À Hong Kong, ils étaient près de 180 000 à rendre hommage aux victimes de Tiananmen. Bobby Yip/Reuters
Des centaines de militants des droits de l’homme ont été interpellés en Chine dans une atmosphère tendue à l’occasion du 23e anniversaire de la répression du mouvement prodémocratique de Tiananmen, tandis que Pékin exprimait hier son mécontentement après un appel de Washington à libérer les protestataires du printemps 1989 encore détenus. L’appel lancé dimanche par le département d’État américain constitue une ingérence « dans les affaires intérieures de la Chine et des accusations infondées contre le gouvernement chinois », a d’ailleurs indiqué Liu Weimin, porte-parole de la diplomatie chinoise, exprimant le « vif mécontentement » de son pays.
Ainsi, à Pékin, près d’un millier de personnes venues de différentes régions ont été arrêtées dans les jours précédant le 4 juin et renvoyées dans leur province d’origine, selon un pétitionnaire. Malgré la surveillance policière, plus de 80 militants des droits civiques se sont réunis sur une place de Pékin munis de banderoles et entonnant des slogans demandant une réhabilitation du mouvement de 1989.
Parallèlement, à Hong Kong et comme chaque année, des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées dans un parc du centre pour une veillée à la mémoire des victimes de la répression du « printemps de Pékin ». Les manifestants, qui selon les organisateurs étaient 180 000, tenaient des cierges et se sont retrouvés autour d’une réplique de la statue de la déesse de la démocratie qui avait été érigée sur la place Tiananmen avant que l’armée chinoise n’intervienne. L’anniversaire « est un événement symbolique pour l’avenir de Hong Kong en tant que société, déclare ainsi Cheston Cheung, 28 ans, travailleur social, venu participer à la veillée. Cela représente les choses dans lesquelles nous croyons et nous voulons le rappeler aux habitants de Hong Kong. Les événements du 4 juin n’appartiennent pas au passé. Ils restent vivants ».
L’anniversaire de Tiananmen reste une date sensible pour le régime communiste, et particulièrement cette année avec les luttes de pouvoir en coulisse avant le 18e congrès du Parti communiste chinois (PCC) cet automne, qui verra une nouvelle génération de dirigeants accéder au pouvoir. Plus de deux décennies après le mouvement dont la sanglante répression par l’armée avait fait des centaines, voire des milliers de morts, la Chine considère toujours celui-ci comme une « rébellion contre-révolutionnaire » et refuse d’envisager des compensations pour les proches des victimes. Près d’une dizaine de personnes restent en outre emprisonnées pour leur implication dans les manifestations du « deuxième printemps de Pékin », pour lesquelles plus de 1 600 Chinois avaient été condamnés à des peines de prison, selon la fondation Duihua (Dialogue), dont le siège est aux États-Unis.
Le gouvernement s’efforce d’empêcher toute discussion publique ou commémoration des événements de 1989, et le sujet reste tabou pour les médias officiels. Sur les réseaux sociaux par exemple, toute recherche portant sur la date du 4 juin, le nombre 23 (pour 23e anniversaire) ainsi que le mot « bougie » était bloquée hier.
Ainsi, à Pékin, près d’un millier de personnes venues de différentes régions ont été arrêtées dans les jours précédant le 4 juin et renvoyées...


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