Le chef de l’Etat en compagnie de la délégation de l’ordre des journalistes. Photo Dalati et Nohra
Le président Sleiman a aussi défendu la politique de dissociation suivie actuellement par le gouvernement, en précisant qu’il s’agit d’un vieux concept qui repose sur la neutralité positive du Liban. Bien comprise, cette politique devrait permettre au Liban de traverser cette période délicate sans dommages. Il a ainsi déploré les incidents qui se multiplient un peu partout, ajoutant qu’ils ne devraient pas s’étendre, car il n’existe aucune décision, ni internationale ni interne, pour entraîner le Liban dans la tourmente.
Le chef de l’État a commencé l’entrevue en félicitant le Conseil de l’ordre pour son élection, ajoutant que par les temps qui courent, « nous craignons que chaque échéance électorale n’entraîne la division ». Il a ajouté qu’un grand dirigeant européen lui a déclaré un jour que le Liban a un système moderne, mais il a de vieilles racines. Le président Sleiman l’a répété : « La démocratie libanaise peut servir de modèle au monde d’aujourd’hui de plus en plus multiple et divers tout en étant ouvert, à cause de la mondialisation. » Le chef de l’État a précisé que tous les changements techniques et scientifiques doivent forcément s’accompagner de changements politiques. Dans ce contexte, le système libanais reste un des systèmes les mieux adaptés pour la gestion des problèmes qui touchent les citoyens, mais il doit donner lieu à une pratique plus saine que celle qui a lieu actuellement. Il ne doit pas être utilisé pour paralyser l’État, mais au contraire pour servir le bien-être des citoyens. Il a émis le souhait que les Libanais parviennent à l’avenir à mieux pratiquer leur démocratie, à la renforcer et à moderniser leurs lois, notamment la loi électorale, la loi sur la décentralisation administrative et la loi sur les syndicats.
Le président a encore déclaré qu’après les années de sacrifice, il espérait que l’heure de la récolte était arrivée. « Hélas, nous sommes en train de laisser passer cette chance, à travers des incidents mineurs qui ne servent personne mais nuisent au pays », a-t-il affirmé.
À ce sujet, le chef de l’État a longuement expliqué que même si nous voulons aider tel camp sur la scène arabe, les incidents au Liban ne lui profitent pas et ne profitent pas non plus à ses adversaires. Ils ont simplement pour résultat de nuire au Liban et de ternir son image. Le plus grand perdant dans ce genre d’actes est la patrie, alors que le Liban devrait être l’hôpital du Moyen-Orient, le centre de dialogue du Moyen-Orient, l’école du Moyen-Orient etc. Le président Sleiman a aussi invité les journalistes à remplir leur rôle en reflétant la réalité, mais aussi en essayant de l’interpréter de manière à servir l’intérêt général.
Pas d’ASL au Nord
En réponse à une question, le chef de l’État a insisté sur l’importance de la nouvelle loi électorale qui est essentielle pour la modernisation du système politique. Il a émis le souhait qu’elle soit achevée à l’avance au lieu d’attendre comme à chaque fois le dernier quart d’heure, ajoutant qu’il fait de son mieux dans ce but. En réponse à une autre question, il a vivement condamné les attaques contre l’armée, précisant toutefois que le fait de demander des comptes à des soldats dans l’exercice de leurs fonctions n’a rien à voir avec les critiques contre l’institution militaire. Le président a aussi condamné les approches confessionnelles à tous les niveaux et dans tous les domaines, y compris dans les lois et dans les nominations. Il a aussi affirmé être hostile à tout ce qui paralyse la démocratie. S’il y a des lacunes dans les lois, les institutions doivent assumer leurs responsabilités, mais le problème ne peut pas être réglé par le boycott, ni au Parlement ni au gouvernement.
Le président Sleiman a toutefois refusé de dire s’il compte renvoyer au Parlement la loi sur les journaliers de l’EDL, affirmant qu’il n’a pas encore reçu le texte et qu’il doit l’étudier. Il a enfin précisé n’avoir aucune information sur l’existence de camps d’entraînement pour l’opposition syrienne au Nord, ajoutant que l’État et l’armée en particulier surveillent le terrain et inspectent les lieux soupçonnés d’abriter des actions non autorisées. Concernant le sit-in de cheikh Ahmad al-Assir, le chef de l’État s’est contenté de dire que l’État remplira son devoir et agira de la façon qu’il jugera nécessaire pour rassurer les citoyens...


Le problème c'est qu'on a trop de Matadors !
10 h 09, le 06 juillet 2012