Les Libyens ont réussi – et célébré – leurs premières élections libres. Gianluigi Guercia/AFP
Malgré des violences et des actes de sabotage de militants autonomistes dans l’Est, les Libyens ont réussi leur premier scrutin libre ce week-end après plus de quatre décennies de dictature sous le régime de Mouammar Kadhafi qui avait banni les élections. Les observateurs internationaux ont d’ailleurs qualifié ces élections de succès, même s’ils n’ont pu se rendre dans le sud désertique du pays toujours en proie à de violentes rivalités tribales. « Il est remarquable que quasiment l’ensemble des Libyens aient voté sans crainte ni intimidation », a ainsi déclaré hier Alexander Graf Lambsdorff, l’un des observateurs déployés par l’Union européenne, au cours d’une conférence de presse. Évoquant les cas de vols d’urnes et les manifestations signalées dans l’est du pays, il a jugé que « ces incidents ne remettent pas en cause l’intégrité de ces élections dans leur ensemble sur le plan national ».
Et peu après le scrutin, dans une allocution s’apparentant à un discours d’investiture, le chef de l’Alliance des forces nationales (libérale) Mahmoud Jibril a appelé les quelque 150 partis politiques du pays à l’unité. « Nous adressons un appel sincère pour un dialogue national, en vue de nous unir tous ensemble (...) sous une seule bannière, pour parvenir à un compromis, un consensus sur la base duquel la Constitution peut être rédigée et le nouveau gouvernement peut être formé », a déclaré M. Jibril. « Lors des élections (samedi), il n’y avait ni perdant ni gagnant. La Libye est le seul véritable vainqueur de ces élections », a estimé l’ex-Premier ministre du Conseil national de transition (CNT, au pouvoir). M. Jibril s’exprimait au cours d’une conférence de presse, quelques heures après que le secrétaire général de l’Alliance Faiçal el-Krekchi eut déclaré que la coalition était « en tête dans la plupart des circonscriptions électorales ». M. Jibril a toutefois indiqué que son parti « gardait le silence » et attendait les résultats officiels qui devraient être annoncés par la commission électorale.
Les premières estimations des partis portent sur les 80 sièges réservés aux listes des formations politiques dans la prochaine Assemblée qui compte 200 membres. Pour les 120 sièges réservés aux candidats individuels, la tendance devrait être la même, dans la mesure où une majorité des candidats sont soutenus par des partis politiques.
(Source : agences)


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