En poussant dans les filets l’offrande d’Iniesta à la 88e minute après avoir intelligemment suivi l’action lancée par Fabregas, Navas, le feu follet, a une nouvelle fois confirmé son statut de joker pouvant faire changer le cours d’un match.
L’ailier rapide et incisif du FC Séville était entré à l’heure de jeu, à la place de l’attaquant Fernando Torres, qui, après son embellie contre l’Éire avec deux réalisations, a de nouveau déçu face à la Croatie.
L’arrivée de Navas n’a certes pas tout changé dans ce match difficile et tendu pour l’Espagne, mais elle a au moins redonné – avec l’entrée en jeu de Fabregas dix minutes plus tard – un second souffle à une Roja qui en avait bien besoin.
Si dans son club formateur, le FC Séville, Navas est un des hommes-clés, en sélection, Del Bosque l’utilise davantage comme un atout à sortir de sa manche en cours de match.
Mardi, le sélectionneur a d’ailleurs eu ces mots à propos de la prestation du Sévillan de 26 ans : « Navas est un joueur qui se montre toujours enthousiaste et qui transmet cette joie au groupe. Avec Pedro, il fait probablement partie des joueurs les plus actifs qui parviennent toujours à provoquer un changement dans l’équipe. » En d’autres termes, Del Bosque continuera à se servir de lui comme d’un joker.
Angoissé
Un joker, oui, mais de luxe pour quiconque se rappelle de son entrée en finale du Mondial 2010, où il avait initié l’action du but d’Iniesta qui offrit le titre mondial aux Espagnols...
Le principal intéressé, lui, ne semble toutefois pas contrarié par ce statut. « Je suis là pour apporter tout ce que je peux. Après, c’est au sélectionneur de décider comment m’utiliser au mieux », expliquait-il récemment.
Longtemps handicapé par de véritables angoisses qui l’assaillaient au moment de quitter Séville et son entourage familial, l’Andalou semble avoir surmonté ce mal-être.
Ces peurs l’avaient déjà privé de plusieurs occasions importantes, comme le Mondial des moins de 20 ans, en 2005 aux Pays-Bas, auquel il avait dû renoncer le cœur gros. Ces difficultés ont aussi découragé plusieurs grands clubs comme le FC Barcelone, intéressés par le joueur.
Mais après des démarches effectuées par l’ancien directeur sportif de la Fédération espagnole Fernando Hierro et un travail effectué à partir de 2009 avec les psychologues de la Roja, Navas a petit à petit su vaincre ses peurs. Manifestement bien dans sa peau, même celle d’un joker, au sein de la Roja, le diable rouge aux yeux verts est prêt à sortir de sa boîte pour l’Espagne, si le quart de finale venait à tourner au vinaigre.
(Source : AFP)


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