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Liban - Éclairage

L’Assemblée constituante de Nasrallah et l’idée de protéger le Liban...

La proposition du secrétaire général du Hezbollah de former une assemblée constituante chargée de définir une sorte de nouveau contrat social au Liban n’a pas été examinée avec le sérieux qu’elle méritait. Comme d’habitude, la classe politique a réagi selon ses options, sans entrer dans le fond du sujet. Pourtant, dans son dernier discours, sayyed Nasrallah a, pour la première fois dans l’histoire du Hezbollah, insisté sur la nécessité d’édifier « un État juste et capable ». Depuis le document politique publié en 2009, dans lequel le parti de la Résistance a reconnu officiellement le système libanais dans son pluralisme, le Hezbollah n’avait jamais aussi clairement pris parti en faveur de l’État et de la nécessité d’un dialogue pour parvenir à l’édifier. Ce discours constitue d’ailleurs le couronnement d’une évolution du parti vers plus d’intégration dans le système libanais.
Du côté du 14 Mars, on s’est pourtant contenté d’y voir une manœuvre visant à court-circuiter le dialogue sur les armes, réclamé par l’opposition. Mais la réalité est différente. Selon une source parlementaire du 8 Mars, le discours du « sayyed » est motivé par sa conscience de la gravité de la situation dans la région et par sa volonté de consolider l’entente interne pour mettre le Liban à l’abri des turbulences régionales. Il est désormais clair que la crise syrienne est appelée à se prolonger et que le tissu libanais est fragile et sensible aux déchirements syriens. De même, l’ensemble de la région traverse une période confuse dont on ne peut pas encore prédire l’issue. Il y a certes les pays qui ont connu une révolution mais dont l’avenir reste incertain, et il y a les autres qui continuent à bénéficier de la stabilité, mais celle-ci est fragilisée et les crises à venir y sont encore enfouies tout en menaçant de sortir au grand jour.
C’est dans ce contexte incertain que Nasrallah a donc lancé sa proposition, dans une tentative d’empêcher le Liban d’être utilisé comme une arène pour les combats régionaux. Sa proposition se résumait à cette phrase : faire passer le Liban du statut de scène à celui d’État. Il est parti du principe que dans cette période trouble, l’État est la seule garantie de stabilité, face au risque de la discorde confessionnelle qui constitue une menace pour toutes les minorités. L’État est en effet la seule institution en mesure d’absorber toutes les contradictions et de rectifier en quelque sorte la géopolitique. Dans un contexte aussi grave, Nasrallah a donc voulu proposer une formule qui permettrait aux différentes parties libanaises de discuter entre elles et de chercher à trouver des compromis à la mesure des défis qui attendent la région. Sa proposition n’est nullement une atteinte à l’accord de Taëf, mais au contraire elle cherche à le compléter. D’autant que cet accord, qui est devenu la Constitution, ouvre la voie aux réformes, dont l’une d’entre elles consiste dans la formation de la commission nationale pour l’abolition du confessionnalisme politique qui a été rejetée par les chrétiens, toutes composantes confondues. Pour surmonter ce blocage et ouvrir la voie aux réformes, le secrétaire général du Hezbollah a proposé la tenue d’une assemblée constituante. L’idée était donc de montrer qu’il existe d’autres biais pour procéder à des réformes, rendues nécessaires par la multiplication des incidents et la montée de la tension au liban et dans la région.
La source parlementaire précitée estime même que la proposition de Nasrallah rejoint quelque part celle du patriarche maronite Mgr Béchara Raï de conclure « un nouveau contrat social » entre Libanais pour protéger le pays et consolider l’unité interne. En tout cas, elle ne doit être pas être perçue comme une position d’escalade. Au contraire, le chef du Hezbollah l’a voulue comme un signe de modération et d’engagement en faveur du Liban, pour lui éviter d’être impliqué dans les séismes régionaux.
Hélas, le camp adverse n’a pas saisi cette volonté chez le « sayyed », préférant en rester aux clivages traditionnels et se méfier de tout ce que peut proposer le Hezbollah. Pour la source parlementaire précitée, il semble désormais clair que le 14 Mars refuse tout changement dans la période actuelle, car il estime que le rapport de force n’est pas en sa faveur. Il préfère donc attendre la chute du régime syrien, convaincu qu’à ce moment-là, il pourra négocier en position de force. Le problème, c’est que rien n’indique que la chute de ce régime est imminente, et entre-temps, la scène libanaise est chaque jour un peu plus ouverte à tous les vents...
La proposition du secrétaire général du Hezbollah de former une assemblée constituante chargée de définir une sorte de nouveau contrat social au Liban n’a pas été examinée avec le sérieux qu’elle méritait. Comme d’habitude, la classe politique a réagi selon ses options, sans entrer dans le fond du sujet. Pourtant, dans son dernier discours, sayyed Nasrallah a, pour la première fois dans l’histoire du Hezbollah, insisté sur la nécessité d’édifier « un État juste et capable ». Depuis le document politique publié en 2009, dans lequel le parti de la Résistance a reconnu officiellement le système libanais dans son pluralisme, le Hezbollah n’avait jamais aussi clairement pris parti en faveur de l’État et de la nécessité d’un dialogue pour parvenir à l’édifier. Ce discours constitue d’ailleurs...
commentaires (9)

"Les Chiens aboient, et la caravane passa, passe et passera." !

Antoine-Serge KARAMAOUN

08 h 22, le 10 juin 2012

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Commentaires (9)

  • "Les Chiens aboient, et la caravane passa, passe et passera." !

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    08 h 22, le 10 juin 2012

  • Un visionnaire ne peut pas etre compris d'un claquement de doigt, il indique le chemin et ses detracteurs trouveront a couper le cheveu en 4. Sa proposition d'un nouvel etat ne devrait pas faire peur, sinon qu'a certains attaches a des privileges d'epicerie, lui il s'en fout, il ne possede rien d'autre que sa bonne foi et son intelligence. Ce qu'il propose ne peut pas etre un piege, puisqu'il propose de se delester de certains privileges, prenons le au mot et que chacun y mette du sien, c'est la seule facon d'unir les forces du pays pour un meilleur vivre. Mais attandre que le regime syrien tombe est un mauvais calcul, et s'il tombait pour pire ? qui peut le savoir ? tout autour de nous, quel est le regime actuel ayant fait tomber son dictateur donne une image plus apaisante aux populations? n'attendons pas le pere Noel , il y a longtemps qu'il repond aux abonnes absents. Rien ne sert donc de se lancer dans des diatribes ridicules et repetitives comme le coq qui chante le matin, une fois.

    Jaber Kamel

    05 h 50, le 10 juin 2012

  • "Zaka", à ce qu’il paraît ! Des "Avatars résistanciels" ne cherchant qu’à transformer ce pays en "Wilâyas militarisées pour ne leur octroyer qu’une "résistance" déglinguée à sabre pers(c)é et rouillé ; ya hassértééhh ! Qu’une archaïque devise par laquelle ils proclameraient que "l'Abrutissement" du Liban est la condition de sa simple existence sous ce régime "fakîhàRien" ! Qu’est-ce donc que ces étonnantes new "mesurettes" si désopilantes mais fort tendance ya äiynéh ? RIEN : autant de désespérances pour regagner au "Waliyoulfakihîsme", les Simples "Coiniques bossféériarisés" ! Mesurettes de pression "divine" qui ne sont que plus que pitoyables et qui n’iront qu’à l'encontre de leur but initial : protéger le "Baassdiot" d’à côté ! Car les foudres "Saines" frapperont le "Moyen" en grand, le coup venant cette fois de ces mêmes aléatoires "Pleutres Coiniques". Mesurettes qui feront de la Véritable Résistance, la conversation journalière de chacun de ces "Moyens" ; inoculant l’Esprit Cédraie dans leur tête et dans chaque patelin de cette Campagne enfin : renouvelant ainsi la Cédraie initiale. Ces "fakîhdiotes" mesurettes ne prouvent-elles pas l'union de leur pouvoir à ceux du "BossfàRien et de l’Assadiot", du moins quand il s'agit de la répression de "l'Anarchie !" des Libertés et des Démocraties Levantines : Esprits Sains des Libanais Sains s'insurgeant contre leur Aride Despotisme Commun ?

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    05 h 10, le 09 juin 2012

  • L'enjeu est bien de "faire passer le Liban du statut de scène à celui d'Etat" au coeur de l'article de Scarlett Hadadd et de ses analyses sur le retour de la violence civile il est ce que j'ai lu de meileur dans ce journal.

    Beauchard Jacques

    04 h 17, le 09 juin 2012

  • Mme Haddad, helas, comme vous le dites si bien,"le camp du 14 mars n’a pas saisi cette volonté chez le sayyed, préférant en rester aux clivages traditionnels et se méfier de tout ce que peut proposer le Hezbollah". Et pourtant ce que propose le Sayyed est tout a fait ce que le 14 mars demande depuis des lustres. Ils ne veulent pas d'un Etat dans l'Etat. Mais le Sayyed leur propose une sorte de fusion avec l'Etat. Pourquoi ne saisissent-ils pas cette occasion au bond? Parce qu'ils pensent que le Sayyed n'est pas sincere et qu'il essaie de fusionner avec l'Etat, vu que le regime syrien est sur le point de tomber? Soit. Mais n'est-ce pas une occasion en or pour s'unir une bonne fois pour toutes et refuser les ingerences etrangeres?

    Michele Aoun

    03 h 42, le 09 juin 2012

  • Si Nasrallah lisait une traduction de cet Eclairage, basé sur l'opinion (j'allais dire "délire") "d'une source parlementaire du 8 Mars", il dirait sûrement : Encore une fois on me fait dire ce à quoi je n'ai jamais pensé et prendre des engagements auxquels il m'est impossible de songer. Cette source en effet nous "éclaire" que Nasrallah est "bien inquiet de la stabilité fragilisée" dans laquelle est balloté le Liban (et dont le Hezbollah avec son comportement politique et ses armes est la cause à 90%), et "c'est dans ce contexte qu'il a lancé sa proposition d'Assemblée constituante, dans une tentative d'empêcher le Liban d'être utilisé comme une arène pour les combats régionaux" ! Ladite source nous "explique" cela juste au moment (le 2/6) où le principal conseiller militaire du Guide suprême de la République islamique iranienne et ancien commandant des gardiens de la révolution de ce pays, général Yahia RAHIM Savafi, décide la destruction du Liban et menace : "les milliers de roquettes iraniennes du Hezbollah foudroyeront Israel si ce pays attaque l'Iran". A Mme la "source parlementaire du 8 Mars" je me permettrai de dire : "Arrachez, s'il vous plaît, à sayyed Nasrallah, une déclaration signée et solennelle qu'il romp la liaison organique et les engagements militaires du Hezbollah avec la République islamique iranienne, comme il se soumet au seul Etat libanais en termes de guerre et de paix, avant de nous "éclairer".

    Halim Abou Chacra

    03 h 37, le 09 juin 2012

  • On ne peut pas passer sa vie à se méfier de ses adversaires politiques. Prenons au mot Sayyed Hassan Nasrallah et pour une fois, faisons preuve de sagesse, de discernement ou de raison, installons-nous autour d'une table, commençons par énumérer les points cruciaux conflictuels, établissons une échelle des priorités puis un calendrier pour nos réunions, posons un ordre du jour pour chacune d'elles et commençons le dialogue. Aujourd'hui plutôt que demain.

    Paul-René Safa

    03 h 04, le 09 juin 2012

  • Assemblée constituante ou pas, si le Hezb n'est pas désarmé au profit de l'Armée Libanaise, il en restera celui qui s'imposera avec la force psychologique ou matérielle des armes. Il devrait être désarmé, comme le furent les milices des Forces Libanaises, des Kataëb et des PNL, toutes " résistantes " ,en leur temps, contre l'invasion des hordes d'Arafat, et le Hezb hier contre les hordes sionistes, car depuis plus de 6 ans il ne l'est plus, en application des accords de Taëf dans le sens et dans l'esprit, et en abandonnant ses rêves d'hégémonie sur les autres communatés, de mainmise sur le Pays, et d'attirer les catastrophes les unes après les autres sur tout le Pays. Comme ça, il n'y aurait plus de problème. ET LA PAIX REGNERA comme autrefois et comme toujours, sans les armes de personne. L'Etat, avec son Armée, serait garants de TOUT et de TOUS, et Maître de choisir la politique qui servirait ses Intérêts Vitaux. Un Etat de droit qui ne devrait plus ignorer les régions du Sud et du Nord du Pays, qui le furent toujours. Espérons et patientons. L'Espoir et la patience sont les vertus des grands et des forts.

    SAKR LEBNAN

    02 h 26, le 09 juin 2012

  • On en pleurerait d'émotion,dis donc....bouleversés que nous sommes par l'image de ce Bon Sayyed et de sa grandeur d'âme...qui veut nous protéger de tous les malheurs et patin couffin...Je ne doute pas que cette motivation soit présente...toutefois,toute l'habileté de Scarlett,que je salue une fois de plus au passage,ne saurait nous cacher l'autre aspect des motivations de M. Nasrallah...et c'est autre aspect est que çà commence à sentir le roussi,comme l'a dit M. Sukkarieh...le contexte n'est plus le même... y a comme de l'inquiétude dans l'air...et même si comme le souligne Scarlett Haddad ,le régime syrien n'est pas tombé,ben il a quand même comme des soucis...alors,allons y pour des discussions sérieuses déjà...certes...mais faudrait quand même pas prendre les enfants du Liban pour des canards sauvages! Ceci étant dit,çà me fait quand même un peu marrer d'entendre le Hezb en appeler à plus d'état...l'état,c'est comme les assurances,on ne regrette de ne pas l'avoir que quand on en a besoin,n'est ce pas?

    GEDEON Christian

    22 h 02, le 08 juin 2012

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