L’Autorité palestinienne confrontée à sa « pire crise financière »
L’Autorité palestinienne est confrontée à sa « pire crise financière » depuis sa création en 1994, a déclaré hier à l’AFP le ministre palestinien de l’Emploi, Ahmad Majdalani, qui a averti que si les pays arabes n’honoraient pas leurs promesses de dons, l’Autorité ne serait pas en mesure de payer les salaires de ses fonctionnaires en juillet et de rembourser ses dettes contractées auprès d’entreprises privées de Cisjordanie. « Il s’agit de la pire crise financière traversée par l’Autorité palestinienne depuis sa création », a affirmé M. Majdalani. « Les finances actuelles de l’Autorité palestinienne ne lui permettent pas de payer les salaires des fonctionnaires ce mois-ci et le mois de ramadan approche », s’est-il alarmé.
Samedi déjà, le comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) s’était aussi inquiété de l’état des finances du gouvernement palestinien en Cisjordanie. « Le comité exécutif appelle tous les États arabes frères à contribuer à trouver une solution à la crise financière à laquelle l’Autorité nationale est confrontée. La situation financière actuelle est pire que toutes les crises précédentes et nécessite une intervention rapide », déplorait le comité.Le gouvernement de M. Fayyad doit se réunir demain mardi pour discuter de la crise et des mesures à prendre pour y remédier.
Attaque par balles à Jénine : un député du Fateh blessé
Un député du Fateh, le mouvement du président Mahmoud Abbas, a été blessé par balles par des inconnus dans la nuit de samedi à dimanche à Jénine, dans le nord de la Cisjordanie. « C’était à l’évidence une tentative d’assassinat », a déclaré à l’AFP le député, Chami al-Chami, après avoir été transporté dans un hôpital local, blessé de deux balles aux jambes. Il a précisé avoir été attaqué alors qu’il rentrait chez lui en voiture.
Cette attaque est survenue alors qu’une vive tension règne à Jénine depuis le décès du gouverneur local, Qaddoura Moussa, qui a succombé à une crise cardiaque après des tirs contre la façade de sa maison en mai dernier. Ces tirs ont été imputés à une famille ulcérée par le refus des autorités d’ouvrir une enquête sur la mort d’un des siens lors d’une arrestation.
Manifestation contre des violences policières à Ramallah
Des jeunes militants palestiniens ont manifesté hier à Ramallah, en Cisjordanie, pour protester contre des violences policières lors d’un rassemblement la veille dans cette ville, siège de l’Autorité palestinienne. Plusieurs dizaines de protestataires ont dénoncé « le régime militaire » et réclamé « le retour à la liberté et la dignité nationale », selon un correspondant de l’AFP sur place.
Samedi après-midi, quelque 200 jeunes Palestiniens avaient défilé à Ramallah à l’appel des « Palestiniens pour la dignité », une organisation indépendante, pour réclamer l’annulation pure et simple d’une rencontre prévue dimanche entre le président palestinien Mahmoud Abbas et le vice-Premier ministre israélien Shaul Mofaz. Cette entrevue a été finalement reportée sine die en raison notamment du mécontentement populaire.
Lors de la marche, les forces de l’ordre palestiniennes avaient empêché les manifestants de s’approcher du complexe présidentiel de la Mouqata’a. Des heurts avaient alors éclaté et plusieurs jeunes participants avaient été battus, certains à coups de matraques, selon des témoins. Sept manifestants avaient été interpellés par des membres des services de sécurité en civil. Trois jeunes manifestants avaient été hospitalisés et trois journalistes agressés.
Un réseau de 16 ONG palestiniennes, représentant la société civile, a fait part dimanche de sa « profonde inquiétude » et dénoncé la répression policière.
Funérailles nationales pour Yitzhak Shamir aujourd’hui à Jérusalem
Le cercueil de l’ancien Premier ministre israélien Yitzhak Shamir, décédé samedi à l’âge de 96 ans, sera présenté aujourd’hui au public dans l’enceinte du Parlement à Jérusalem avant des funérailles nationales, a indiqué hier Yotam Yakir, un porte-parole de la Knesset.
Les ministres présents dimanche matin lors de la réunion hebdomadaire du gouvernement ont observé une minute de silence à la mémoire de M. Shamir. Selon un communiqué du bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu, la bière sera présentée aujourd’hui de 10h00 à 16h00 heure locale dans les locaux de la Knesset. Les funérailles nationales auront lieu à 18h00.
Yitzhak Shamir a été Premier ministre de 1983 à 1984 puis de 1986 à 1992. Auparavant il avait été président de la Knesset et ministre des Affaires étrangères. Retiré de la vie politique depuis 1996, il souffrait ces dernières années de la maladie d’Alzheimer et vivait dans une maison de retraite au nord de Tel Aviv. Hier, les médias locaux évoquaient un « homme de fer », partisan intransigeant du « Grand Israël » hostile à la moindre concession territoriale aux Palestiniens, tout en soulignant que M. Shamir avait su, dans certaines circonstances, faire preuve de pragmatisme.
En 1991, il s’était ainsi abstenu de répliquer aux 39 missiles Scud tirés vers Israël par les forces irakiennes de Saddam Hussein lors de la première guerre du Golfe. Moshé Arens, ministre de la Défense à l’époque, a toutefois révélé hier à la radio publique que M. Shamir avait décidé de contre-attaquer, mais qu’un cessez-le-feu décrété par le président américain George Bush avait empêché une telle opération. Signalons que le président français François Hollande a rendu hommage samedi dans un communiqué à « la forte personnalité » de Yitzhak Shamir. « Israël perd avec Yitzhak Shamir une forte personnalité qui s’est engagée, dès son plus jeune âge, dans la fondation de l’État d’Israël auquel il était indéfectiblement attaché, et dont il fut le Premier ministre à deux reprises », écrit M. Hollande. « Tout au long de sa vie », Yitzhak Shamir « fut un responsable politique actif et passionné, attaché au rayonnement d’Israël et soucieux de son rôle international et de sa sécurité », ajoute le président français.
Koweït
L’émir accepte la démission du gouvernement
L’émir du Koweït Sabah al-Ahmad al-Sabah a accepté hier la démission de son gouvernement, présentée en début de semaine après une décision de la Cour constitutionnelle d’invalider le Parlement élu en février. Dans un décret publié par l’agence officielle KUNA, le chef de l’État a chargé le gouvernement démissionnaire, conduit par cheikh Jaber Moubarak al-Sabah, de gérer les affaires courantes jusqu’à la formation d’un nouveau cabinet.
Il s’agit du neuvième gouvernement à démissionner au Koweït depuis février 2006. Deux de ses 16 membres avaient été poussés à la démission ces dernières semaines sous la pression de députés de l’opposition, les accusant de corruption ou d’irrégularités.
L’émir doit entamer dès aujourd’hui des consultations pour la formation d’un nouveau gouvernement et le Premier ministre démissionnaire pourrait en avoir la charge.
Oman
Reprise des protestations ce week-end
Quelques centaines de personnes, principalement des jeunes diplômés au chômage, ont manifesté ce week-end dans le sultanat d’Oman pour réclamer des emplois, de meilleures conditions de vie et la fin de la corruption. Ces protestations pacifiques ont eu lieu samedi soir et hier dans la cité industrielle et portuaire de Sohar, dans le Nord. Hier, une trentaine de personnes ont manifesté devant l’entrée du port pour demander notamment la libération de militants emprisonnés pour avoir participé aux rassemblements de l’an dernier.


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