Le nouveau président du Paraguay Federico Franco. Marcos Brindicci/Reuters
Samedi matin, le nouveau président a reconnu lors d’une conférence de presse qu’il « y a des soucis qui (le) préoccupent avec la communauté internationale », mais il a immédiatement réfuté le terme de « coup d’État » employé également par certains chefs d’État au lendemain de la destitution du président Fernando Lugo.
Après cette transition menée au pas de charge et condamnée par de nombreux pays d’Amérique latine, le nouveau gouvernement va devoir justifier cette situation pour s’imposer comme interlocuteur crédible à l’étranger. La présidente argentine, Cristina Kirchner, a évoqué un « coup d’État illégitime » et a rappelé son ambassadeur à Asunción, qui ne devrait pas y retourner avant « le rétablissement de l’ordre démocratique ». Le gouvernement brésilien a condamné à son tour la destitution sommaire du président Lugo, disant que ses droits à la défense n’avaient pas été bien garantis et qu’il s’agissait donc d’une « rupture de l’ordre démocratique », condition nécessaire à la participation du Paraguay au bloc d’intégration régionale. Le président du Nicaragua Daniel Ortega a annoncé lui aussi que son gouvernement ne reconnaissait pas le nouveau président paraguayen Federico Franco, qui a remplacé le président destitué après une manœuvre au Congrès similaire « au coup d’État au Honduras il y a trois ans ». Le gouvernement uruguayen a décidé pour sa part de rappeler pour consultations son ambassadeur au Paraguay et estimé que la destitution de Fernando Lugo était en contradiction avec les « pratiques démocratiques fondamentales », selon un communiqué de la présidence. Le chef de l’État bolivien Evo Morales puis Cuba ont en outre dénoncé un « coup d’État parlementaire », tandis que le Vénézuélien Hugo Chavez a qualifié d’ « illégitime » le nouveau président. Le président équatorien, autre dirigeant de gauche, a quant à lui appelé à un sommet de l’Union sud-américaine des nations (Unasur) cette semaine pour décider d’éventuelles sanctions contre le nouveau régime.
De leur côté, Colombie, Mexique et Chili ont regretté que M. Lugo n’ait pas disposé de délais raisonnables pour préparer sa défense, alors que la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) de l’OEA a qualifié cette transition « d’atteinte à l’État de droit ».
L’Union européenne s’est pour sa part contentée d’exprimer sa « préoccupation » et a appelé au respect de « la volonté démocratique », tandis que les États-Unis et le Panama ont appelé au calme. Samedi, M. Franco a tenu à rassurer, à l’intérieur comme à l’extérieur, en soulignant qu’« il n’y a pas de militaires dans les rues ». Il a cependant refusé de créer une commission spécifique pour enquêter sur le récent massacre de paysans sans terre et de policiers – qui a justifié en partie la destitution de son prédécesseur –, déclarant « qu’il existait des institutions juridictionnelles dans le pays et que son gouvernement allait collaborer avec elles afin de sanctionner les responsables de ce massacre ».
Le calme régnait dans la capitale et dans l’ensemble de ce petit pays pauvre enclavé du cône sud-américain, fortement marqué par le régime de fer d’Alfredo Stroessner entre 1954 et 1989. Quelques heurts entre partisans de Fernando Lugo et forces de l’ordre ont accompagné l’annonce de sa destitution vendredi soir, mais la foule a ensuite respecté l’appel au calme lancé par M. Lugo.
Accusé par le Parlement d’avoir « mal rempli ses fonctions », cet ancien évêque a été chassé du pouvoir au terme d’un procès politique expédié en quelques heures devant le Parlement, au sein duquel il avait perdu l’essentiel de ses alliés. Ancien vice-président de M. Lugo, Federico Franco, 49 ans, a été investi dans la foulée et a annoncé la formation d’un nouveau gouvernement quelques heures plus tard.
M. Franco, qui appartient au Parti libéral, a rapidement reçu le soutien des grands propriétaires terriens et entamé sa campagne diplomatique samedi en recevant le nonce apostolique à Asunción, Agustin Arietti, puis les ambassadeurs américain et allemand.
(Source : AFP)


Les US cpntre-attaquent en Amérique Latine et Centrale en visant les ventres mous...Honduras,Paraguay...je suis proprement attéré que le Nonce apostolique ait cru bon de se rendre chez Franco..;tiens, Franco,un nom prédestiné pour les coups d'état...
19 h 27, le 24 juin 2012