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Moyen Orient et Monde - Crise

Chafiq : Les Ikhwan ramèneraient l’Égypte au Moyen Âge

La tension croît : appels à un nouveau soulèvement après la condamnation controversée de Moubarak.

La place Tahrir du Caire a été de nouveau envahie par les Égyptiens en colère, après le verdict controversé au procès Moubarak. Mohammad Abdel Ghany/Reuters

Les partisans de la démocratie en Égypte ont appelé hier à un nouveau soulèvement, estimant que justice n’était pas rendue au lendemain d’un verdict controversé à l’encontre de l’ancien président Hosni Moubarak et d’ex-responsables du régime.
M. Moubarak, premier chef d’État renversé lors du printemps arabe à être condamné, a commencé samedi à purger une peine de réclusion à perpétuité à la prison de Tora au Caire. Hier, il a reçu sa tenue de prisonnier, a rapporté l’agence MENA. Les gardes de la prison lui ont pris la photo d’identité judiciaire, assigné un numéro et remis la tenue bleue de détenu, précise l’agence. L’ancien ministre de l’Intérieur Habib al-Adli a été condamné lui aussi à la perpétuité mais six ex-hauts responsables de la police ont été acquittés, de même que les deux fils de l’ex-président, qui étaient accusés de corruption. Cinq des six ex-hauts responsables de la police ont été libérés hier, a rapporté l’agence MENA. Le sixième, l’ancien chef de la Sécurité de l’État aujourd’hui dissoute, Hassan Abdel Rahmane, reste en prison en attendant l’issue de l’enquête sur la destruction de documents de ce service autrefois redouté. Toutefois, le procureur général a fait appel hier de l’acquittement de ces six ex-responsables. L’appel est assorti d’une interdiction de se déplacer librement.
Furieux, des manifestants ont envahi les rues du Caire dès le prononcé du verdict samedi. Certains auraient souhaité voir prononcer la peine capitale à l’encontre de l’ex-raïs, d’autres craignaient que des faiblesses dans l’accusation lui permettent de faire appel avec succès contre sa condamnation à vie. Les manifestations de rue se sont poursuivies dans la nuit de samedi à dimanche par des rassemblements sur la place Tahrir du Caire, lieu emblématique du soulèvement qui a conduit à l’éviction de M. Moubarak le 11 février 2011. Hier matin, quelques centaines de manifestants étaient toujours rassemblés sur la place. Ils disent vouloir rester jusqu’à ce que justice soit faite à leurs yeux pour ceux tués dans le soulèvement. La tension était déjà palpable avec l’arrivée au second tour de l’élection présidentielle, prévu les 16 et 17 juin, du dernier Premier ministre de M. Moubarak, Ahmad Chafiq, qui sera opposé au candidat des Frères musulmans, Mohammad Morsi.
Au niveau politique, M. Morsi, qui essaie de rassembler les candidats battus au premier tour, s’est réuni à huis clos samedi soir avec Hamdine Sabahi (gauche) et un autre candidat battu, l’islamiste Abdel Moneim Aboul Foutouh. MM. Sabahi et Aboul Foutouh refusent de soutenir M. Morsi. « La situation est bloquée. Une possibilité serait d’empêcher le second tour de se produire », a commenté un militant qui a assisté à la réunion. « Nous voulons appeler à des défilés lundi et mercredi et à une marche d’un million de personnes vendredi », a-t-il ajouté.

L’attaque de Chafiq
Alors que M. Morsi recherche le soutien d’autres groupes ayant participé au soulèvement de 2011, de nombreux Égyptiens libéraux et de chrétiens coptes soutiennent M. Chafiq, qu’ils considèrent comme un rempart contre les Frères musulmans, déjà majoritaires au Parlement. Hier, M. Chafiq a attaqué les Frères musulmans en affirmant qu’ils allaient ramener le pays « vers le Moyen Âge ». Il s’est aussi posé en garant de la démocratie, en assurant que sous sa présidence les droits de l’homme seraient respectés. Il a appelé les Égyptiens « à choisir pour l’Égypte un président qui en fera un pays pour tous, pas un État pour une seule faction ». « Je représente un État non religieux (...), les Frères représentent un État sectaire. Je représente le progrès et la lumière, ils représentent l’arriération et l’obscurantisme », a-t-il ajouté.

Casse-tête
Entre-temps, les Égyptiens de l’étranger ont déjà commencé hier à voter pour le deuxième tour de la présidentielle.
Cependant, quel que soit le gagnant du scrutin, les relations entre Washington et Le Caire seront plus compliquées qu’elles l’étaient du temps où la diplomatie américaine disposait, avec M. Moubarak, d’un véritable relais, selon des experts. Washington serait « sans doute plus à l’aise avec quelqu’un comme M. Chafiq », explique Nathan Brown, un expert du Moyen-Orient de l’Université George Washington. « Mais les États-Unis craignent le chaos politique qu’une victoire de M. Chafiq est vraisemblablement plus à même de provoquer », ajoute-t-il. A contrario, les Frères musulmans et Washington ont longtemps été en désaccord sur les grands dossiers régionaux. Ainsi, si M. Morsi l’emporte, « la paix froide entre l’Égypte et Israël (du temps de Moubarak) deviendra encore plus froide », déclare Marina Ottaway, analyste au centre de réflexion Carnegie Endowment for International Peace.
(Source : agences)
Les partisans de la démocratie en Égypte ont appelé hier à un nouveau soulèvement, estimant que justice n’était pas rendue au lendemain d’un verdict controversé à l’encontre de l’ancien président Hosni Moubarak et d’ex-responsables du régime.M. Moubarak, premier chef d’État renversé lors du printemps arabe à être condamné, a commencé samedi à purger une peine de réclusion à perpétuité à la prison de Tora au Caire. Hier, il a reçu sa tenue de prisonnier, a rapporté l’agence MENA. Les gardes de la prison lui ont pris la photo d’identité judiciaire, assigné un numéro et remis la tenue bleue de détenu, précise l’agence. L’ancien ministre de l’Intérieur Habib al-Adli a été condamné lui aussi à la perpétuité mais six ex-hauts responsables de la police ont été acquittés, de même que...
commentaires (2)

Des Néandertaliens au pouvoir, ce n'est plus le moyen-âge, c'est la pré-histoire.

SAKR LEBNAN

05 h 43, le 04 juin 2012

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Commentaires (2)

  • Des Néandertaliens au pouvoir, ce n'est plus le moyen-âge, c'est la pré-histoire.

    SAKR LEBNAN

    05 h 43, le 04 juin 2012

  • - - Il faut que monsieur Chafic dise ça aux quatorze marsistes et plus particulièrement à monsieur Geagea qui avait dit un jour il n'y a pas longtemps : Que les Ekhwan gouvernent .. J'espère qu'ils l'ont entendu .

    JABBOUR André

    02 h 41, le 04 juin 2012

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