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Hommage à Alia Sfeir

Nagi SFEIR
À ma mère
Je voudrais parler de ma mère, non pas celle que tout le monde connaît, pleine de vie, aimante et souriante, mais de la femme que j’ai connue pendant les dix dernières années de sa vie, celle qui avait tourné le dos à ce tourbillon dans lequel elle vivait, non pas par peur, mais plutôt par pudeur.
De cette dame qui ne parlait plus beaucoup que pour faire exploser une ou deux paroles d’amour, « Allah yerdah elek ya ebné», paroles qui me comblaient pendant les quelques jours où j’étais en voyage.
De cette dame qui, malgré tout ce qu’elle a pu connaître de stigmates dans son corps, avait toujours le souci de son mari qu’elle savait préoccupé par son état, comme si elle voulait s’excuser presque de le déranger et de lui faire du souci.
De cette dame qui, à bout de souffle, gardait l’énergie et la force d’une journée, afin de les dépenser en une seconde pour donner un baiser à ses petits-enfants.
De cette dame avec sa soif de vivre qui, malgré tous les pronostics des médecins, s’est accrochée à la vie et s’est battue, même quand on n’y pensait plus, et qui trouvait à chaque fois une autre façon de nous apprendre le courage et la persévérance.
De cette dame qui remerciait chaque jour Dieu sans jamais se plaindre et se renforçait dans sa foi chrétienne.
Enfin de cette dame, grande dame, qui, le moment venu, s’est retirée discrètement, comme pour nous donner une dernière leçon de vie, de discrétion et de pudeur. Le lendemain de son départ vers un monde meilleur, j’ai réalisé qu’elle a vécu ses dix dernières années comme elle a toujours vécu sa vie : pleine d’amour, d’énergie et de courage.
Repose en paix, mam, ton combat est fini, à toi l’éternité et la sérénité.
Je t’aime

Nagi SFEIR
À ma mèreJe voudrais parler de ma mère, non pas celle que tout le monde connaît, pleine de vie, aimante et souriante, mais de la femme que j’ai connue pendant les dix dernières années de sa vie, celle qui avait tourné le dos à ce tourbillon dans lequel elle vivait, non pas par peur, mais plutôt par pudeur.De cette dame qui ne parlait plus beaucoup que pour faire exploser une ou deux paroles d’amour, « Allah yerdah elek ya ebné», paroles qui me comblaient pendant les quelques jours où j’étais en voyage.De cette dame qui, malgré tout ce qu’elle a pu connaître de stigmates dans son corps, avait toujours le souci de son mari qu’elle savait préoccupé par son état, comme si elle voulait s’excuser presque de le déranger et de lui faire du souci.De cette dame qui, à bout de souffle, gardait l’énergie et la...