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Moyen Orient et Monde - Nigeria

Kaduna dans l’engrenage infernal des violences confessionnelles

À Kaduna, un couvre-feu est en vigueur depuis quatre jours. Victor Ulasi/AFP

De nouveaux affrontements ont secoué la ville de Kaduna, dans le nord du Nigeria, faisant au moins cinq morts malgré un couvre-feu en vigueur depuis quatre jours dans cette ville après des attentats contre des églises et un cycle de représailles entre chrétiens et musulmans. « Les violents affrontements, les tueries et les saccages continuent » dans les quartiers Haoussa et Foulani (Peul) de Kaduna, rapportait ainsi hier The Vanguard, l’un des principaux quotidiens du pays. Des habitants et la police locale ont fait état d’affrontements dans plusieurs quartiers, mettant aux prises groupes de jeunes musulmans et membres de la minorité chrétienne. « Soldats et policiers ont été déployés, mais cinq personnes avaient déjà été tuées (...) », a précisé un habitant de Kujama, en périphérie de Kaduna.
Des SMS seraient à l’origine de ces nouvelles violences : « Les affrontements ont débuté après des rumeurs infondées relayées par SMS sur de possibles attaques et contre-attaques dans la ville, ce qui a provoqué beaucoup d’émotion », a expliqué le porte-parole de la police à Kaduna, Aminu Lawan. Un nouveau pic de tension a failli dégénérer mercredi soir, alors que les familles des victimes, qui tentaient de récupérer les dépouilles de leurs proches assassinés, sont devenues furieuses en découvrant le nombre des victimes et l’état des corps, selon un défenseur des droits de l’homme à Kaduna. « Nous avons eu (...) des désordres dans des quartiers de la ville et à l’extérieur, mais la situation est sous contrôle », a affirmé le porte-parole de la police, Aminu Lawan.
Entre dimanche et mardi, un cycle d’attaques et de représailles entre chrétiens et musulmans a fait une centaine de morts et nécessité l’instauration d’un couvre-feu à Kaduna et Damaturu, capitale de l’État de Yobe plus au nord-est du pays. Hier, le couvre-feu a été allégé à Damaturu, où les habitants sont désormais autorisés à sortir dans les rues de 10h à 16h.
Dimanche, des attentats avaient visé trois églises à Kaduna et Zaria – les deux principales villes de l’État de Kaduna – et provoqué des représailles immédiates de jeunes chrétiens, avec un bilan officiel de 52 morts et 150 blessés. Le groupe islamiste nigérian Boko Haram a revendiqué ces attaques. Des responsables chrétiens ont de nouveau averti que l’impuissance du gouvernement à neutraliser Boko Haram et à mettre fin à ces attaques confessionnelles pourrait conduire de plus en plus de Nigérians à assurer eux-mêmes leur défense. « La situation devient à présent dangereuse parce qu’elle est hors de contrôle », a mis en garde monseigneur Matthew Kukah, évêque catholique. « Depuis le début de ces actes terroristes, le président Goodluck Jonathan n’a rien fait qui puisse nous rassurer (...) », a dénoncé pour sa part l’Association chrétienne du Nigeria, principale organisation chrétienne du pays, fustigeant la « faiblesse » présidentielle alors que Boko Haram a « déclaré la guerre aux chrétiens ».
De nombreux observateurs mettent cependant en garde contre une lecture réductrice et uniquement religieuse des violences en cours. Ils rappellent la pauvreté qui règne dans le Nord, ainsi que la corruption généralisée à tous les échelons de la société, terreau fertile pour l’insurrection.
Parallèlement, les États-Unis ont annoncé avoir placé sur leur liste noire antiterroriste trois dirigeants de Boko Haram. Les trois hommes sont Abubakar Muhammad Shekau, présenté par le département d’État comme le dirigeant « le plus visible » du groupe et habituellement considéré comme son numéro un, Khalid al-Barnawi et Abubakar Adam Kambar. Selon les États-Unis, ces deux derniers hommes sont des proches d’el-Qaëda au Maghreb islamique (AQMI), une organisation inscrite sur la liste noire américaine.
(Source : AFP)
De nouveaux affrontements ont secoué la ville de Kaduna, dans le nord du Nigeria, faisant au moins cinq morts malgré un couvre-feu en vigueur depuis quatre jours dans cette ville après des attentats contre des églises et un cycle de représailles entre chrétiens et musulmans. « Les violents affrontements, les tueries et les saccages continuent » dans les quartiers Haoussa et Foulani (Peul) de Kaduna, rapportait ainsi hier The Vanguard, l’un des principaux quotidiens du pays. Des habitants et la police locale ont fait état d’affrontements dans plusieurs quartiers, mettant aux prises groupes de jeunes musulmans et membres de la minorité chrétienne. « Soldats et policiers ont été déployés, mais cinq personnes avaient déjà été tuées (...) », a précisé un habitant de Kujama, en périphérie de Kaduna.Des SMS...
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