Le sit-in continue place Tahrir, où des militants dorment entre deux rassemblements.Mohammad Salem/Reuters
Ces verdicts qui ne désignent aucun coupable direct dans la mort de ces centaines de manifestants ont donc provoqué la colère de nombreuses formations prodémocratie – et de nombreux rassemblements à travers le pays – dont le mouvement du 6-Avril, la Coalition des jeunes de la révolution et l’Union des jeunes de Maspero. Deux candidats à la présidentielle éliminés au premier tour, le nationaliste de gauche Hamdeen Sabbahi et l’islamiste modéré Abdel Moneim Aboul Foutouh, conduiront chacun un cortège en direction de la célèbre place Tahrir au Caire. Les puissants Frères musulmans ont eux annoncé dans un communiqué leur intention de prendre part aux manifestations. La participation de la confrérie « répond à la demande populaire », affirme le texte, ajoutant que les protestataires appelleraient à un « nouveau procès des meurtriers, au jugement d’Ahmad Chafiq, de (l’ex-ministre de l’Intérieur) Mahmoud Wagdy et des anciens chefs des services de renseignements et de la Sûreté de l’État ». Les manifestations d’aujourd’hui « font partie d’une série d’évènements pour (permettre) à tous les Égyptiens d’exprimer leur désir de protéger la révolution et de réaliser ses objectifs », affirme également la confrérie.
Par ailleurs, l’épouse de M. Moubarak, Suzanne, et ses deux belles-filles, Khadija el-Gammal et Heidi Rasekh, ont pu rendre visite hier à l’ancien président et ont été autorisées à lui porter de la nourriture et des boissons, a indiqué un responsable du ministère de l’Intérieur.
L’issue du procès alourdit encore le climat à l’approche du second tour de la présidentielle. Les militants prodémocratie se retrouvent devant un choix difficile : élire Ahmed Chafiq, dernier Premier ministre de M. Moubarak, et donc admettre la fin de la révolution, tandis que choisir le candidat des Frères musulmans Mohammad Morsi voudrait dire confier le pays à un mouvement, qui, selon eux, a cherché à monopoliser le pouvoir depuis le soulèvement.
À moins de deux semaines du vote, un mouvement de boycott gagne toutefois du terrain, avec notamment le soutien des acteurs Khaled el-Sawy et Amr Waked. Dans ce contexte, des candidats malheureux, des mouvements de jeunes et des groupes politiques ont réclamé hier dans un communiqué la suspension du second tour de la présidentielle égyptienne, dans l’attente de la décision de la justice sur une loi interdisant aux piliers de l’ère Moubarak de se présenter. La Haute Cour constitutionnelle doit se prononcer sur la loi dite d’ « isolement politique » à une date encore non précisée, et sa décision pourrait avoir des conséquences sur la candidature d’Ahmad Chafiq.
(Source : AFP)

