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Moyen Orient et Monde - Terrorisme

Les chiites d’Irak, cible n° 1...

Au moins 42 attaques différentes ont été recensées dans dix villes, dont Bagdad : plus de 72 morts.

Trois attaques ont touché la ville de Kirkouk, où le journaliste de l’AFP Marwan Ibrahim a été blessé. Marwan Ibrahim/AFP

Une vague d’attentats à la bombe a fait hier au moins 72 morts et près de 250 blessés en Irak, au moment où la communauté chiite préparait à Bagdad une célébration religieuse. Il s’agit du plus lourd bilan depuis le 5 janvier, lorsque des attentats antichiites avaient frappé Bagdad et Nassiriya, faisant 68 morts. Les militants extrémistes sunnites, qui considèrent les pèlerins chiites comme des hérétiques, ont multiplié par le passé les attentats contre eux, notamment pendant les fêtes religieuses qui suscitent des rassemblements très importants de fidèles en Irak.


Au total donc, au moins 42 attaques ont été recensées tôt hier dans dix villes, dont Bagdad. Dix-huit d’entre elles ont été commises par le biais de voitures piégées et 18 par d’autres bombes. Six attaques à main armée se sont également produites. L’attaque la plus meurtrière a frappé Hilla, à 95 km au sud de la capitale, où deux voitures piégées ont fait 20 morts et 51 blessés. À Bagdad, où au moins une dizaine d’attaques se sont produites dans différents quartiers, le bilan est d’au moins 28 morts et 53 blessés. Une voiture piégée a aussi explosé dans le quartier chiite de Kazamiya, où doivent se dérouler les cérémonies en l’honneur de l’imam, enterré dans un mausolée situé dans ce quartier. La bombe, qui a explosé dans une zone de maisons modestes dans la périphérie du quartier située à plusieurs kilomètres du mausolée, a totalement détruit le minibus qui la transportait. Un cratère profond de 2 mètres était visible, a constaté un journaliste de l’AFP. La déflagration a fait entre 4 et 7 morts, selon des responsables.


« L’explosion s’est produite vers 05h00 (02h00 GMT). Tout le monde dormait. Sur le moment, je ne pouvais pas y voir à deux mètres à cause de la fumée et de la poussière. Après, j’ai évacué trois corps, deux enfants et une vieille femme, ils étaient tous morts », a témoigné Abdul Zahra Abdul Sada, 57 ans, un habitant. « J’habite loin du lieu de l’explosion, mais elle était si forte qu’elle a détruit le toit de ma maison. J’ai sorti des enfants des décombres du toit », a déclaré de son côté Saad Hussein, 35 ans. Des voitures piégées ont également explosé dans le quartier chiite de Nahrawan, à la limite sud de Bagdad, et à Karrada, une zone mixte du centre de la capitale, où de nombreux pèlerins chiites étaient rassemblés pour participer aux cérémonies.


La dernière attaque d’ampleur dans la capitale remonte au 4 juin, lorsqu’un attentat-suicide à la voiture piégée avait détruit le siège d’une fondation religieuse chiite, faisant au moins 25 morts. Il avait été revendiqué par l’État islamique d’Irak, paravent d’el-Qaëda.
Dans la région de Baaqouba, chef-lieu de la province instable de Diyala, dix bombes ont explosé dans différents endroits de la ville, faisant dix morts et 49 blessés.
Au moins deux personnes ont été tuées par l’explosion de trois voitures piégées à Kirkouk, selon des responsables de sécurité et médicaux. En couvrant cette série d’attaques dans cette ville pétrolière, un journaliste de 34 ans, travaillant à l’AFP depuis 2003, Marwan Ibrahim, a été grièvement blessé par une voiture piégée. « Il y a eu une explosion dans le nord-ouest de Kirkouk et je m’y suis rendu immédiatement à 06h20 (03h20 GMT). Après avoir fini, j’ai décidé d’aller sur le lieu d’un autre attentat qui s’était produit deux minutes plus tard dans le nord-est de la ville. J’étais dans la voiture de mon beau-père, un général de police, afin de passer plus facilement les barrages de sécurité. Sur notre chemin, il y a eu une troisième voiture piégée. Le choc et le bruit ont été terribles. Toutes les vitres de notre véhicule ont volé en éclats et notre véhicule a pris feu », a-t-il témoigné. Son beau-père et le chauffeur ont été blessés et Marwan Ibrahim souffre de nombreuses contusions et brûlures, d’ecchymoses à la tête, de saignements et de surdité de l’oreille droite. Hospitalisé à Kirkouk, il devrait être transféré à Amman pour des soins.


Cette nouvelle série d’attentats intervient alors que Bagdad est en pleine préparation pour la célébration de l’anniversaire de la mort de Moussa el-Kazem, le septième des douze imams vénérés par les chiites duodécimains. Ces cérémonies attirent chaque année des dizaines de milliers de pèlerins chiites venus d’autres villes, souvent à pied. Les manifestations ont commencé depuis plusieurs jours, mais leur point culminant aura lieu cette année à la fin de la semaine.

 

Face à cette série d’attaques, le gouvernement a annoncé que demain serait jour chômé dans les administrations de la province de Bagdad, « afin de faciliter le travail des forces de sécurité et le mouvement des pèlerins ». Le Premier ministre Nouri el-Maliki a également mis en garde contre les « conséquences négatives des querelles politiques sur la situation sécuritaire », alors que le pays est plongé depuis des mois dans une grave crise politique. Les représentations des États-Unis et de l’ONU ont de leur côté condamné les attentats, de même que le président du Parlement Ossama el-Noujaifi qui y a vu une tentative « de provoquer des troubles confessionnels ».
La violence a décru en Irak ces dernières années mais reste quasi quotidienne : 132 personnes ont péri dans des attaques au cours du seul mois de mai, selon les statistiques officielles.

Une vague d’attentats à la bombe a fait hier au moins 72 morts et près de 250 blessés en Irak, au moment où la communauté chiite préparait à Bagdad une célébration religieuse. Il s’agit du plus lourd bilan depuis le 5 janvier, lorsque des attentats antichiites avaient frappé Bagdad et Nassiriya, faisant 68 morts. Les militants extrémistes sunnites, qui considèrent les pèlerins chiites comme des hérétiques, ont multiplié par le passé les attentats contre eux, notamment pendant les fêtes religieuses qui suscitent des rassemblements très importants de fidèles en Irak.
Au total donc, au moins 42 attaques ont été recensées tôt hier dans dix villes, dont Bagdad. Dix-huit d’entre elles ont été commises par le biais de voitures piégées et 18 par d’autres bombes. Six attaques à main armée se sont également...
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