Les sœurs du groupe Network arrivant dans leur bus à Harrisburg, en Pennsylvanie. Brigitte Dusseau/AFP
Selon un sondage Reuters-Ipsos rendu public dimanche, 56 % des Américains sont hostiles à la réforme dans son ensemble et 61 % récusent le « mandat individuel », qui rend la couverture maladie obligatoire. « Voici venu le moment du choix pour les citoyens américains. Si nous voulons nous débarrasser de “l’Obamacare”, il faudra remplacer le président Barack Obama », a lancé Mitt Romney, adversaire républicain d’Obama pour la présidentielle du 6 novembre, après la décision de la Cour suprême.
« Nuns on the Bus »
En attendant, parmi ceux qui ont applaudi la réforme de la santé, il y a les bonnes sœurs du groupe « Network ». Elles sont drôles, passionnées et peu importe que le Vatican les ait épinglées : depuis le 17 juin, ces religieuses catholiques parcourent les États-Unis en bus pour défendre les pauvres et dénoncer la baisse des aides sociales votée par les représentants.
Parties de Desmoines (Iowa), les sœurs ont depuis traversé le Wisconsin, l’Illinois, l’Indiana, le Michigan et l’Ohio, dans le nord du pays. Jeudi, elles ont fait entendre leurs voix sur les marches du Capitole de Harrisburg, en Pennsylvanie, exultant après la décision de la Cour suprême en faveur de la loi sur l’assurance-maladie du président Obama. Et hier, elles étaient déjà reparties pour Philadelphie et ont prévu d’arriver lundi à Washington.
Leur bus est semblable à celui de rock stars ou d’hommes politiques, énorme et habillé de leur nom de guerre, « Nuns on the Bus », de photos et des thèmes qu’elles défendent, « la foi, la famille et l’équité ». Les sœurs en civil y sont de 4 à 7 et changent au fil des étapes, à l’exception de sœur Simone Campbell, 67 ans, directrice de Network, et de sœur Diane Donoghue, 81 ans. Depuis leur départ, elles ont visité des soupes populaires, des œuvres caritatives, mais aussi les bureaux d’élus du Congrès.
L’idée de ce bus est née en mai, après que le Vatican eut ordonné dans une évaluation doctrinale la réforme de la LCWR (Leadership Conference of Women Religious), qui représente la plupart des sœurs américaines, en dénonçant leur « féminisme radical ». La LCWR se ferait trop entendre sur les questions de justice sociale et trop peu contre l’avortement ou le mariage homosexuel. Network, qui s’est opposée aux évêques en défendant la loi sur l’assurance-maladie, y était épinglée pour ses liens avec la LCWR. « C’était comme un coup dans l’estomac », dit sœur Simone, étonnée même que le Vatican connaisse Network, qui ne compte que 9 membres à temps plein. Mais dans un éclat de rire, elle se défend d’être une féministe radicale. « Je suis une femme forte, je suis avocate, je pose des questions. Cela ne me semble pas radical, je suis juste une femme qui défend passionnément les pauvres », dit-elle.
(Source : agences)

