Le CEO d’Air France, Alexandre de Juniac. Jacques Demarthon/AFP
Signe de l’urgence à gagner en compétitivité, la compagnie veut réduire les coûts salariaux plus vite que prévu. Au lieu d’étaler les suppressions de postes sur trois ans, elle le fera en 18 mois.
La compagnie entend faire fondre ses effectifs (49 301) de 10 % dès fin 2013. Sur les 5 122 postes à supprimer, 1 712 correspondent à des départs naturels non remplacés – les embauches étant gelées pour 2012 et 2013 – et 3 410 au sureffectif estimé de la compagnie, soit 6,9 % du personnel.
Les emplois appelés à disparaître concernent pour près des deux tiers (2 056 postes) des personnels au sol. Mais la cure d’amaigrissement doit aussi toucher 904 personnels navigants commerciaux (PNC) et 450 pilotes, a précisé la compagnie française.
Ces suppressions se feront via des incitations au départ en retraite ou aux départs volontaires (en retraite ou pour une autre entreprise), incitations au passage à temps partiel, partage du temps de travail pour les PNC (hôtesses/stewards) et les pilotes.
Les personnels au sol, où le sureffectif est le plus important (2 056), devraient être les plus touchés, comme en 2009 (1 800 départs).
Si le plan Transform se déroule comme prévu, permettant d’atteindre l’objectif de 20 % d’efficacité économique, le recours à des départs contraints sera évité en 2014, poursuit-elle.
La direction s’engage à ne pas recourir aux licenciements avant fin 2013 à condition que les syndicats signent le plan Transform 2015 visant à redresser la compagnie.
Cela « ne nous satisfait pas. Nous demandons un engagement formel sur la totalité du plan », soit 2015, a réagi auprès de l’AFP Michel Salomon (CFDT).
« 10 % d’effectif en moins, c’est beaucoup, d’autant plus qu’on a eu récemment un plan de départs volontaires. On est dans une période de gain de productivité, c’est très lourd. Sans garanties en échange, ça va être difficile d’avoir la signature des syndicats », prévient-il.
La CFE-CGC, autre syndicat représentatif, a émis la même demande : des garanties jusqu’en 2015 sur l’emploi.
La Bourse de Paris a accueilli favorablement les annonces de jeudi : vers midi, le cours Air France-KLM bondissait sensiblement dans un marché en baisse.
Air France s’est engagée dans une vaste révision des accords collectifs (rémunérations, temps et organisation du travail, promotions, congés, composition d’équipage, ancienneté). Elle souhaite aussi restructurer l’activité court et moyen-courrier en augmentant la productivité pour contrer les rivales low cost, redresser et repositionner sur le haut de gamme le long-courrier pour résister aux transporteurs du Golfe et asiatiques.
KLM travaille également de son côté à l’optimisation de ses activités.
Au total, le groupe Air France-KLM vise deux milliards d’économie à l’horizon 2015. Le plan Transform a été annoncé en janvier.
Les discussions battent donc leur plein à Air France et il reste une semaine à la direction pour donner un avenir à la compagnie et convaincre les syndicats, notamment ceux des PNC peu enclins à signer.
Lors d’un CCE le 28 juin, une version finale de Transform 2015 devrait être présentée, puis soumise pour signature aux syndicats début juillet.
Le ministre du Travail, Michel Sapin, a insisté jeudi matin sur « le dialogue qui devrait permettre que l’entreprise retrouve l’équilibre financier ». « La direction, elle, dit “si rien n’est fait, cette grande société risque de capoter” (...) », a-t-il ajouté.
(Source : AFP)


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