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Agenda - Hommages À Ghassan Tuéni

Un Seigneur nous a quittés

Ghassan,
Il a fait de son prénom un nom célèbre. Ce prénom était un symbole, un exemple, une référence pour la liberté, la démocratie, la connaissance.
Fils d’un journaliste célèbre qui fut en son temps ministre et ambassadeur, Ghassan a été lui aussi journaliste, député, ministre et ambassadeur mais il demeura toujours journaliste. C’était sa mission favorite et son titre préféré.
Journaliste éminent, possédant une culture plurielle à la fois occidentale et arabe, Ghassan a fait du Nahar le quotidien le plus lu au Liban et le plus célèbre du monde arabe. Il a combattu pour la liberté de la presse jusqu’à aller en prison.
Sa plume était une arme redoutable, capable de faire chuter un régime et de faire changer le cours de l’histoire. Ses éditoriaux étaient célèbres, attendus par un public toujours fidèle et inspirant toute la presse et le monde politique.
Député, il fut un orateur éminent, prêt à soutenir la liberté, la justice, le droit, toujours à la pointe du combat pour défendre la démocratie et la liberté de l’homme.
Ministre, il enclencha des réformes dans tous les sens et dans tous les domaines, politique, art, patrimoine, justice, essayant toujours de faire du Liban un modèle dans le monde arabe et international.
Ambassadeur auprès des Nations unies, il créa un réseau de relations extraordinaires et d’amitié au service du Liban pour aider et faire respecter le pays du Cèdre et faire triompher ses droits. « Laissez vivre mon peuple » fut un cri célèbre qui résonna longtemps dans l’enceinte du palais des Nations unies.
La guerre du Liban de 1975 fut décrite et définie dans son livre grâce à un titre : « La guerre des autres chez nous ». Il fut le promoteur de la célèbre résolution 425 des Nations unies et engagea le Conseil de sécurité dans ses décisions en faveur du Liban.
Président du comité pour la création de l’Université de Balamand, il a entrepris un travail gigantesque pour en faire une université prestigieuse avec ses facultés spécialisées au service du Liban.
Président du comité du musée Nicolas Sursock, il a mis sur les rails les projets d’agrandissement, d’aménagement et de restauration de ce musée pour en faire prochainement un musée d’art moderne et un centre culturel national.
Président du comité pour la restauration de la cathédrale St-Georges des grecs-orthodoxes, chargé par Son Éminence Monseigneur Élias Audi, il déploya tous ses efforts et sa grande foi pour restaurer cette belle cathédrale et ses icônes, et pour faire découvrir et mettre au jour un superbe musée archéologique sous l’édifice de la cathédrale.
Écrivain, philosophe, attaché à unir les messages de la chrétienté et de l’islam, sa foi chrétienne a toujours été une priorité dans sa vie.
Malgré les nombreuses tragédies et les pertes d’êtres chers dans sa famille qu’il a subies avec courage et sérénité, il a pu avec sa foi, son courage et son amour accepter ces drames familiaux et continuer à se battre pour faire triompher la vérité, la justice et son amour divin.
Il a eu la chance d’avoir dans ces épreuves à ses côtés Chadia, véritable rayon de lumière, épouse extraordinaire qui a réussi à lui donner toute la tendresse et l’affection nécessaires pour son épanouissement. Par sa présence et son attachement, elle a partagé avec lui toutes les épreuves qu’il a subies, créant autour de lui un climat de sérénité, de quiétude et de bonheur.
En appliquant le message célèbre de Platon : « Fais chaque jour de ta vie une œuvre d’art », Ghassan a non seulement réalisé ce message, mais il fut lui-même une source enrichissante de perfection, de liberté, de savoir, d’art, de sagesse et d’amour.
Nous venons de perdre un Seigneur parmi les Seigneurs, un Grand parmi les Grands. Il nous quitte, mais son message restera pour nous toujours vivant.

 

Dr Loutfalla MELKI

Ghassan,Il a fait de son prénom un nom célèbre. Ce prénom était un symbole, un exemple, une référence pour la liberté, la démocratie, la connaissance.Fils d’un journaliste célèbre qui fut en son temps ministre et ambassadeur, Ghassan a été lui aussi journaliste, député, ministre et ambassadeur mais il demeura toujours journaliste. C’était sa mission favorite et son titre préféré.Journaliste éminent, possédant une culture plurielle à la fois occidentale et arabe, Ghassan a fait du Nahar le quotidien le plus lu au Liban et le plus célèbre du monde arabe. Il a combattu pour la liberté de la presse jusqu’à aller en prison. Sa plume était une arme redoutable, capable de faire chuter un régime et de faire changer le cours de l’histoire. Ses éditoriaux étaient célèbres, attendus par un public toujours...