Rechercher
Rechercher

Liban - Citoyen Grognon

Et l’obscurité fut ...

L’obscurité, encore l’obscurité, toujours l’obscurité! Tel est le lot du citoyen libanais, 22 ans après la fin de la guerre civile, 6 ans après la dernière agression israélienne... Encore et toujours. Comme aux pires moments de ces guerres destructrices qui ont marqué l’histoire de son pays depuis 1975.
Il n’est pas seulement fatigué, le citoyen. Il est las. Désespéré. Désabusé, surtout. Dégoûté de cette classe dirigeante qui souffre d’incapacité chronique et qui n’en finit pas de l’utiliser pour s’étriper à longueur de journée.
Au fil des ans, il avait pris son mal en patience, le citoyen. Il avait appris à rebondir, à s’adapter à toutes les situations. Même les plus désespérées. Les pannes de courant répétées, il les avait acceptées sans broncher. Ses soucis budgétaires et ses fins de mois difficiles, il avait réussi à jongler avec, pour se procurer un minimum de courant électrique auprès de générateurs privés, histoire de s’assurer une vie décente. À prix d’or, bien évidemment. Avec tous les désagréments qui allaient avec, comme le bruit, la pollution, le nombre restreint de kilowatts, la hausse régulière des tarifs, les caprices des distributeurs.
Les choses allaient cahin-caha, mais elles roulaient... Il ne se plaignait pas trop, le citoyen, ou si peu. Il avait fait de la débrouille sa seconde nature ; de la résilience, sa principale qualité... avec tellement de pudeur.
Car il gardait espoir, le citoyen, que les choses iraient mieux très bientôt, comme l’avait promis ce gouvernement fanfaron, mais qui a visiblement démissionné. Il espérait surtout une solution radicale et définitive à cette endémique pénurie de courant, qui n’avait que trop duré. Une sorte de plan miracle, quoi ! N’était-il pas grand temps que prenne fin la crise de l’électricité au pays du Cèdre ?
Aujourd’hui, trop, c’est trop. En deux décennies, rien n’a évolué d’un pouce. Bien au contraire. Le citoyen n’entrevoit même pas une sortie de crise. Mais il n’en peut plus de ce rationnement injuste et aléatoire, alors qu’il continue de débourser des fortunes tous les mois pour avoir la possibilité de boire de l’eau fraîche, de faire actionner son climatiseur, de regarder sa télévision le soir ou tout simplement d’allumer quelques lampes. S’il figure parmi les plus privilégiés, bien entendu.
Ses espoirs d’un règlement de la crise de l’électricité ont été douchés. Douchés par l’inertie d’une classe dirigeante imperméable aux souffrances du peuple. Douchés par ces interminables heures de noir absolu qui ont essoufflé même les générateurs les plus performants.
Que de gâchis ! Que d’aliments jetés à la poubelle! Que de personnes bloquées en dehors de chez elles parce que incapables de monter à pied plusieurs étages ! Que d’enfants condamnés à réviser leurs leçons à la bougie en cette période d’examens !
Du nord au sud, de petits mouvements de grogne éclatent ici ou là. Désordonnés, mal structurés, indisciplinés même. Ils brûlent des pneus, exhibent quelques armes, se rendent impopulaires. Le dossier de l’électricité est pourtant une cause nationale, qui unit l’ensemble des Libanais. Ne mérite-t-il pas que tous les citoyens se retrouvent et manifestent leur colère et leur désapprobation, ensemble, en une grande marche organisée et pacifique ?
L’obscurité, encore l’obscurité, toujours l’obscurité! Tel est le lot du citoyen libanais, 22 ans après la fin de la guerre civile, 6 ans après la dernière agression israélienne... Encore et toujours. Comme aux pires moments de ces guerres destructrices qui ont marqué l’histoire de son pays depuis 1975.Il n’est pas seulement fatigué, le citoyen. Il est las. Désespéré. Désabusé, surtout. Dégoûté de cette classe dirigeante qui souffre d’incapacité chronique et qui n’en finit pas de l’utiliser pour s’étriper à longueur de journée. Au fil des ans, il avait pris son mal en patience, le citoyen. Il avait appris à rebondir, à s’adapter à toutes les situations. Même les plus désespérées. Les pannes de courant répétées, il les avait acceptées sans broncher. Ses soucis budgétaires et ses fins de...
commentaires (4)

il est pour le moins surprenant, vu la position géographique du Liban, que l'on n'ait envisagé le procédé de la cellule photovoltaïque à l’intérieur des terres ou l’énergie éolienne près des cotes , il serait possible, par ailleurs, aux propriétaires de revendre de l’électricité en fonction de la puissance de l'installation. Le cout initial de l'installation, pour une famille de 6 personnes étant, approximativement, de 10000$ et cela éviterait d'acheter une mercedes 200, datant de l'an 40 ....

Fahd Claude

15 h 05, le 23 juin 2012

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (4)

  • il est pour le moins surprenant, vu la position géographique du Liban, que l'on n'ait envisagé le procédé de la cellule photovoltaïque à l’intérieur des terres ou l’énergie éolienne près des cotes , il serait possible, par ailleurs, aux propriétaires de revendre de l’électricité en fonction de la puissance de l'installation. Le cout initial de l'installation, pour une famille de 6 personnes étant, approximativement, de 10000$ et cela éviterait d'acheter une mercedes 200, datant de l'an 40 ....

    Fahd Claude

    15 h 05, le 23 juin 2012

  • Un pays où le soleil éclaire de sa présence 90% de l'année!! Pourquoi chercher la solution auprès de bateaux ou autres solutions des années 40 ??? PHOTOVOLTAIQUE ENERGIE SOLAIRE UN SEUL gros investissement pour chaque citoyen Financement fait par l'état, l'arabie, le quatar etc.. Au lieu de jeter l'argent par les fenêtres , des pertes annuelles EDL: Chaque maison, chaque immeuble doit être aménagé par l'énergie solaire et basta... Plus de coupures, plus de mafias...UNE AIDE à ce niveau résoud le probleme en 2012 où l'énergie solaire dans un pays méditérannéen chaud où le soleil est plus que présent....C'est la solution Bizarre que ce ministre Bassil qui a vécu en France, ne connaisse pas ceci !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    JEAN-Pierre EL KHOURY

    12 h 57, le 23 juin 2012

  • Il n'y a pas de probléme d'électricité ! Il n'y a qu'un problème d'intérêts et de corruption. Que les municipalités violent la loi du monopole de l'EDL pour le bien de leurs habitants serait la solution et le soleil pourvoira de l'électricité à tous avec les panneaux photovoltaïques... En quelques semaines et pour des investissements raisonnables voire dérisoires comparés aux programmes de l'Etat, des centaines de milliers de libanais auraient de l'électricité... Je m'essouffle litéralement à le dire au milieu de la pollution de Beyrouth... François J. Rappard

    Francois J. Rappard

    03 h 58, le 23 juin 2012

  • C'est bien simple pourtant.Tant que le citoyen restera "m'en foutiste" et omettra de demander aux soi-disant responsables de lui presenter des compte-rendus mensuels de leur gestion, ces derniers continueront a "s'en-foutre". En Juin 2010 on annonce au peuple Libanais que le probleme de l'Electricite etait regle. On publie un plan-calendrier pour lui dire quand, exactement, chaque initiative sera executee. Deux annees apres, jour pour jour, pas une seule des quarante initiatives de cette fameuse "Electricity policy" n'a ete executee. Le peuple Libanais, lui, ne pense meme pas a demander: "POURQUOI?". Ces Libanais sont-ils des humains ou des moutons?

    George Sabat

    02 h 11, le 23 juin 2012

Retour en haut