Du côté du 8 Mars, plusieurs personnalités du Hezbollah se sont exprimées sur le sujet, dont le ministre de l’Agriculture, Hussein Hajj Hassan. « La seule alternative au dialogue, ce sont les divisions et les barrières entre les gens », a-t-il dit. Il a critiqué ceux qui ne veulent se rendre au dialogue que pour y discuter du sujet des armes. « La dette publique, le discours confessionnel, la coexistence, le développement équilibré ne méritent-ils pas qu’on les inclue dans le dialogue et qu’on conclue un pacte à leur propos? » a-t-il poursuivi.
Pour sa part, le n° 2 du Hezbollah, cheikh Naïm Kassem, a précisé que son parti veut proposer une stratégie de défense et la discuter avec les autres parties politiques. « Chacun doit présenter sa vision, et quand l’un d’entre nous convaincra l’autre, nous serons d’accord sur une stratégie qui servira le Liban » a-t-il dit.
Pour sa part, le ministre de l’Information, Walid Daouk, a insisté sur la nécessité impérieuse du dialogue « sans conditions préalables, afin de transférer les tensions de la rue à la table de dialogue ». « Pour cela, chacun doit assumer ses responsabilités », a-t-il conclu.
Au sein du 14 Mars, on ne démord pas des constantes. Le député Ammar Khoury, bloc du Futur, a souligné que son camp veut des réponses claires au cours de la session de dialogue, concernant notamment les précédentes décisions de la table de dialogue portant sur le Tribunal international, les armes hors des camps palestiniens...
Le député Samy Gemayel, bloc Kataëb, a précisé que le 14 Mars, tout en préconisant le dialogue, refuse d’accepter la condition principale du Hezbollah, celle de laisser la question des armes de côté. « Quand le Hezbollah demande un dialogue sans conditions préalables, c’est qu’il a abandonné sa condition première », a-t-il souligné.
Daoud Sayegh et Antoine Zahra
Plusieurs personnalités du 14 Mars ont réaffirmé leur volonté de voir ce gouvernement démissionner. M. Daoud Sayegh, conseiller de l’ancien Premier ministre Saad Hariri, s’est même demandé « comment le dialogue peut se dérouler en présence d’un gouvernement qui continue de soutenir le régime syrien, et alors que plusieurs composantes du dialogue ont des liens avec l’étranger ».
Une autre problématique a suscité de nombreuses réactions hier : le refus des Forces libanaises (FL) de participer aujourd’hui au dialogue. Le député Antoine Zahra, bloc des FL, a précisé que son parti privilégiait la sincérité et la franchise, considérant que le principal problème restait « les armes hors des institutions légales ».
Les critiques se sont multipliées du côté du 8 Mars. Le député Hassan Fadlallah, bloc du Hezbollah, a estimé que « ceux qui ont refusé le dialogue sont les mêmes qui sont habitués à exercer leur autorité sur tout et à ne pas respecter les lois ». Le député Talal Arslane, président du Parti démocratique libanais, a considéré qu’« il est honteux de refuser le principe du dialogue national ». « Que personne ne s’imagine qu’il peut prendre le Liban en otage par son refus du dialogue », a-t-il ajouté.
Le député Walid Joumblatt, par le biais d’un représentant, a affirmé qu’« il est du devoir des leaders politiques responsables et courageux de participer à la table de dialogue et non de céder à la tentation de la boycotter sous quelque prétexte que ce soit, des prétextes qui ne nous ont pas convaincus en tout cas ».

