Le secrétaire d’État adjoint américain William Burns a rencontré ce week-end des responsables libyens pour discuter de la coopération bilatérale, notamment en matière de sécurité. « Un avenir stable et prospère en Libye repose sur la réalisation de progrès en matière de sécurité, (c’est-à-dire sur) la capacité de la Libye à sécuriser ses frontières, à contrôler les armes et à empêcher tout groupe de saper les progrès accomplis à ce jour », a déclaré M. Burns après une rencontre avec le Premier ministre libyen Abdelrahim al-Kib. « Il est vraiment dans l’intérêt de la Libye et des États-Unis de coopérer afin de répondre aux menaces contre la sécurité de la Libye », a-t-il dit. Les discussions ont également porté sur la coopération dans les domaines de la santé et l’éducation, selon M. Burns. Aucun contrat n’a été signé, mais le responsable américain a déclaré que les États-Unis avaient exprimé le souhait de coopérer avec les futurs dirigeants du pays, notamment dans le domaine militaire. M. Burns a qualifié par ailleurs les élections législatives du 7 juillet d’« étape décisive » dans l’instauration d’institutions démocratiques.
Les milices détiennent toujours des milliers de personnes, selon HRW
Human Rights Watch (HRW) a appelé les autorités libyennes à prendre les mesures nécessaires pour prendre sous leurs responsabilités les milliers de personnes encore détenues par des milices. Le Conseil national de transition (CNT, au pouvoir) « n’est pas parvenu à reprendre sous sa responsabilité les quelque 5 000 personnes détenues arbitrairement par des groupes armés et dont certaines font l’objet de tortures sévères après l’expiration du délai » en ce sens, indique HRW dans un communiqué. L’ONG basée à New York se réfère à une loi adoptée en mai qui stipule que les ministères de l’Intérieur et de la Défense doivent, d’ici au 12 juillet, « transférer tous les partisans de l’ancien régime devant la justice si leur culpabilité est prouvée ». La plupart des détenus sont des membres des forces de sécurité du régime déchu du colonel Mouammar kadhafi, d’anciens responsables gouvernementaux, des présumés mercenaires étrangers ou des migrants subsahariens, selon HRW. Les nouvelles autorités libyennes ont montré « peu de volonté politique » pour s’atteler au phénomène des groupes armés qui avaient combattu les forces de Mouammar Kadhafi, regrette HRW.
Contrats pétroliers en vue en Libye pour les entreprises étrangères
Le Premier ministre Abdelrahim al-Kib a prédit, dans un entretien à l’AFP, un avenir radieux pour les investissements étrangers en Libye surtout dans le secteur du pétrole où toute l’infrastructure est à reconstruire. Selon M. al-Kib, dont le cabinet n’avait pas les prérogatives pour signer de contrats majeurs en période de transition, l’infrastructure pétrolière existante ne permet pas d’augmenter substantiellement la production d’hydrocarbures en Libye. « Le plan est de tout refaire, et le travail sur l’infrastructure de l’industrie pétrolière et gazière est un domaine qui devrait déboucher sur plusieurs projets (...) afin que nous puissions augmenter les niveaux de production », a-t-il déclaré.
Le Premier ministre a encouragé par ailleurs les compagnies étrangères à investir dans d’autres secteurs de ce riche pays pétrolier assis sur les premières réserves d’Afrique. « Les opportunités d’investissements viennent facilement à l’esprit : le tourisme le long d’une côte de 2 000 km sur la Méditerranée, l’industrie du pétrole et du gaz, les compagnies aériennes, les infrastructures, le secteur de la santé, l’éducation », a-t-il indiqué citant également les technologies de communications et l’éducation. « Je vous garantis que quel que soit le secteur auquel vous pensez, il y a beaucoup de projets à réaliser », a ajoute M. al-Kib.

