant d’un « Mouvement du 23 mars » (M23) ont retourné leurs armes ces derniers mois contre les forces régulières de RDC, auxquelles ils avaient été intégrés dans le cadre d’un accord de paix avec Kinshasa signé le 23 mars 2009, et conquis plusieurs localités de l’est du pays. Un rapport de l’ONU accuse en outre le Rwanda voisin de soutenir ces rebelles, ce que Kigali dément.
En marge du sommet, les chefs des États membres de la Conférence internationale sur la région des Grands lacs (CIRGL), une organisation régionale, se sont réunis hier et les présidents de la RDC Joseph Kabila et du Rwanda Paul Kagame ont accepté « le principe » de la mise sur pied d’une force internationale neutre afin « d’éradiquer » les rébellions actives dans l’est de la RDC et surveiller leur frontière commune. Le document demande aux États membres de la CIRGL de « travailler avec l’UA et l’ONU pour la mise en place immédiate d’une force internationale neutre pour éradiquer le M23 (...) et toutes autres forces négatives dans la région des Grands Lacs ». Aucun détail n’a toutefois pu être obtenu à ce stade sur l’articulation entre cette « force neutre » et les 17 000 militaires et 2 000 civils de la mission de l’ONU (Monusco) déployée depuis fin 1999, principalement déjà dans l’est du pays.
Deux autres présidents dont les États entretiennent des relations très tendues, ceux du Soudan du Sud et du Soudan, ont quant à eux suscité des applaudissements en se serrant chaleureusement la main à l’ouverture du sommet. Salva Kiir et Omar el-Béchir s’étaient déjà rencontrés samedi soir, pour leur première discussion directe depuis les combats frontaliers ayant amené leurs pays au bord d’une guerre ouverte en mars et avril, alors que plus tôt, une réunion du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA s’était achevée par une mise en garde aux autorités maliennes.
Le CPS les a en effet enjointes d’accélérer le processus de transition politique consécutif au coup d’État militaire de mars, pour présenter un front uni face aux rébellions, principalement islamistes, ayant conquis le nord du pays.
(Source : AFP)

