« Le pire des scénarios »
Cette commission, pour laquelle 1 300 candidats étaient en lice, a été élue à quelques jours du second tour de l’élection présidentielle, qui opposera les 16 et 17 juin le dernier Premier ministre de Hosni Moubarak, Ahmad Chafiq, au candidat des Frères musulmans, Mohammad Morsi. Ce dernier, après avoir obtenu 24,7 % des voix au premier tour, bénéficie du solide soutien du réseau des Frères musulmans, mais certains s’inquiètent de voir la confrérie, qui domine déjà le Parlement, s’arroger la présidence. Cet ingénieur de 60 ans, diplômé d’une université américaine, a multiplié les assurances pour tenter de séduire au-delà de l’électorat islamiste, promettant de préserver les acquis de la « révolution », de ne pas forcer les femmes à porter le voile et de garantir les droits de la minorité chrétienne.
Face à lui, Ahmad Chafiq, dernier chef de gouvernement de Hosni Moubarak, n’a pas ménagé ses attaques contre le « danger islamiste ». La victoire d’un islamiste à la présidentielle mettrait « la nation en danger », a-t-il ainsi lancé dès l’annonce des résultats du premier tour, où il a obtenu 23,6 % des voix. Les derniers jours de la campagne, il a également accusé la puissante confrérie d’avoir organisé les violences lors du soulèvement contre le régime début 2011, ou être à l’origine de l’attaque contre son QG de campagne fin mai au Caire. L’ancien Premier ministre de M. Moubarak, âgé de 70 ans, doit toutefois attendre aujourd’hui la décision de la Haute Cour constitutionnelle, appelée à statuer sur une loi interdisant aux plus hauts responsables de l’ancien régime de se présenter à la présidentielle.
Le duel Morsi-Chafiq « est le pire des scénarios possibles. Si Chafiq est élu, cela veut dire que la révolution a avorté. Si c’est Morsi, cela veut dire que le pays sera gouverné suivant le programme des Frères, qui est rejeté par la majorité des Égyptiens. Il ne faut pas oublier qu’au premier tour, la majorité du pays n’a voté ni pour Morsi ni pour Chafiq », a estimé Hassan Nafaa, un commentateur politique. Face à ce dilemme, des militants prodémocratie ont commencé à mobiliser en appelant les 50 millions d’électeurs à s’abstenir ou à voter blanc.
(Source : agences)

