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Liban - Éclairage

Entre le pourrissement généralisé et la déstabilisation totale...

À quelques jours de la tenue de la seconde réunion de ce nouveau « round » du dialogue national, la situation générale du pays prend de plus en plus une allure de pourrissement généralisé. Les institutions publiques, avec à leur tête le gouvernement, perdent chaque jour un peu plus de leur crédibilité auprès des citoyens, écrasés sous le poids aussi bien de la chaleur que des conditions de vie déplorables. Mais il n’y a pas que cela, toutes les structures qui pourraient rassembler les Libanais au-delà des confessions et des partis politico-religieux sont en train d’être discréditées soit par des scandales, soit par leur impuissance. Sans parler de l’armée, chaque jour en butte à des critiques ou à de nouveaux incidents de nature à la présenter comme hostile à une catégorie de citoyens ou de résidents au Liban.
La succession de faits qu’est en train de vivre le Liban actuellement ne peut pas être une simple coïncidence. Soit elle est l’aboutissement d’une longue habitude de la part des responsables qui se sont succédé aux commandes du pouvoir de traiter le pays comme un gâteau dont il faut se partager les parts, soit elle est la concrétisation d’un plan visant à détruire tout ce qui pourrait rassembler les Libanais et leur permettre de se doter d’un véritable État. À moins qu’il ne s’agisse des deux. Toujours est-il que jamais autant qu’aujourd’hui, les Libanais n’ont senti que tout va mal, économiquement, politiquement et sur le plan sécuritaire. Frustrés, ils ne savent plus comment exprimer leur colère, face à une classe politique dont les membres ne cherchent qu’à marquer des points les uns par rapport aux autres. Et si les horizons continuent à être bouchés, ils pourraient bien avoir recours à la violence. C’est d’ailleurs comme si on voulait les pousser dans ce sens. Dans plusieurs régions du pays, la vie ressemble en effet de plus en plus à une veillée d’armes... Et pourtant, personne ne semble craindre une déflagration généralisée.
Un député de la majorité affirme à cet égard que tous les ingrédients d’une nouvelle guerre au Liban sont prêts, surtout avec les tentatives de paralyser l’armée, mais celle-ci n’aura pas lieu parce que les grands groupes ne la souhaitent pas. À leur tête, le Hezbollah qui réussit à déjouer les pièges visant à l’entraîner vers un affrontement à l’intérieur. Le député ajoute que le secrétaire général du parti chiite a donné des instructions très claires à tous ses partisans de refuser de se laisser entraîner dans une riposte violente quelle que soit la nature des provocations qu’ils subissent. En dépit des pressions exercées sur lui d’abord avec le dossier des armes de la résistance, puis dans le cadre du dossier syrien et enfin avec l’enlèvement des onze pèlerins qui vise essentiellement à soulever les proches des otages contre lui ou à le pousser à modifier sa politique à l’égard du régime syrien, le Hezbollah continue à faire preuve de retenue. Il refuse de répondre à toutes les accusations portées contre lui tantôt d’aider le régime syrien et tantôt d’armer des groupes au Nord ou ailleurs. Le Hezbollah est en effet convaincu que la déstabilisation du Liban ne peut que lui nuire et ne fait que servir les intérêts d’Israël. Il est donc l’un des plus impliqués dans la réclamation de la poursuite du dialogue.
Dans le camp opposé, le courant du Futur, qui a montré au cours des derniers incidents à Tarik Jdidé qu’il a des armes et est prêt à les utiliser le cas échéant, ne veut pas non plus d’une guerre au Liban, car dans l’équilibre actuel des forces, tout dérapage sur le terrain entraînerait un renforcement des groupes extrémistes aux dépens des structures plus modérées. Tout en adoptant des positions en flèche contre le régime syrien, le courant du Futur ne peut pas se dresser actuellement contre la mouvance islamiste qui a le vent en poupe dans le monde arabe, mais il ne peut pas non plus se placer sous son aile. Il joue donc l’accalmie et préfère participer au dialogue car d’une part, il ne peut pas prendre la tête des radicaux musulmans et de l’autre, il sait que la violence renforce les islamistes. Chez les chrétiens, le courant aouniste n’est pas armé et refuse de se transformer en milice. Les Forces libanaises et les Marada, ainsi que le PNSS, qui ont sans doute des structures miliciennes, savent qu’une aventure militaire serait très impopulaire auprès des chrétiens et se heurterait forcément à l’armée, même affaiblie. Il ne reste donc, de part et d’autre, que certains petits groupes qui peuvent créer des incidents, mais ne peuvent pas provoquer une guerre civile à ce stade de l’évolution des événements. Cela suffira-t-il à dissuader ceux qui veulent utiliser la déstabilisation du Liban comme une carte de pression dans le dossier syrien ? Ce n’est sans doute pas par hasard si les groupes palestiniens se sont soudain réveillés...
À quelques jours de la tenue de la seconde réunion de ce nouveau « round » du dialogue national, la situation générale du pays prend de plus en plus une allure de pourrissement généralisé. Les institutions publiques, avec à leur tête le gouvernement, perdent chaque jour un peu plus de leur crédibilité auprès des citoyens, écrasés sous le poids aussi bien de la chaleur que des conditions de vie déplorables. Mais il n’y a pas que cela, toutes les structures qui pourraient rassembler les Libanais au-delà des confessions et des partis politico-religieux sont en train d’être discréditées soit par des scandales, soit par leur impuissance. Sans parler de l’armée, chaque jour en butte à des critiques ou à de nouveaux incidents de nature à la présenter comme hostile à une catégorie de citoyens ou de résidents...
commentaires (10)

Bravo l'artiste! Ca, c'est de l'analyse vue sous ses différents angles. Il y a deux principaux genre de personnes: Ceux qui écrivent leurs rêves empreints de colère et souvent de frustrations et l'autre qui écrit avec objectivité et qui donc reste dans le ligne de la cohérence et généralement pas loin de la réalité des choses; donc du terrain et de l'histoire loin des théories foisonnantes et farfelues. Je pense que vous n'appartenez pas, Madame Hadad, à la première catégorie.

Ali Farhat

18 h 21, le 22 juin 2012

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Commentaires (10)

  • Bravo l'artiste! Ca, c'est de l'analyse vue sous ses différents angles. Il y a deux principaux genre de personnes: Ceux qui écrivent leurs rêves empreints de colère et souvent de frustrations et l'autre qui écrit avec objectivité et qui donc reste dans le ligne de la cohérence et généralement pas loin de la réalité des choses; donc du terrain et de l'histoire loin des théories foisonnantes et farfelues. Je pense que vous n'appartenez pas, Madame Hadad, à la première catégorie.

    Ali Farhat

    18 h 21, le 22 juin 2012

  • Une petite reflexion...le Hezb est ruine par l'entretien de ses miliciens et l'achat d'armement...il vit baionnettes au canon dans ses banlieues misereuses ... il vient de perdre ses points d'appuis...il est donc dans l'obligation d'adherer a un nouveau systeme plus constructif et evolutif...sinon sa base populaire va lui reclamer un jour ou l'autre ...a l'instar des autres pays Arabes... de pouvoir vivre en paix....Inchallah...

    Houri Ziad

    11 h 14, le 22 juin 2012

  • "Cela suffira-t-il à dissuader ceux qui veulent utiliser la déstabilisation du Liban comme une carte de pression dans le dossier syrien ? Ce n’est sans doute pas par hasard si les groupes palestiniens se sont soudain réveillés..." ! Ce sont les "groupes" Pro-"baassdiots" évidemment. Ce qui démontre que ces "ceux", qui "veulent utiliser la déstabilisation du Liban ...etc.", c'est bien ce régime Assassin "baassyrien".....

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    06 h 28, le 22 juin 2012

  • Très chère Scarlett...il y a déjà un bon moment que j'ai écrit que la "carte palestinienne" allait être jouée...c'est fait ou presque...quant au reste votre analyse est objective...avec toutefois un bémol...pouvez vous expliquer de manière rationnelle les lignes rouges dessinées par le Hezb au moment de Nahr el Bared???J'ai mon idée sur la question...on ne peut pas être à la fois dehors et dedans...tirer dans un sens et tirer dans l'autre...

    GEDEON Christian

    05 h 23, le 22 juin 2012

  • Un constat amer, un aboutissement deplorable de la politique qui se pratique depuis des lustres et nous conduit a un cul de sac. Vous repondre que c'est la faute au hezb resistant est d'une facilite malhonnete; vous dire que le hezb n'y est pour rien est aussi faux, car il a voulu participer aux choses politiques, ouvrant un volet socio politique à sa résistance. Il n'était pas fait pour ça, mais on ne peut pas lui reprocher d'avoir essayé, si echec il y a , il faudra partager les consequences équitablement. Meme si on pardonne mal aux dieux.Je pense que le hezb résistant a plus d'un tour dans son sac et il saura trouver les solutions à soit une réintégration dans l'armée, soit a un affrontement direct avec les sionistes et leurs alliés, mais en aucune façon il ne se débinera de ses responsabilités.Tout comme vous Scarlett face à l'info juste.

    Jaber Kamel

    05 h 22, le 22 juin 2012

  • (suite) Le Hezbollah contrôle le pays depuis belle lurettes maintenant, pourquoi n'a-t-il rien fait pour faire en sorte que l’état se rétablisse et nous convainc qu'il est la solution? Comment de sa toute puissance n'a-t-il pas pu arrêter l’afflux des armes? Nous apprenons maintenant que due a la diminution des fonds en provenance de l'Iran ses membres sont ceux qui fournissent les autres en armes? Tiens et le Hezbollah ne veut pas voir le pays instable? Analysez nous cette inconsistance s'il vous plait! Et surtout ne nous sortez pas la théorie du complot americano-sionisto-machin-chose car même s'il existe un complot, le Hezbollah et le CPL y sont trempe jusqu'aux coudes!

    Pierre Hadjigeorgiou

    03 h 06, le 22 juin 2012

  • je tends a être d'accord avec votre analyse Mme Haddad pour ce qui est du fond, mais une fois de plus vous occultez des faits importants en cherchant a vous convaincre que le Hezbollah est la pauvre victime et la soupape de sauvetage du Liban alors qu'il en est le fossoyeur tout comme l'ont été les partis sunnites d'avant 1975. Vous oublier de mentionner que si aujourd'hui tout le monde a des armes, y compris vos amis du CPL, c'est justement a cause de la divine guerre de 2006, de l'invasion armés de Beyrouth, de l'occupation des terrains de Lhassa, des assassinats en veux-tu en voila, des censures sur les libertés culturelles, du vol des ressources de l’état, de l'humiliation continue de l’armée et des FSI, ... et j'en passe des abus que les armes du Hezbollah ont causé. Croyez vous vraiment que tous les autres aurais continue a voir leur pays sombre vers un Fakihisme et finir sous un régime pareil?

    Pierre Hadjigeorgiou

    03 h 01, le 22 juin 2012

  • La sécurité "consensuelle" ne fonctionne pas et le monopole étatique de la violence est incontournable: la position du Hezbollah expose le Liban à la guerre civile et à la destruction: Israël ne peut supporter longtemps les missiles qui menacent ses villes alors il est difficile de partager la vision positive de Scarlett Haddad.

    Beauchard Jacques

    02 h 18, le 22 juin 2012

  • je comprend à la lecture de votre article ,que durant 40 ans les dictatures stables de la région ,se servaient du Liban comme d'un terrain d'expérimentation pour ajouter une continuité territoriale à leurs politique interne....,il se trouve qu' actuellement par une 'chance' historique c'est l'inverse la stabilité restera libannaise ,toutes les familles ont déjà payé pendant 30 ans pour ça...

    M.V.

    01 h 07, le 22 juin 2012

  • Peut-on, chère Madame Scarlett Haddad, qualifier votre analyse d'objective ? En fait, objective elle l'est dans le fond des problèmes, car elle traite de l'insécurité et du pourrissement général, de tout, dans ce Pauvre Pays. Des FAITS ! Mais... et c'est là que votre analyse dérape... disons... un peu ? Vous nous en décrivez les responsables en victimes, et vice versa. Cela chambarde toute l'analyse, hein ? Elle n'est plus objective ? Quoi ! TRANSMUTATION ? Bonne Journée.

    SAKR LEBNAN

    00 h 05, le 22 juin 2012

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